The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Comme l'ont fait les autorités françaises dans ce dossier (pas question de rejouer la bravade qui avait enfoncé Boualem Sansal), le journaliste français Christophe Gleizes a fait profil bas ce mercredi 3 décembre devant la Cour d'appel de Tizi Ouzou. Il a demandé la «clémence». C'est mal parti puisque tout de suite après sa requête le Parquet a réclamé une peine de prison de 10 ans, pour «apologie du terrorisme», plus que la condamnation en première instance… Mais avec l'écrivain franco-algérien aussi c'était très mal parti, avec une condamnation en appel à 5 ans de prison – le parquent en avait requis 10 -, avant que Sansal ne soit finalement gracié pour « raison humanitaire », après l'intervention du président allemand. Bon, l'essayiste est retombé très vite dans ses travers, avec des provocations qui lui ont valu une annulation de son passeport algérien. Gleizes lui ne demande qu'à sortir des geôles algériennes. Le reporter de 36 ans, qui a écopé de 7 ans de prison en première instance, a demandé «pardon», avouant avoir fait «beaucoup d'erreurs journalistiques malgré (ses) bonnes intentions». Il a reconnu qu'il aurait dû solliciter un visa de journaliste et non touristique pour se rendre en Algérie et y tourner clandestinement son reportage. Ses confessions n'ont pas fait tiquer le représentant du parquet, il a demandé une peine de 10 ans d'emprisonnement. «L'accusé n'est pas venu en Algérie pour accomplir un travail journalistique mais (pour commettre) un acte hostile», a asséné le magistrat. Seul journaliste français incarcéré à l'étranger, il avait été cueilli le 28 mai 2024 à Tizi Ouzou et placé sous contrôle judiciaire jusqu'à sa première audience. Il était sous le coup d'accusation lourdes : séjour « dans le pays avec un visa touristique« , « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l'intérêt national« , rapporte l'ONG Reporters sans frontières (RSF). Le tribunal lui a demandé ce mercredi s'il avait connaissance du fait que le Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK) avait été classé en mai 2021 comme organisation terroriste par les autorités algériennes quand il rencontra son président, Ferhat Mehenni, à Paris en octobre de la même année. « Je n'étais pas au courant et j'ai honte de le dire. Cela porte atteinte à mes compétences. J'avais complètement raté cette info« , a rétorqué Gleizes. Il a déclaré s'être «profondément remis en question (…) Ces erreurs m'ont permis de réfléchir», a-t-il martelé, en précisant qu'il n'a «aucune rancoeur» contre Alger. Avec des sanglots dans la voix il a répété qu'il n'a «qu'une seule douleur, celle d'être coupé de (sa) famille», qu'il veut «retrouver» au plus vite. De passage lundi dernier sur France Inter, son avocat français, Me Emmanuel Daoud, avait dit espérer «une issue favorable», suite au vent nouveau de l'«apaisement des relations entre la France et l'Algérie». Même si «les deux affaires n'ont rien à voir», Me Daoud voyait dans la grâce accordée à Sansal «un signal positif». Pourtant fin octobre dernier, Thibaut Bruttin, directeur général de RSF, claironnait que Gleizes «n'a rien à faire en prison, il n'est coupable que d'avoir exercé son métier de journaliste sportif et d'aimer le football algérien». Mais avant l'audience l'avocat avait tempéré en ces termes : «Nous devons expliquer aux magistrats d'appel qu'un journaliste ne fait pas de politique», «n'est pas un idéologue», «pas un activiste». Soulignant sa considération pour la justice algérienne, «indépendante et souveraine», Me Daoud avait balayé les provocations courant en France selon lesquelles le journaliste serait «un otage». Il a affirmé que Gleizes a eu droit à des visites, a pu consulter son dossier pénal et voir ses avocats. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!