A en croire les retombées de la 2e édition Forum Invest In Senegal, des chiffres au-delà de toutes les espérances, la tempête autour de la dette cachée et de la falsification des comptes publics (par le régime de l'ex-président Macky Sall) est passée. Ces révélations explosives avaient tétanisé les bailleurs de fonds, le FMI en premier (l'institution financière avait immédiatement tout gelé) et pétrifié les investisseurs étrangers. C'est terminé, Dakar est sorti du cyclone. Les nouveaux patrons de l'exécutif sénégalais avaient fait le pari de la transparence totale sur les indicateurs économiques tels que les avaient laissés Macky Sall, sans fard, manifestement cet exercice de vérité paye. En attendant la reprise du programme avec le FMI (rendez-vous est pris à la mi-octobre 2025 pour fixer les termes) il y a les brillants résultats du Forum de Diamniado (la nouvelle cité administrative nichée à 30 km de la capitale sénégalaise). Le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko voulaient des financements pour concrétiser l'Agenda national de transformation «Vision Sénégal 2050», ils voulaient des fonds pour muscler les réformes stratégiques, doper la croissance et le capital humain national, ils auront les moyens de leurs ambitions. 51 accords de partenariat ont été paraphés, pour un montant de 23,5 milliards de dollars (plus de 13 000 milliards FCFA)… Ces engagements d'investissement ont été officialisés par le Premier ministre. Ces annonces, d'après lui, apportent la démonstration que «le Sénégal a su convaincre, fédérer et engager». Sur le papier les deux jours de travaux au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) donneront au gouvernement les outils pour mettre sur orbite une kyrielle de grands chantiers. Cela démontre surtout que la confiance en l'économie sénégalaise et en la résilience des institutions revient, après la fin de règne chaotique du président Sall. Maintenant Quid de la direction que prendront les 23,5 milliards de dollars annoncés ? Ils seront ventilés dans un large éventail de secteurs : transport, énergie, formation, industries créatives, etc. Parmi les document signés il y a un protocole entre l'Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) et Guelewar Energy Industrie, un accord tripartite entre l'Agence nationale pour les énergies renouvelables (ANER), Exim Finance et la Société nationale d'électricité (Sénélec)… Il y a également un partenariat entre l'Agence pour la promotion et le développement de l'artisanat (APDA) et M-Academy, centre de formation dévolu aux métiers du cuir, de la mode et des industries créatives. Par ailleurs ABT Trading a scellé un contrat avec l'AIBD pour bâtir un centre commercial dans le site aéroportuaire. Autre marché : l'Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (APIX) a conclu un partenariat avec le groupe Indorama, spécialisé dans la production d'engrais. Reste à faire en sorte que ces projets se réalisent rapidement et surtout s'assurer qu'ils auront un impact réel dans l'économie en termes d'emplois, de transfert de technologies, de saut qualitatif des chaînes de valeur et d'amélioration des services publics. Il ne faudrait pas qu'on retombe dans les travers du passé : des annonces fortes et des taux de croissance élevés mais complètement artificiels pour les populations, sans incidence dans leur quotidien. Le chef du gouvernement a fixé le cap à la fin du Forum, il s'est adressé au secteur privé national : «Le temps de l'attente est révolu, le temps de l'audace est venu. [...] Nouez des alliances stratégiques, enrichissez-vous de capitaux et de technologies, exportez vos savoir-faire, étendez vos chaînes de valeur au-delà de nos frontières. L'Etat sera à vos côtés pour vous accompagner, vous protéger et vous donner les leviers nécessaires pour devenir des champions régionaux et continentaux». Sonko a également mis l'administration face à ses responsabilités : «Les entreprises sont des piliers essentiels de notre développement économique et social. Traitez-les avec respect, efficacité et réactivité ; en facilitant leur croissance, nous accélérerons celle du pays. Ne les découragez pas : accompagnez-les, soutenez-les, écoutez-les. C'est le sens de la réforme administrative engagée : aller vers un Etat agile, moderne, au service du développement». Le ministre de l'Economie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a déclaré en marge du Forum de Diamnadio que cette année la croissance se hissera à 8% et même au-delà, portée par le boom de la commercialisation des hydrocarbures. Mais il a ajouté que cette locomotive ne pourra pas remorquer l'économie du pays dans la durée, il faudra d'autres moteurs pour que la croissance ne s'essouffle pas. C'est tout le sens du message de Sonko.
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