Le Hamas, dont le président américain Donald Trump a loué « la force » et « l'intelligence« , combat désormais pour sa survie. Le mouvement palestinien ne peut plus actionner le levier des otages israéliens, qu'il a été contrait de libérer en une traite lundi dernier, alors il faudra trouver autre chose pour se cramponner. Ce ne sera pas chose aisée avec tous ces pays arabes, dont le principal soutien, le Qatar, qui ont formellement signé sur le texte actant la disparition des combattants palestiniens. Cette affaire ne date pas d'hier, elle a été scellée dès octobre 2023, mais là les leaders arabes tombent le masque. Le Fatah de Mahmoud Abbas, qui avait été délogé de Gaza par la force – un carnage – en 2007 suite à des scandales de corruption et de détournements de fonds massifs, souffle sur les braises pour pousser le Hamas vers la sortie et récupérer l'enclave. Alors qu'Abbas n'est même pas capable de sécuriser la Cisjordanie. Mais il n'est pas la plus grande menace pour le groupe palestinien… Trump a annoncé la deuxième phase de l'Accord de cessez-le-feu, sans doute la plus délicate de l'avis de tous et pour cause : elle stipule le désarmement du Hamas et l'abandon définitif de la direction de la bande de Gaza. Le président américain a redit hier mardi 14 octobre qu'il ira au bout de son projet. Les combattants palestiniens sont de fait coincés, les clans et milices palestiniens s'activent pour précipiter leur chute, tels des requins qui ont senti l'odeur du sang. Samedi et dimanche derniers, quelques heures à peine après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, des heurts violents ont eu lieu entre des membres du Hamas et des hommes armés liés au clan Doghmush, du nom d'une famille très influente à Gaza. D'après la BBC, les affrontements ont causé 27 morts. La chaîne Al-Jazeera indique que le journaliste palestinien Saleh Al-Jafarawi fait partie des victimes. Le Hamas tient à faire savoir qu'il n'est pas mort et enterré, il a mobilisé 7000 hommes sur la totalité de la bande de Gaza, quelques heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon la même source. De nombreux témoins disent que ces hommes arboraient des uniformes de police. Un responsable du Hamas à l'étranger a refusé de commenter ce déploiement mais a confié que le mouvement ne peut pas «laisser Gaza à la merci des voleurs et des milices soutenues par l'occupation israélienne»… Ces développements confirment deux choses : le groupe palestinien est encore debout en dépit des coups portés depuis 2 ans par l'une des armées les mieux équipées au monde. La deuxième c'est que la bataille pour déboulonner le Hamas sera féroce, avant et après son très probable désarmement. Et on peut compter sur le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour inventer des justifications à l'occupation de l'enclave et détourner ainsi son opinion publique de ses casseroles judiciaires.
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