The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Le Japon, c'est bien connu, a toujours été réfractaire au métissage. Le frein est culturel et il est très puissant. Et quand le « pays du soleil » consent à entrouvrir la porte, contraint par le vieillissement accéléré de la population et la pénurie de main-d'oeuvre, il le fait pour laisser passer les habitants du voisinage. Au moins eux « ils font plus japonais » que les autres. Les Nippons ont été obligés dernièrement d'ouvrir davantage pour capter des talents internationaux, le déclin démographique et les besoins de la 4e économie mondiale ne laissent guère le choix. Toutefois un très mauvais signal vient d'être envoyé. Le site de la radiotélévision publique japonaise NHK a annoncé que l'université privée de Waseda projette de hausser les frais pour les étudiants étrangers. L'établissement supérieur accueillait déjà, selon la même source, "au mois de mai de l'an dernier, 5562 étudiants étrangers, plus que toute autre université au Japon". Mais jusqu'ici les frais étaient les mêmes pour tout le monde… Changement de cap : l'institution argue qu'elle ploie sous des dépenses additionnelles en matière d'accueil, de logement ou de cours de japonais. Alors forcément les étudiants étrangers doivent débourser plus. Et attention à l'effet boule de neige, une pléthore d'universités ont approché le ministère de l'Education pour des majorations éventuelles. Si Waseda saute le pas, "de nombreuses autres écoles pourraient suivre". Certains établissements comme l'université Tohoku ont déjà officialisé une hausse sensible des frais d'inscription : 1,7 fois pour les étudiants étrangers. Il faut croire que les Japonais ont tendu l'oreille jusqu'en France… L'Hexagone a commencé à faire monter les frais d'inscription des étudiants étrangers hors Union européenne, les faisant passer de moins de 200 euros à près de 4000 euros pour un Master dans les universités publiques. Le Japon est très loin de ce seuil et il faut souhaiter qu'il en sera toujours ainsi. Le gouvernement japonais insiste sur le fait que le pays a des trains de retard dans la course mondiale pour capter des pépites internationales. NHK rappelle que les étudiants étrangers pèsent à peine 5,9% dans le contingent global au Japon, contre plus de 32% en Australie et 22% au Royaume-Uni. Clairement l'essor japonais est tributaire d'un climat académique incitatif, donc attention aux politiques tarifaires discriminatoires. Mais voilà, les comparaisons internationales enhardissent les universités japonaises : "Les étudiants étrangers de l'Université de Californie paient environ 3,4 fois plus que les étudiants nationaux" et "à l'université d'Oxford, les étudiants étrangers paient environ 3 fois plus". Conclusion : le Japon a beaucoup de marge par rapport aux destinations anglo-saxonnes et désormais françaises, et ça pourrait lui donner des idées, forcément mauvaises pour les étudiants étrangers. NHK souligne que les universités japonaises dépensent plus pour un enseignement de qualité et des conditions de vie décentes, un virage incontournable d'après le ministère pour "accepter encore plus d'étudiants étrangers qualifiés". Mais pour les cerveaux qui lorgnent le Japon l'aventure pourrait virer au casse-tête financier, même si on est très loin de la flambée aux USA et en France.
Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!