L'Espagne a réagi avec fermeté et calme aux déclarations du président américain Donald Trump, qui a suggéré jeudi que Madrid soit exclue du l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) en raison de son faible niveau de dépenses militaires. Un porte-parole du gouvernement espagnol, cité par l'agence Reuters, a souligné que l'Espagne « jouit d'une pleine adhésion au sein de l'OTAN et respecte ses engagements de défense », tout en appelant à la modération dans les propos politiques. Une sortie controversée de Donald Trump Lors d'une rencontre à la Maison-Blanche avec Alexander Stubb, président de la Finlande — dernier pays à avoir rejoint l'OTAN —, Donald Trump a exhorté les dirigeants européens à « faire pression sur Madrid » pour qu'elle augmente ses dépenses militaires. « Vous devez parler à l'Espagne. Vous devez leur demander pourquoi ils ne paient pas davantage », a déclaré le président américain avant d'ajouter : « S'ils ne veulent pas s'engager, peut-être faudrait-il simplement les exclure de l'OTAN. » L'ancien promoteur immobilier devenu chef d'Etat a reproché à plusieurs membres européens de ne pas atteindre les nouveaux objectifs d'investissement militaire, fixés en juin dernier à 5 % du PIB, contre environ 2 % précédemment. Madrid refuse un modèle de défense au détriment du social Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez avait déjà rejeté cette nouvelle exigence, estimant qu'un tel niveau d'investissement était « incompatible avec un Etat-providence ». « L'Espagne a une vision du monde axée sur la solidarité, la sécurité partagée et la paix. Porter les dépenses militaires à 5 % du PIB n'est pas compatible avec cette vision », avait-il déclaré en marge du dernier sommet de l'Alliance. Actuellement, Madrid consacre 1,3 % de son PIB à la défense, un chiffre inférieur à la moyenne de l'OTAN, mais en hausse constante depuis le début du conflit russo-ukrainien. Un contexte tendu pour l'Alliance Les déclarations de Donald Trump interviennent alors que l'OTAN compte désormais 32 membres, après l'adhésion récente de la Suède et de la Finlande, et qu'elle se trouve plus unie que jamais depuis le début de la guerre en Ukraine. L'Espagne, membre depuis 1982, accueille d'ailleurs plusieurs infrastructures stratégiques de l'Alliance, notamment la base navale de Rota, où sont stationnés des destroyers américains. Malgré les propos de Trump, aucune procédure d'exclusion n'existe au sein du traité fondateur de l'OTAN, et une telle mesure serait juridiquement impossible sans consensus. Entre diplomatie et équilibre stratégique Les analystes voient dans la sortie de Donald Trump une nouvelle manœuvre politique destinée à renforcer son discours nationaliste et à faire pression sur les alliés européens pour qu'ils partagent davantage le fardeau de la défense occidentale. Madrid, pour sa part, a choisi la voie diplomatique, réaffirmant son « attachement indéfectible à la sécurité collective ». Une réponse mesurée qui traduit la volonté de l'Espagne de préserver ses alliances transatlantiques sans céder à l'escalade verbale. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!