The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Chasse le naturel… Promoteur immobilier il fut, promoteur il restera après ses deux mandats à la tête de la première puissance de la planète. Le président Donald Trump l'assume à la face du monde : il fera de Gaza ce qu'il voudra – qui l'en empêchera ? -, c'est son terrain de jeu. On croyait qu'il en avait terminé avec ses rêves fous de « riviera » dans cette terre qui n'a connu que malheurs et souffrances, et bien non, le républicain remet ça… «Je vais avoir beaucoup de succès à Gaza, ça va être beau à voir», a clamé le président américain alors qu'il officialisait à Davos son «Conseil de la Paix» et son plan pour faire de l'enclave palestinienne détruite à 80% un complexe luxueux de gratte-ciels en bord de mer. Rien que ça. «Je suis un promoteur immobilier dans l'âme [...] et j'ai dit, regardez ce site en bord de mer, regardez ce superbe lot foncier, ce que ce pourrait être pour tant de gens», a-t-il dit fièrement, flanqué de son gendre Jared Kushner, qui s'agite par ailleurs dans un tas de dossiers brûlants (l'Ukraine par exemple). L'affairiste de 45 ans est lui aussi d'avis que ce «maître projet» aura un «succès effrayant». Puis il a déballé des esquisses de tours d'appartements avec terrasse juchée sur une allée ombragée. Kushner a déclaré que ces habitats somptueux prendraient la place des gravats qui s'amoncellent depuis la riposte d'Israël à l'attaque du 7 octobre 2023. «Au Moyen-Orient ils construisent des villes comme ça, pour deux ou trois millions de personnes, ils le font en trois ans», a argué le gendre de Trump. «C'est faisable en trois ans si nous voulons que ce le soit», a-t-il ajouté, évaluant à 25 milliards de dollars les financements nécessaires pour rebâtir les infrastructures et les services publics du territoire palestinien. « 25 milliards de dollars« , tiens donc ; la cotisation, en espèces, pour siéger au Conseil de la Paix c'est un 1 milliard de dollars, pour un mandat de 3 ans renouvelable selon le bon vouloir de Trump. Pour ceux qui veulent s'assurer un « siège permanent » (enfin, on n'a rien de précis sur ça) c'est plus de 1 milliard $ l'année suivant l'intégration… Il se dit qu'une vingtaine de dirigeants se sont embarqués dans le train de Washington, la mise totale monte presque autant que l'argent qu'il faut pour retaper l'enclave palestinienne. Donc à priori Trump aura les sous qu'il lui faut. Pour le reste, le «Comité national pour l'administration de Gaza», placé sous l'autorité du Conseil de la Paix, a été approché par le promoteur immobilier israélien Yakir Gabay, a confié Kushner. «Il s'est porté volontaire pas pour le profit, mais vraiment en écoutant son cœur», s'est-il empressé de préciser… Bon, personne n'est obligé de le croire sur cette histoire de philanthropie, ce n'est pas le genre de la maison. Là où il y a Trump il y a forcément de la rentabilité dans l'air. «Donc dans les 100 jours à venir nous allons continuer, sans relever l'échine, à nous assurer que cela se réalise», a martelé son gendre. Enfin il a assuré que le désarmement total du Hamas, la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu scellé en octobre dernier, abattra les réticences des investisseurs et des donateurs. Nous verrons bien. Ce qui est certain c'est que tous ces beaux immeubles seront hors de portée des Gazaouis. Qu'est-ce que le président américain fera des résidents qui refuseront de décamper ? Mystère… Les leaders arabes avaient freiné des quatre fers pour les projets de Trump parce qu'il s'agissait au départ de déporter les Palestiniens. Il se trouve que les mêmes qui avaient bloqué le républicain acceptent maintenant de décaisser chacun 1 milliard de dollars. Donc sur cette affaire le président américain a eu des revers cinglants mais aussi des succès. Est-ce que le roi du Maroc – Président du Comité Al Qods -, le président égyptien, le prince héritier saoudien et compagnie assumeront ce que Trump fera de Gaza et des Gazaouis ? C'est ça la question. Les Européens ont refusé de s'associer à ce Conseil de la Paix parce que ses desseins sont flous, aussi bien à Gaza que dans les autres grands dossiers, même si le président américain a assuré au Forum de Davos qu'il collaborera avec l'ONU, qu'il veut pourtant démolir. Comprenne qui peut. En tout cas ce qu'il est important de noter c'est que les Européens – la France surtout – ont fait preuve de circonspection et de courage, pas les Arabes. L'histoire jugera.
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