The liveblog has ended. No liveblog updates yet. À l'approche du vote final sur la loi de finances 2025-2026, prévu à partir du 17 novembre, Ottawa vit au rythme d'une tension politique rarement observée ces dernières années. Ce vote de confiance déterminera l'avenir du gouvernement minoritaire de Mark Carney. S'il échoue à rallier suffisamment de députés, le Canada pourrait être entraîné vers des élections anticipées et un climat d'incertitude économique redouté par tous. Lors de la présentation de sa première loi de finances le 4 novembre, Mark Carney a voulu donner un signal fort avec un budget baptisé « Canada fort ». Celui-ci prévoit 141 milliards de dollars canadiens de nouveaux investissements, un déficit de 78,3 milliards et des dépenses totales de 585,9 milliards. Le gouvernement table sur une croissance limitée à près de 1 % par an pour les deux prochaines années, bien en deçà des prévisions annoncées l'an dernier. La dette fédérale devrait continuer à progresser selon les projections, tandis que 81,8 milliards sont consacrés en cinq ans à la modernisation des forces armées. Le gouvernement prévoit également la suppression de 28 000 postes dans la fonction publique d'ici 2029, ce qui alimente les critiques de l'opposition qui y voit une politique d'austérité déguisée. Un gouvernement fragilisé Les premiers votes préliminaires des 6 et 7 novembre ont montré à quel point l'équilibre parlementaire est fragile. Avec 170 sièges après le ralliement du député conservateur Chris d'Entremont, les libéraux doivent atteindre 172 voix pour éviter la chute. Pour y parvenir, ils doivent convaincre deux députés supplémentaires ou espérer l'abstention d'au moins cinq élus de l'opposition. Les conservateurs, désormais au nombre de 142, annoncent fermement leur refus d'appuyer un budget qu'ils jugent inefficace face à la hausse du coût de la vie. Le Bloc québécois exige des fonds additionnels pour le Québec. Les Verts souhaitent des modifications substantielles. Quant au Nouveau Parti démocratique, fort de sept sièges, il entretient le suspense et n'a pas encore dévoilé son choix. Mark Carney, quant à lui, multiplie les rencontres et rappelle la volonté de son gouvernement d'écouter toutes les sensibilités du Parlement, convaincu que des compromis sont encore possibles. Pourquoi la chute du gouvernement est peu probable Pour de nombreux analystes, l'hypothèse d'une élection anticipée apparaît néanmoins lointaine. L'économiste Atef Kubursi estime que ni le NPD ni le Bloc québécois n'ont intérêt à renverser le gouvernement, le premier n'ayant pas encore désigné son nouveau chef. Une campagne électorale menée dans un contexte aussi volatil serait politiquement risquée. L'argument économique pèse aussi lourd. Selon Kubursi, provoquer une crise politique alors que le pays affronte déjà les répercussions d'une guerre commerciale ouverte avec Donald Trump serait une erreur stratégique majeure. Le Canada, dit-il, a plutôt besoin de cohésion politique que de turbulence. Le politologue Neilam Bedi partage cet avis. Selon lui, la loi de finances a de bonnes chances d'être adoptée pour plusieurs raisons : une priorité nationale donnée à la diversification économique, un effort notable dans la transition énergétique et les infrastructures, et un ensemble de mesures destinées à stimuler l'activité régionale. Pour les entreprises canadiennes, ce budget porte en lui des signaux positifs en matière de compétitivité et de productivité. Les risques d'une crise politique Si le budget ne passait pas, le Canada se retrouverait face à une double crise, politique et économique. Le rejet du texte entraînerait de facto la chute du gouvernement libéral et forcerait le pays dans une campagne électorale rapide. Les experts préviennent que cette instabilité pourrait accentuer le ralentissement économique déjà perceptible. L'économie canadienne montre en effet des signes de fatigue : croissance atone, inflation persistante et entreprises qui délocalisent vers les Etats-Unis. Dans ce contexte, l'incertitude pourrait provoquer une nouvelle vague de pertes d'emplois et un recul de l'investissement. Le think tank Fraser Institute va jusqu'à parler d'un risque d'« crise financière ». Selon ses recherches, la dette fédérale représente désormais près de 70 % du PIB, et pourrait atteindre 79,2 % à l'horizon 2028-2029. Si la paralysie politique venait s'ajouter à un déficit en forte croissance, le pays pourrait revivre les turbulences des années 1990, marquées par une envolée des taux d'intérêt et un affaiblissement sévère des finances publiques. Un vote décisif pour l'avenir du pays À quelques jours de l'échéance, les regards sont tournés vers les couloirs du Parlement. Si le budget est adopté, le Canada poursuivra sa trajectoire fragile mais stable, tout en tentant de se prémunir de la tempête économique américaine. S'il échoue, le pays plongera dans une élection anticipée dont personne ne peut prédire l'issue. Dans tous les cas, le vote attendu ce 17 novembre sera bien plus qu'une simple formalité budgétaire. Il sera un révélateur de la capacité du Canada à maintenir son équilibre politique au cœur d'une période géopolitique et économique incertaine. Un moment charnière pour Ottawa, et peut-être pour l'avenir du pays tout entier. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!