Un nouveau tournant dans la coopération militaire entre les Etats-Unis et le Qatar. Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a annoncé vendredi la signature d'un accord autorisant Doha à construire une installation pour accueillir des avions de combat F-15 et leurs pilotes sur la base aérienne de Mountain Home, dans l'Etat américain de l'Idaho. Cette décision vise à renforcer les capacités d'entraînement conjoint entre les deux armées et à consolider un partenariat stratégique déjà solide entre Washington et Doha. Un projet de longue date, désormais officiel Lors d'une conférence au Pentagone, Pete Hegseth, accompagné du ministre qatari de la Défense Cheikh Saoud bin Abdulrahman Al Thani, a précisé que cette nouvelle installation « accueillera un contingent de F-15 qataris et de pilotes afin de renforcer notre entraînement conjoint ». La base aérienne de Mountain Home, selon son site officiel, abrite déjà un escadron d'avions de chasse singapouriens, preuve du rôle croissant de cette infrastructure dans la coopération militaire internationale des Etats-Unis. Le ministre américain a salué le "partenariat solide et durable" avec le Qatar, un allié stratégique de longue date dans la région du Golfe. Un partenariat stratégique renforcé après un contexte tendu L'annonce intervient peu après la signature d'un décret présidentiel par Donald Trump, garantissant la protection du Qatar contre toute attaque extérieure, notamment dans le sillage des frappes israéliennes ciblant le chef du Hamas à Doha. Hegseth a remercié le Qatar pour son rôle de médiateur dans les négociations entre Israël et le Hamas, ainsi que pour son aide dans la libération d'un citoyen américain en Afghanistan. Pour sa part, Cheikh Saoud bin Abdulrahman Al Thani a souligné « la profondeur des relations de défense » entre les deux nations et le rôle du Qatar en tant que partenaire « fiable et stratégique ». Rappelons que la base américaine d'Al Udeid, située au Qatar, reste la plus grande installation militaire américaine au Moyen-Orient, hébergeant plus de 10 000 soldats et servant de centre logistique clé pour les opérations américaines dans la région. Une controverse politique aux Etats-Unis Malgré le caractère officiel de l'accord, cette annonce n'a pas manqué de susciter des réactions virulentes au sein de la droite américaine. Laura Loomer, militante d'extrême droite proche du camp républicain, a dénoncé sur X (anciennement Twitter) un projet « dangereux », déclarant : « Je n'aurais jamais cru voir les républicains donner aux musulmans du Qatar, qui financent le terrorisme, une BASE MILITAIRE sur le sol américain. » Le Pentagone a immédiatement réagi pour désamorcer la polémique. Pete Hegseth a précisé qu'il ne s'agit pas d'une base qatarie mais d'une installation intégrée et contrôlée par les Etats-Unis, à l'image des structures existantes partagées avec d'autres alliés militaires. « Le Qatar n'aura pas sa propre base aux Etats-Unis, ni rien qui s'apparente à une base. Nous contrôlons la base existante, comme avec tous nos partenaires », a affirmé Hegseth. Une coopération en expansion malgré les tensions Bien que ce projet ait été initié sous l'administration de Joe Biden, sa concrétisation sous Donald Trump symbolise la continuité de la coopération militaire américano-qatarie. Cet accord pourrait renforcer les capacités aériennes du Qatar, qui dispose déjà d'une flotte de 36 avions F-15 livrés par Boeing, et accroître les échanges stratégiques bilatéraux dans le domaine de la défense, de la formation et de la maintenance aérienne. En toile de fond, cette décision confirme la volonté des Etats-Unis de consolider leur présence au Moyen-Orient, tout en soutenant leurs alliés régionaux face aux tensions persistantes dans le Golfe. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!