The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Dans un texte d'une rare sévérité, la revue française Le Point analyse la nouvelle Stratégie de sécurité nationale américaine, publiée récemment par la Maison-Blanche. Le document, considéré comme la feuille de route géopolitique de Washington, dresse selon la publication un diagnostic brutal sur l'Europe, décrite comme un allié affaibli, menacé d'effacement culturel, politique et économique. Une vision qui, selon Le Point, revient à "placer l'Europe devant un choix existentiel : devenir une colonie américaine ou disparaître". Une Europe décrite comme un continent en déclin accéléré La stratégie américaine s'inquiète d'une possible disparition de l'Europe comme entité culturelle et politique distinctive d'ici deux à trois décennies. Le texte s'appuie sur un indicateur puissant : la part de l'Europe dans le PIB mondial est passée de 25 % en 1990 à seulement 14 % aujourd'hui, un recul considéré comme le symptôme d'un affaiblissement structurel profond. Selon Le Point, Washington accuse les institutions européennes, y compris l'Union européenne et les organisations transnationales, d'avoir sapé la souveraineté nationale, réduit la liberté politique, favorisé une immigration mal maîtrisée et laissé s'installer une crise identitaire. La stratégie décrit une Europe gagnée par la censure, la dégradation de la liberté d'expression, la baisse historique des taux de natalité et un effacement progressif des identités nationales. Le document affirme même que le Vieux Continent pourrait devenir « méconnaissable » d'ici vingt ans si les tendances actuelles persistent, citant notamment les critiques virulentes formulées récemment par le vice-président américain J.D. Vance à Munich, ainsi que le discours du président Donald Trump à l'ONU en septembre. Ukraine : Washington pousse vers une fin rapide du conflit L'aspect le plus sensible de la stratégie concerne la guerre en Ukraine. Selon Le Point, Washington affiche désormais une volonté d'aboutir à une cessation rapide des hostilités, quitte à accepter une issue favorable à Moscou si cela permet de rétablir un partenariat stratégique avec la Russie. Le document critique ouvertement l'Allemagne, accusée d'avoir rompu ses liens énergétiques et diplomatiques avec Moscou, ce qui aurait augmenté sa dépendance économique et affaibli la cohésion européenne. Plus grave encore : la Maison-Blanche accuse les gouvernements européens de "trahir leurs peuples" en s'opposant à une paix rapide que souhaiterait, selon elle, une majorité d'Européens. Les dirigeants européens sont décrits comme une « minorité instable », accusée de fouler aux pieds « les principes démocratiques fondamentaux » en réprimant l'opposition. À travers cet argument, Washington se présente comme le défenseur de la volonté populaire européenne face à des "élites libérales déconnectées". Sept priorités imposées à l'Europe La stratégie américaine liste sept priorités censées remodeler en profondeur l'ordre politique européen : 1. Mettre fin à la guerre en Ukraine, y compris selon les conditions de Moscou si nécessaire. 2. Renforcer l'autonomie européenne, mais dans un cadre stratégique aligné sur Washington. 3. Soutenir les mouvements politiques hostiles aux élites actuelles. 4. Ouvrir largement les marchés européens aux produits américains. 5. Promouvoir des "nations saines" en Europe centrale, orientale et méridionale, un concept flou mêlant identité, natalité et cohésion sociale. 6. Redéfinir le rôle de l'OTAN, avec une redistribution des responsabilités en faveur des Etats-Unis. 7. Aligner l'Europe sur Washington face à la Chine, notamment sur les aspects technologiques, économiques et sécuritaires. Selon Le Point, la logique sous-jacente est limpide : forcer l'Europe à devenir un espace satellisé, dépendant de Washington, maîtrisant strictement ses flux migratoires et renforçant les forces politiques nationalistes contre les courants libéraux. Un miroir sombre pour les Etats-Unis La revue française souligne toutefois une contradiction majeure : si les mêmes critères d'évaluation étaient appliqués aux Etats-Unis, le tableau serait tout aussi sombre. Polarisation politique extrême, violence armée endémique, recul des droits civiques, restrictions sur les livres et le contenu éducatif, attaques contre les droits reproductifs des femmes... autant de failles qui affaiblissent également le modèle américain. L'économie américaine elle-même, rappelle Le Point, a été fragilisée par quarante ans de délocalisations massives, orchestrées par ses entreprises, avant que Washington ne prenne conscience du risque stratégique. Une Europe piégée par sa dépendance Pour la revue, la différence fondamentale est que les gouvernements européens n'oseraient jamais publier un document de ce type, soit par prudence diplomatique, soit parce qu'ils reconnaissent leur dépendance structurelle à l'égard des Etats-Unis en matière militaire, énergétique et technologique. En conclusion, Le Point estime que la nouvelle stratégie américaine propose une vision profondément "trumpiste" de l'Europe : un continent affaibli mais réformable, appelé à se restructurer entièrement pour devenir un allié subordonné, en redistribuant le pouvoir politique et économique selon les intérêts de la Maison-Blanche et en adoptant une ligne dure sur la migration et les mouvements identitaires. 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