Le secrétaire général du Hezbollah, Nassim Qassem, a lancé ce samedi un avertissement sévère quant aux « dangers graves » contenus dans le plan proposé par Donald Trump pour mettre fin au conflit à Gaza. Pour Qassem, cette initiative serait une tentative de réaliser par la politique ce qu'Israël n'a pu accomplir militairement après deux années de confrontation. Lors d'un discours télévisé prononcé à l'occasion de la commémoration de deux hauts responsables du mouvement tombés durant la guerre avec Israël, Qassem a qualifié le plan américain de maraud d'"invasion politique". À ses yeux, il s'agit d'une stratégie visant à offrir à Israël des gains que l'armée n'a pu obtenir malgré les bombardements, les opérations au sol, les campagnes de faim et les destructions massives. Qassem a également affirmé qu'il refusait d'entrer dans les détails de la proposition, insistant pour que ce soit la résistance palestinienne — le Hamas et les factions — qui décide de ce qui est acceptable ou non. Il a dénoncé ce qu'il appelle le projet d'« Israël majeure », évoqué par Benjamin Netanyahou en août dernier, comme une vision expansionniste dangereuse. « Il nous faut affronter Israël de notre place et selon nos capacités », a-t-il déclaré. « Si certains ne croient pas en la cause palestinienne, qu'ils comprennent au moins que ce danger finira par les atteindre. » Le message intervient quelques jours à peine après que Qassem ait réaffirmé que le Hezbollah ne renoncerait pas à ses armes ni à sa présence sur les fronts extérieurs, tout en mettant en garde contre toute tentative d'affrontement interne. Même si un cessez-le-feu est officiellement en vigueur depuis novembre 2024, Qassem a souligné la persistance des violations israéliennes, notamment par des incursions terrestres, la reoccupation de cinq points stratégiques et des frappes ciblées contre ce que Tel-Aviv qualifie de « cibles militaires du Hezbollah ». À l'échelle nationale libanaise, le Hezbollah est sous pression : le gouvernement a adopté une feuille de route en cinq étapes pour la désarmement du parti, incluant le renforcement de l'autorité de l'Etat. Mais Qassem a rejeté catégoriquement ce plan, le qualifiant de tentative de soumission au diktat extérieur. Cette prise de position austère du chef du Hezbollah souligne à nouveau le bras de fer géopolitique dans lequel le Liban est pris : entre les ambitions régionales, les contraintes domestiques et le conflit israélo-palestinien, le plan américain pour Gaza s'inscrit désormais comme un champ de bataille diplomatique, stratégique et moral. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!