Le blog en direct est terminé. Aucune mise à jour du blog en direct pour le moment. Lorsque Donald Trump a défendu l'offensive contre l'Iran lors d'une conférence de presse, il a avancé un argument inattendu : cette guerre, a-t-il affirmé, serait menée « pour les autres régions du monde ». Au-delà de la justification politique, une réalité s'impose désormais : les conséquences du conflit dépassent largement le Moyen-Orient. La perturbation des flux énergétiques et industriels s'étend déjà à plusieurs continents, provoquant ce que certains analystes décrivent comme la plus grave crise énergétique depuis les années 1970. Un choc pétrolier d'une ampleur historique Le point de départ de cette onde de choc se situe dans le détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part essentielle des exportations d'hydrocarbures du Golfe. Depuis le déclenchement de la guerre, la circulation du pétrole et du gaz y est fortement perturbée. L'Agence internationale de l'énergie estime que l'offre mondiale pourrait reculer d'environ 8 millions de barils par jour, soit près de 8 % de la production mondiale. Pour atténuer le choc, les pays membres de l'AIE ont décidé de libérer 400 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques, une intervention exceptionnelle destinée à stabiliser les marchés. Dans les pays producteurs, les conséquences sont immédiates. L'Arabie saoudite a réduit sa production à 8 millions de barils par jour, contre 10,882 millions avant la crise. En Irak, certains champs pétroliers ont vu leur activité chuter de 70 %, tandis que la production totale s'est contractée autour de 1,4 million de barils par jour. Le Qatar, acteur clé du gaz naturel liquéfié représentant près de 20 % du marché mondial, a invoqué la force majeure sur certaines exportations. Le Koweït et Bahreïn ont également dû réduire leurs activités énergétiques. Une crise qui dépasse largement le pétrole Mais la crise ne se limite pas aux carburants. Elle touche l'ensemble de l'économie industrielle mondiale. Le détroit d'Ormuz est également un passage vital pour le commerce des engrais, dont environ un tiers transite par cette route maritime. Toute perturbation dans cette zone se répercute donc directement sur l'agriculture mondiale. Dans l'industrie chimique et pétrochimique, les premières secousses apparaissent déjà. Au Japon, le groupe Mitsui Chemicals a commencé à réduire sa production dans ses installations d'Osaka et d'Ichihara, faute d'approvisionnement en naphta provenant du Moyen-Orient. Dans l'aluminium, le géant qatari Qatalum a suspendu une partie de sa production après des difficultés d'approvisionnement en gaz, tandis que Norsk Hydro a déclenché une force majeure auprès de ses clients. Ces perturbations illustrent un phénomène classique mais redoutable : lorsqu'une crise énergétique éclate, elle se propage rapidement à toute la chaîne industrielle mondiale. L'onde de choc atteint déjà l'Asie Les effets de la crise sont particulièrement visibles en Asie, où plusieurs gouvernements ont déjà adopté des mesures d'urgence pour limiter l'impact énergétique. Au Bangladesh, les autorités ont décidé de fermer prématurément les universités afin d'économiser l'électricité. Le pays, qui dépend des importations pour 95 % de son énergie, a également suspendu l'activité de quatre de ses cinq usines publiques d'engrais afin de rediriger le gaz vers la production d'électricité. Au Vietnam, les autorités encouragent désormais le télétravail pour réduire la consommation de carburant. Depuis le début de la crise, les prix ont bondi de 32 % pour l'essence, 56 % pour le diesel et 80 % pour le kérosène. Aux Philippines, le gouvernement a instauré une semaine de travail de quatre jours dans l'administration afin de limiter les déplacements et la consommation énergétique. Au Pakistan, la réaction a pris une autre forme : les prix du carburant ont été relevés d'environ 20 % afin de réduire la demande et préserver les stocks de diesel utilisés par les transports publics et le secteur logistique. Une crise énergétique aux répercussions mondiales Ce qui se dessine aujourd'hui dépasse la simple flambée des prix du pétrole. La perturbation du détroit d'Ormuz affecte simultanément l'énergie, les matières premières industrielles, les engrais et les chaînes logistiques mondiales. Lorsque ces flux se contractent, les conséquences apparaissent rapidement : des usines ralentissent, des gouvernements rationnent l'énergie, les transports deviennent plus coûteux et certaines activités économiques doivent s'adapter dans l'urgence. En quelques semaines seulement, la guerre au Moyen-Orient s'est ainsi transformée en crise énergétique mondiale, dont les répercussions se font sentir jusque dans les écoles, les entreprises et les foyers situés à des milliers de kilomètres du front. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!