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Nouvelle Stratégie Américaine : le monde post-mondialisation
Publié dans Tunisie Numérique le 02 - 01 - 2026


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Le 5 décembre 2025, les Etats-Unis ont dévoilé leur Stratégie de sécurité nationale, un document qui dépasse largement le cadre sécuritaire traditionnel. Il s'agit d'un véritable manifeste économique marquant la fin d'un cycle historique, celui de l'ordre mondial dominé par Washington depuis la fin de la guerre froide, et l'entrée assumée dans une nouvelle ère fondée sur la primauté des intérêts économiques nationaux.
Dès ses premières pages, la stratégie reflète une conviction centrale de l'administration américaine : la mondialisation, dans sa forme ancienne, ne sert plus les intérêts de l'économie américaine.
Dans un monde caractérisé par des mutations rapides, des tensions géopolitiques accrues et une concurrence industrielle exacerbée, le maintien d'engagements sécuritaires étendus est désormais jugé coûteux et inefficace.
Une rupture assumée avec l'ordre mondial post-guerre froide
Cette stratégie peut être considérée comme la première, depuis près de quarante ans, à redéfinir de manière explicite la place économique des Etats-Unis dans le monde. Washington y affirme clairement que la sécurité nationale commence désormais à l'intérieur du pays, et que la puissance américaine repose avant tout sur la solidité de son économie, de son industrie et de ses capacités technologiques.
Il ne s'agit plus de gérer un ordre mondial globalisé, mais de protéger un noyau d'intérêts vitaux, en hiérarchisant strictement les priorités et en limitant les engagements extérieurs à ce qui sert directement la prospérité nationale.
L'économie d'abord et le retour de l'Etat national
Au cœur de la stratégie 2025 figure un principe fondamental : « la force américaine commence de l'intérieur ». Cette approche repose sur des indicateurs économiques mis en avant comme socle de la nouvelle doctrine.
La croissance du produit intérieur brut américain est revenue à un niveau de 2,3 %, malgré le contexte de ralentissement mondial. Les investissements industriels domestiques ont atteint 78 milliards de dollars en 2024 dans le cadre des programmes de relocalisation. Plus de 130 milliards de dollars ont été injectés dans les secteurs de haute technologie, tandis que le déficit commercial non pétrolier s'est contracté de 11 %.
Ces chiffres constituent la base d'une politique axée sur la protection de l'économie nationale, le renforcement de la production intérieure et la réduction de la dépendance aux chaînes d'approvisionnement mondiales.
Une doctrine de Monroe version industrielle
La stratégie 2025 adopte une version modernisée du principe de Monroe, non plus militaire mais économique et industrielle.
L'objectif est clair : empêcher toute puissance extérieure d'acquérir une influence stratégique dans l'hémisphère occidental ou de prendre le contrôle d'actifs sensibles situés à proximité directe du territoire américain.
Cette approche vise notamment les infrastructures critiques, les ports, les réseaux énergétiques et les technologies clés, considérés désormais comme des éléments indissociables de la sécurité nationale.
Moyen-Orient : d'une logique d'engagement à une logique de partenariat
Pendant plus de cinquante ans, le Moyen-Orient a occupé une place centrale dans la stratégie américaine en raison du pétrole et des équilibres géopolitiques mondiaux.
La nouvelle stratégie acte un changement profond : ces dynamiques ne sont plus déterminantes.
Les Etats-Unis produisent aujourd'hui 12,9 millions de barils de pétrole par jour et se rapprochent de l'autosuffisance énergétique. Parallèlement, la demande mondiale se déplace vers l'Asie, qui importe désormais près de 70 % du pétrole du Golfe.
Dans ce contexte, la région est désormais décrite comme une « zone de partenariat » et non plus comme un espace d'engagement militaire de long terme. Washington n'affiche plus d'intérêt particulier pour la nature des régimes politiques ou des systèmes de gouvernance. Le critère central devient la valeur économique ou stratégique concrète que chaque pays peut offrir.
Les engagements traditionnels, tels que la sécurité d'Israël ou la protection des voies maritimes, restent des lignes rouges, mais sont appelés à être gérés avec plus de flexibilité et à moindre coût.
Europe : la fin du parapluie sécuritaire gratuit
L'Europe apparaît comme l'un des principaux perdants de cette nouvelle approche. Après des décennies passées sous la protection américaine, elle se retrouve confrontée à la fin du soutien inconditionnel de Washington.
La stratégie exige des pays européens un effort accru, notamment un relèvement des dépenses de défense à 2,5 % du PIB, une révision des politiques migratoires dont le coût cumulé est estimé à plus de 340 milliards de dollars depuis 2015, et une reconstruction industrielle après la perte de l'accès au gaz russe à bas coût.
L'Europe passe ainsi du statut de partenaire protégé à celui de partenaire devant assumer pleinement le coût de sa sécurité, un basculement susceptible de transformer en profondeur l'architecture de l'alliance atlantique.
L'Asie, nouveau centre de gravité de l'économie mondiale
La stratégie américaine identifie clairement l'Asie comme le moteur principal de la croissance mondiale. La région concentre plus de 55 % de la croissance globale et près de 70 % des investissements technologiques avancés.
Dans cette logique, Washington place le Japon et la Corée du Sud au premier rang des partenaires stratégiques, en raison de leur capacité à absorber les investissements américains, à développer des industries technologiques conjointes et à faire face à la domination manufacturière chinoise.
L'Inde, en revanche, est présentée comme plus vulnérable, car encore largement dépendante du modèle de mondialisation que les Etats-Unis entendent progressivement abandonner.
Chine et Russie : rivalité économique plutôt que guerre ouverte
La nouvelle stratégie reconnaît que la confrontation avec la Chine est avant tout industrielle, technologique et économique. Pékin concentre 31 % de la production industrielle mondiale, contrôle 42 % des chaînes d'approvisionnement avancées et a investi plus de 70 milliards de dollars dans l'intelligence artificielle au cours de l'année écoulée.
Concernant la Russie, le document souligne que le désengagement relatif des Etats-Unis en Europe lui offre une marge de manœuvre accrue sur les plans économique et géopolitique, sans pour autant annoncer une rupture totale de l'influence américaine sur le continent.
Un monde qui entre dans l'ère post-mondialisation
La nouvelle Stratégie de sécurité nationale américaine consacre l'entrée du monde dans une phase post-mondialisation. Elle annonce la fin de l'ancienne globalisation, la priorité absolue accordée à l'économie nationale, la réduction des engagements militaires, l'ascension de l'Asie comme pôle central de croissance et l'émergence d'alliances fondées sur les intérêts économiques plutôt que sur les valeurs politiques.
Pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, le message est sans ambiguïté : seuls les pays capables de proposer une valeur économique réelle, des partenariats industriels crédibles et une intégration stratégique aux nouvelles chaînes de valeur mondiales pourront s'imposer dans le système international en gestation.
Cette stratégie marque un tournant historique qui redessinera les rapports de force économiques mondiaux au cours de la prochaine décennie et obligera chaque Etat à repenser ses priorités selon une logique de souveraineté, de compétitivité et d'intérêts nationaux.
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