The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Les Etats-Unis se sont longtemps présentés comme la référence mondiale en matière de technologies militaires avancées, un modèle que le reste du monde cherchait à imiter. Pourtant, selon une analyse publiée par le magazine américain The National Interest, cette certitude est aujourd'hui remise en question, notamment dans le domaine stratégique des drones militaires. L'article met en lumière un renversement de situation inédit : la première puissance militaire mondiale se retrouve contrainte de s'inspirer directement des innovations de ses adversaires, en particulier de l'Iran, devenu en quelques années un acteur central dans la conception de drones suicides à bas coût et à forte efficacité opérationnelle. L'Iran, nouvel acteur incontournable de la guerre des drones Selon National Interest, plusieurs pays, alliés comme rivaux des Etats-Unis, parmi lesquels la Chine, la Russie, la Turquie et l'Ukraine, ont investi massivement dans les technologies de drones ces dernières années. Dans le même temps, Washington aurait tardé à renouveler ses approches, s'appuyant sur ses acquis passés. Le journaliste et analyste en sécurité nationale Brandon Weichert explique que ce retard a conduit le Corps des Marines américains à développer un nouveau système de drone de combat baptisé « LUCAS », une plateforme non habitée à vocation offensive et à faible coût. « LUCAS », une copie assumée du modèle iranien D'après l'auteur, la plateforme américaine LUCAS n'est rien d'autre qu'une copie quasi conforme, issue d'un processus de rétro-ingénierie, de la célèbre drone iranien Shahed-136. Une situation qualifiée de « paradoxe historique ». L'Iran avait en effet lancé son propre programme de drones après avoir procédé, en 2011, à l'ingénierie inverse d'un drone furtif américain RQ-170, intercepté sur son territoire. Quinze ans plus tard, ce sont désormais les Etats-Unis qui reproduisent un modèle iranien, reconnaissant implicitement l'efficacité de cette technologie. Un coût réduit et une stratégie de production de masse La drone LUCAS se distinguerait par un coût unitaire d'environ 35 000 dollars, un montant très inférieur à celui des drones américains traditionnels. Le Pentagone entend s'appuyer sur ce modèle pour adopter une stratégie de production de masse, inspirée des méthodes industrielles utilisées durant la Seconde Guerre mondiale pour la construction navale. Le programme prévoit également l'intégration de l'intelligence artificielle, permettant à la drone d'identifier ses cibles et de les engager de manière autonome, un changement doctrinal majeur dans l'usage des systèmes d'armes non habités. Une remise en cause du discours sur le « retard iranien » Pour Brandon Weichert, ce choix stratégique fragilise le discours officiel américain présentant l'Iran comme un pays technologiquement arriéré. Le succès des tests menés par l'armée américaine dans l'Etat de l'Arizona ouvrirait même la voie à un déploiement opérationnel sur plusieurs théâtres, du Pacifique à l'Europe. Selon l'analyste, copier une arme iranienne ne constitue pas seulement une réponse tactique, mais représente un aveu implicite de la montée en puissance technologique de Téhéran, appelant à une réévaluation globale de la menace militaire iranienne. Une nouvelle génération de drones iraniens encore plus performante L'article souligne enfin que l'Iran ne s'est pas arrêté à la version initiale du Shahed. Une version avancée, baptisée Shahed-136B, a été développée par la force aérospatiale des Gardiens de la révolution. Cette version serait capable de voler entre 16 et 20 heures, avec un rayon d'action pouvant atteindre 4 000 kilomètres. Elle embarque une charge explosive de 50 kilogrammes et intègre des protections thermiques destinées à réduire la signature infrarouge du moteur, compliquant sa détection par les systèmes radar et les défenses antiaériennes. Fiche technique : la drone iranien Shahed-136 La Shahed-136 est une drone dite « suicide », conçue pour exploser à proximité de sa cible. Elle a été dévoilée en 2020, dispose d'un rayon d'action de 2 000 kilomètres, mesure 3,5 mètres de long pour une envergure de 2,5 mètres, et pèse environ 200 kilogrammes. Elle peut voler à une vitesse supérieure à 185 km/h et est équipée d'une charge explosive intégrée permettant une destruction ciblée. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!