The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Le vote au Conseil de sécurité de l'ONU sur le projet de résolution américain sur le Sahara occidental était prévu hier jeudi 30 octobre, in fine il a été renvoyé à ce vendredi, sauf rebondissement. Entre temps le texte brandi par l'administration de Donald Trump a été vidé de sa substance, avec des inflexions fortes qui vont dans le sens des exigences des indépendantistes sahraouis et de leur premier leur soutien, l'Algérie. Manifestement cette dernière a fait parler la poudre de la diplomatie – et peut-être davantage– et Washington a bien réceptionné. Alors qu'au départ le document penchait nettement en faveur de Rabat. On a appris que 6 modifications majeures ont été introduites dans la résolution, ce qui ramène le cadre des discussions aux lignes tracées depuis un paquet d'années. Toute cette agitation – surtout de la part des autorités marocaines – pour ça. Une troisième version du texte, avec d'«importants amendements», a été transmise aux membres du Conseil de sécurité, a confié à TSA une source diplomatique… 1er point : le nouveau document propose de renouveler le mandat de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso) pour «12 mois au lieu de trois, comme prévu dans la version initiale». 2e changement : la possibilité d'une expiration ou d'une modification du mandat de la mission onusienne a été gommée du texte, elle «n'est plus abordée dans le projet de résolution, contrairement à la version initiale». 3e retouche : le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination est «explicitement» et «clairement affirmé à deux reprises» dans la résolution remaniée… Le texte insiste sur le le fait que «l'exercice de ce droit doit être conforme au droit international et aux principes et objectifs de la Charte des Nations Unies». En d'autres termes le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui n'est plus tributaire du périmètre imposé par le plan d'autonomie marocain, comme le mentionnait la version initiale de la résolution américaine. 4e changement : le nouveau projet de résolution balaye tout l'argumentaire marocain visant à corseter le statut juridique du peuple sahraoui et de son représentant historique, le Front Polisario… Dans la troisième version du projet de résolution la notion de droit à l'autodétermination fait «explicitement référence au peuple sahraoui». Et quand il évoque les sujet des négociations, le texte «mentionne explicitement le rôle du Front Polisario en tant que partie prenante au conflit». 5e point : toutes les descriptions «injustifiées» que la version initiale du texte collait au plan d'autonomie ont disparu dans la nouvelle version du projet de résolution. Le plan d'autonomie marocain «n'est plus présenté comme la seule base des négociations, ni comme l'unique solution possible au conflit du Sahara occidental». 6e modification : la nouvelle version du projet de résolution américain dégage la voie à de nouvelles propositions et idées, notamment la possibilité pour les Sahraouis de soumettre des solutions inédites pour régler définitivement le problème du Sahara occidental, en dehors des canaux étriqués de l'autonomie. Enfin sachez que les pourparlers entre les membres du Conseil de sécurité ont continué «jusqu'à la dernière minute» pour formuler des amendements additionnels au projet de résolution, comme le dicte la nature du contentieux au Sahara occidental : une «question de décolonisation». Voilà, on en était là hier. Ces développements n'ont pas été ébruités par les médias marocains, leur silence est assourdissant, rien à avoir avec les envolées et tirades après les sorties des collaborateurs de Trump (Steve Witkoff, Envoyé spécial pour le Moyen-Orient et Massad Boulos, Haut-conseiller pour les affaires arabes et africaines). On comprend l'embarras à Rabat… Quant à Washington, et bien il est revenu à la position exprimée en avril 2025. Ce n'est pas le premier revirement des USA en la matière, preuve de la complexité du cas sahraoui, beaucoup plus que ce que Witkoff et Boulos ont théorisé dans leurs derniers exposés. Il faudra effacer et recommencer, sur d'autres bases plus respectueuses de l'historique de l'épineux dossier. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!