The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Les femmes américaines voient leurs salaires reculer face à ceux des hommes, une tendance confirmée par les dernières données publiées par le Wall Street Journal. Selon ces chiffres, la rémunération moyenne des femmes à temps plein ne représente plus que 81 cents pour chaque dollar gagné par un homme, soit le plus grand écart depuis 2016. Ce recul, inattendu après plusieurs décennies de progrès, est largement attribué au retour massif au travail en présentiel imposé par de nombreuses entreprises depuis la fin de la pandémie de Covid-19. Un retour au bureau aux effets pervers D'après le rapport, les efforts des entreprises pour ramener leurs salariés dans les bureaux ont entraîné une vague de démissions et de renoncements chez de nombreuses femmes, notamment celles ayant des enfants en bas âge. Beaucoup ont choisi de refuser des promotions ou d'accepter des postes moins bien rémunérés en échange d'une plus grande flexibilité. L'économiste Francine Blau, de l'Université Cornell, explique cette tendance par des facteurs structurels : « Les normes sociales continuent de faire peser sur les femmes la majorité des responsabilités domestiques et parentales. Cela limite leur capacité à s'adapter aux nouvelles exigences du travail présentiel. » Le cas de Jean Farbel, comptable à Saint-Louis, illustre bien ce phénomène. Après la suppression du télétravail partiel dans son administration, elle a préféré démissionner pour un poste 100 % à distance — mais avec une baisse de salaire de 25 %. « J'étais épuisée, je voulais simplement du temps pour mes enfants », confie-t-elle. Une participation féminine en déclin Le Wall Street Journal rapporte que la participation des femmes âgées de 25 à 54 ans au marché du travail américain a chuté cette année, tandis que celle des hommes a légèrement progressé. Une étude du cabinet KPMG confirme cette tendance : depuis le début de 2023, la part des mères diplômées ayant un enfant de moins de cinq ans a reculé de 2,3 points de pourcentage, alors qu'elle a augmenté d'un point chez les femmes sans enfants et sans diplôme universitaire. Ce décalage révèle un effet d'éviction silencieux, alimenté par la flambée du coût de la garde d'enfants et la difficulté croissante de concilier vie professionnelle et vie familiale. Des trajectoires freinées De nombreuses femmes interrogées évoquent un sentiment de stagnation professionnelle. Gabriela Romeo, cadre dans une université de Miami, explique que le télétravail post-pandémie lui donnait « l'impression de pouvoir tout faire ». Depuis son retour complet au bureau en août, elle dépense davantage pour la garde de ses enfants et passe plusieurs heures par jour dans les transports. Même constat pour Christina Herminiano, employée dans le secteur technologique à Toronto travaillant pour des clients américains. Elle a refusé deux offres mieux rémunérées, exigeant une présence accrue au bureau, préférant un emploi à distance pour préserver son équilibre familial. « J'ai choisi la flexibilité, mais ma carrière est au point mort », déplore-t-elle. Un tournant inquiétant pour l'égalité salariale Une étude de l'Université de Pittsburgh, citée par le Wall Street Journal, montre que les femmes sont trois fois plus susceptibles que les hommes de quitter leur poste dans les secteurs de la technologie et de la finance lorsque le télétravail est restreint. Le chercheur Mark Ma en conclut que « les femmes sacrifient leurs perspectives d'avancement professionnel au profit de la flexibilité, ce qui accentue la fracture salariale actuelle ». Après quatre décennies de réduction progressive de l'écart salarial, les Etats-Unis font désormais marche arrière. La différence de rémunération, qui s'était réduite à 84 cents par dollar en 2022, est retombée sous les 83 cents en 2023, avant de plonger encore davantage cette année. Un constat alarmant pour une économie qui se veut inclusive, mais où le retour aux modèles de travail traditionnels semble, paradoxalement, pénaliser les femmes les plus qualifiées. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!