The liveblog has ended. No liveblog updates yet. En France, un vent de contestation souffle sur les boulangeries Paul en région parisienne. Plusieurs établissements ont cessé leur activité pour dénoncer la fermeture progressive de magasins, principalement en Seine-Saint-Denis, et des conditions de travail jugées insoutenables. Le mouvement, initié par la CFDT, a pris de l'ampleur mercredi avec le blocage de l'usine de production du XVIe arrondissement, paralysant la distribution dans une quinzaine de points de vente. Le blocage, mené dès 21 heures dans le site de fabrication situé rue des Belles Feuilles à Paris, a eu un effet immédiat : les quinze boulangeries de la capitale n'ont pas pu être approvisionnées jeudi. « En tapant à la source, on évite le gaspillage et on fait passer notre message », a expliqué Henri Fakih, délégué syndical CFDT. Selon le syndicat, l'enseigne a fermé plus de dix points de vente depuis le début de l'année 2025, et de nouvelles fermetures sont déjà programmées pour 2026. Cela représenterait près de deux cents suppressions de postes. Les salariés dénoncent une stratégie de repositionnement « élitiste », visant à délaisser les zones populaires au profit des quartiers plus aisés. « Ils ferment les magasins en Seine-Saint-Denis sous prétexte que ça ne rapporte plus », s'insurge Fakih, accusant la direction d'abandonner une clientèle fidèle au profit d'une image plus premium. La fermeture du fournil de Rosny-sous-Bois et son transfert à Noisy-le-Grand ont été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Les salariés y voient la matérialisation d'un virage commercial assumé : sortir des centres commerciaux et concentrer l'activité dans les zones à fort pouvoir d'achat. Aujourd'hui, la chaîne fondée en 1889 et propriété du groupe Holder – qui possède également Ladurée – ne compte plus qu'une soixantaine de boulangeries en France, contre une centaine il y a quelques années. Les syndicats craignent que la direction n'aille plus loin encore, en remplaçant progressivement les succursales françaises par des franchises, alors même que le groupe multiplie ses ouvertures à l'international, notamment en Afrique et au Moyen-Orient. Mais au-delà des fermetures, le malaise est social. Les employés dénoncent des heures supplémentaires non payées, des pressions hiérarchiques, des ruptures conventionnelles abusives et des objectifs de vente « irréalistes » empêchant le versement des primes. « Nous avons moins de personnel, ce qui dégrade le service et épuise les équipes », déplore encore le représentant syndical. Le pain de la discorde Cette grève illustre les tensions croissantes en France entre rentabilité et responsabilité sociale dans le secteur de la restauration rapide et de la boulangerie industrielle. À l'heure où de nombreuses enseignes repensent leur modèle économique, Paul semble s'engager dans une logique de rationalisation radicale : moins de points de vente, plus de marges et une image plus « haut de gamme ». Mais cette stratégie, si elle peut séduire les investisseurs, risque d'entamer durablement la confiance des salariés et d'éroder le lien de proximité qui faisait autrefois la force de la marque. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!