La diplomatie française se place au cœur des efforts pour la paix à Gaza. Alors que le cessez-le-feu issu du plan américain porté par Donald Trump commence à se concrétiser, Paris accueille ce jeudi 9 octobre une réunion internationale inédite destinée à préparer « le jour d'après » dans l'enclave palestinienne. Ce sommet, organisé au Quai d'Orsay, s'inscrit dans la continuité des efforts conjoints de la France et de l'Arabie saoudite pour favoriser une solution durable fondée sur la coexistence de deux Etats. Le président Emmanuel Macron a souligné que le plan présenté par Washington le 29 septembre « s'inspire directement de l'initiative franco-saoudienne », et qu'il représente « une opportunité unique de mettre fin à la guerre à Gaza ». Une mobilisation internationale d'envergure Sous l'impulsion du ministre Jean-Noël Barrot, la France réunit autour de la même table un large éventail d'acteurs diplomatiques. Participeront à cette rencontre : * Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, * La haute représentante de l'Union européenne Kaja Kallas, * Les chefs de la diplomatie du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie, de l'Espagne, * Les ministres des Affaires étrangères du Qatar, de l'Arabie saoudite, de l'Egypte, de la Jordanie et de la Turquie, * La ministre d'Etat des Emirats arabes unis, * ainsi qu'une représentation du Canada et de l'Indonésie, à un niveau encore en cours de confirmation. Le gouvernement israélien et l'Autorité palestinienne ont été associés aux travaux, mais leur présence conjointe autour de la même table n'est pas encore envisageable à ce stade. Trois axes pour « le jour d'après » L'objectif de la réunion est de construire un cadre collectif pour l'après-guerre à Gaza, articulé autour de trois grands volets : 1. La sécurité : mise en place d'une force internationale de stabilisation, déjà évoquée lors de la réunion de New York, en coordination avec le plan américain. Cette force aura pour mission d'appuyer le désarmement du Hamas et de renforcer les capacités des forces de sécurité palestiniennes. 2. La gouvernance : mise en œuvre d'une administration transitoire à Gaza, soutenant le retour progressif de l'Autorité palestinienne à la tête du territoire. Celle-ci devra engager des réformes institutionnelles et politiques en vue de la création d'un Etat palestinien indépendant, horizon fixé par le plan de paix américain en 20 points. 3. La reconstruction : établissement d'un cadre multilatéral d'aide humanitaire et d'un mécanisme international de reconstruction pour répondre à l'ampleur des destructions et soutenir les populations civiles. Une initiative franco-saoudienne en continuité Cette rencontre du 9 octobre s'inscrit dans la continuité de la déclaration de New York, adoptée en septembre dernier lors de l'Assemblée générale des Nations unies. Cette initiative avait été marquée par la reconnaissance officielle de l'Etat de Palestine par 11 pays, ainsi que par des engagements sans précédent de la part de l'Autorité palestinienne et de plusieurs Etats arabes. L'alliance diplomatique entre Paris et Riyad a, selon Emmanuel Macron, « tracé un horizon politique pour la paix » et préparé le terrain à la proposition américaine. Le président français salue désormais « la convergence des visions » entre Paris, Washington et les capitales arabes sur la nécessité d'une solution politique durable. Un pari diplomatique ambitieux Si l'accord Trump a ouvert une fenêtre d'espoir après deux années d'affrontements, les défis restent immenses. La sécurisation de Gaza, la reconstruction de ses infrastructures et la mise en place d'une gouvernance légitime nécessiteront une coopération internationale étroite et un engagement financier conséquent. Mais pour Paris, l'heure est à la coordination. Comme l'a rappelé le président Macron, « alors qu'un espoir renaît avec le cessez-le-feu, il faut dès à présent préparer le jour d'après, dans toutes ses dimensions : sécuritaire, politique et humanitaire ». Cette réunion marque ainsi une étape charnière vers la concrétisation du plan de paix, que la France espère voir se transformer en un retour durable de la stabilité au Proche-Orient. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!