The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Célébrée chaque 14 février à travers le monde, la Saint-Valentin continue de susciter le débat dans plusieurs sociétés, notamment arabes. Entre ceux qui la considèrent comme une tradition occidentale et ceux qui dénoncent une fête devenue essentiellement commerciale, cette occasion ne laisse pas indifférent. Intervenant à ce sujet dans une déclaration accordée à Tunisie Numérique, le sociologue Sami Nasr a estimé que cette question est désormais entourée d'une certaine sensibilité, car elle met en lumière « de nombreuses contradictions sociales » révélatrices d'un problème sociologique au sein de la société tunisienne. Une société plus à l'aise avec le conflit qu'avec l'amour Selon Nasr, le Tunisien semble aujourd'hui éprouver un plus grand confort à aborder des sujets marqués par la rancœur, la critique acerbe ou encore la diabolisation de l'autre — une culture qui se serait installée au fil des années — alors qu'il rencontre davantage de difficultés à parler d'amour. Il explique que ce phénomène s'est accentué ces dernières années, dans un contexte où la société serait de plus en plus structurée autour de la « diabolisation et de la contre-diabolisation ». Les acteurs qui suscitent la polémique et attirent le plus d'audience bénéficient souvent du plus grand soutien, une dynamique observable même dans les différends entre célébrités, où se forme ce qu'il appelle un « public des scandales ». Dans ce contexte, évoquer la Saint-Valentin constitue, selon lui, une forme de défi et une rupture avec une certaine routine culturelle ancrée dans les mentalités. Une fête portée par une forte dynamique économique Le sociologue souligne également que les différentes célébrations, dont la fête des amoureux, génèrent une importante activité économique, particulièrement sur les réseaux sociaux. Les Tunisiens feraient preuve de créativité pour exploiter ces occasions et en tirer des revenus. Il estime que ces moments deviennent presque une nécessité face aux difficultés de la vie quotidienne et à un contexte économique éprouvant. Pour certains, la Saint-Valentin représente ainsi une opportunité d'échapper, ne serait-ce que temporairement, à la pression ambiante, y compris dans l'espace virtuel. Entre quête de joie et logique commerciale Concernant les critiques liées à la dimension mercantile de cette fête, Nasr rappelle que la valeur matérielle des cadeaux varie selon le pouvoir d'achat de chacun. Dans un climat qu'il qualifie de marqué par diverses formes d'anxiété — y compris face aux changements climatiques — cette célébration peut constituer une parenthèse de joie, même si certains y voient avant tout une opportunité financière. La difficulté d'exprimer ses émotions Pour Sami Nasr, le véritable enjeu réside aujourd'hui dans la manière d'exprimer les sentiments. Le Tunisien aurait encore du mal à verbaliser ses émotions ou pourrait ressentir une forme de gêne à le faire. Il évoque également un conflit générationnel persistant : les jeunes adoptent généralement des attitudes plus souples envers ce type de célébrations, tandis que les générations plus âgées éprouvent davantage de difficultés à s'y adapter. Cette différence s'expliquerait notamment par l'évolution des mentalités et des références culturelles. S'appuyant sur le concept de « programmation mentale » développé par Jacob L. Moreno, le sociologue explique que les comportements individuels sont façonnés par les cadres culturels transmis. Ainsi, les générations plus âgées auraient hérité de leurs schémas auprès des ancêtres, alors que les jeunes construisent en grande partie les leurs à travers les réseaux sociaux — une divergence qui illustre, selon lui, les transformations profondes de la société tunisienne. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!