L'extrême droite souffle actuellement sur les braises pour renverser la table et prendre les rênes du pays (élections anticipées) ; Marine Le Pen a dit qu'elle censurera automatiquement tout gouvernement, quel qu'il soit. Le Rassemblement national (RN) le dit alors qu'il n'a aucune solution concrète pour la France et alors que l'homme préposé au poste de Premier ministre, Jordan Bardella, n'a aucun argument sur son CV. Il n'a aucun argument tout court, à part le sempiternel laïus sur l'invasion étrangère. En parlant d'immigration, l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) a publié une étude qui déchire – une fois de plus – le chiffon rouge agité par le RN pour enfumer les esprits des électeurs. Ce rapport est sorti hier mardi 7 octobre mais avec la tambouille qui agite le personnel politique (2e gouvernement Lecornu, dissolution, destitution ou démission du président de la République, etc.), il n'y avait aucune chance que ce sujet souvent rabâché ait la place qu'il mérite. Pourtant ses conclusions auraient éclairé bien des lanternes. Premier enseignement : à peine 6 millions d'étrangers résident dans l'Hexagone… C'est moins de 8,8% de la population vivant dans le pays en 2024, «une part inférieure à la moyenne de l'Union européenne (UE)». Et Vlan pour ceux qui agitent le spectre de la submersion migratoire et du Grand remplacement. Tiens, on n'a pas entendu Eric Zemmour et sa compagne Sarah Knafo, pourtant très loquaces sur le sujet, avec beaucoup, beaucoup de mauvaise foi. On n'entendra pas plus Mme Le Pen et son « jeune premier », Bardella. On vous passe les tirades sur la place de ces étrangers, leur utilité et leur impact dans la société, là aussi des études l'ont évoqué à suffisance. Autre information : Une majorité des dits immigrés (5,1 millions) ont vu le jour à l'étranger et 900 000, majoritairement des mineurs, sont nés en France… Leur proportion est inférieure à la moyenne européenne (9,6%), à celle de l'Italie (8,9%), l'Espagne (13,4%), la Belgique (13,8%) et l'Allemagne (14,5%), indique l'Insee, dont le travail est fondé sur des données de l'Agence européenne de la statistique (Eurostat). D'après les mêmes sources, la France a moins d'étrangers détenteurs d'une nationalité d'un autre pays de l'UE : 2,3% de la population, contre 3,1% en moyenne pour les pays de l'UE. Par exemple, ce chiffre est de 2,4% en Italie, 5,3% en Allemagne, 8,4% en Belgique. Par ailleurs «les nationalités des personnes étrangères vivant en France se sont diversifiées au fil du temps». En 1968, près de 3 étrangers vivant dans le pays sur 4 avaient la nationalité d'un pays européen, et 1 sur 4 une nationalité africaine. En 2024, près de la moitié des étrangers résidant en France avaient la nationalité d'un pays africain et un tiers d'un pays européen. Parmi les résidents de nationalité étrangère en France l'an dernier, 46% étaient titulaires de la nationalité d'un pays d'Afrique, 35% d'un pays européen et 13% d'un pays d'Asie. Dans une classification différente et spécifique à la France, l'Insee a scruté les immigrés, c'est-à-dire les individus nés étrangers à l'extérieur. Ils étaient 7,7 millions en France en 2024, et parmi eux à peine 2,6 millions ont été naturalisés. Là aussi on est très loin du raz-de-marée complètement fantasmé. Depuis la fin des années 2000, le volume annuel d'acquisitions de la nationalité française, parmi les Européens, baisse sensiblement. La proportion est plus importante pour les personnes originaires d'Afrique (37%) ou d'Asie (35%), une tendance corrélative à la reconfiguration des courants migratoires. Mais je parle bien entendu de l'immigration choisie, pour les besoins et les intérêts de la France, donc légale. Autre donnée terrifiante : Par crainte de discrimination, un quart des Français provenant de l'immigration n'a pas appris la langue de ses (grands)-parents. Mais tout ça, comme on l'a dit, sera soigneusement mis sous le tapis par les têtes de gondole de l'extrême droite, ce n'est pas bon pour leur business électoral. Propager l'effroi de l'invasion étrangère paye plus dans les urnes, hélas. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!