Article réservé aux abonnés Le blog en direct est terminé. Aucune mise à jour du blog en direct pour le moment. Depuis la fin février 2026, les frappes américano-israéliennes sur l'Iran ont transformé le détroit d'Ormuz en zone de guerre. En quelques jours, le trafic maritime y a chuté de 97%. Or ce goulot d'étranglement, large d'à peine 40 kilomètres à son point le plus resserré, ne concentre pas seulement un cinquième du pétrole mondial : il est aussi l'axe nerveux de la production mondiale d'engrais. Un tiers du commerce maritime de fertilisants y transite, et avec lui, la capacité d'une large partie de la planète à nourrir ses populations. La guerre au Moyen-Orient est en train de déclencher une crise agricole et alimentaire dont les effets s'annoncent durables et profonds. La sous-estimation de la portée agricole Le détroit d'Ormuz est bien connu comme artère énergétique. En 2025, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), quelque 20,1 millions de barils de pétrole brut le traversaient chaque jour, représentant environ 20% de la consommation mondiale. Mais ce que les opinions publiques mesurent moins bien, c'est son rôle tout aussi déterminant dans l'approvisionnement en intrants agricoles. Selon l'UNCTAD (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement), un tiers du commerce maritime mondial de toutes les catégories de fertilisants emprunte cette voie. Les pays du Golfe persique à savoir le Qatar, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l'Iran représentent à eux seuls entre 43 et 49% des exportations mondiales d'urée, environ 30% des exportations mondiales d'ammoniac et jusqu'à 44% du soufre maritime, un intrant indispensable à la fabrication des engrais phosphatés. Presque l'intégralité de ces volumes doit franchir le détroit pour rejoindre les marchés asiatiques, africains ou européens. La raison de cette concentration est géologique et économique : la région du Golfe dispose de réserves de gaz naturel parmi les plus abondantes et les moins chères au monde, et le gaz naturel est précisément la matière première de base pour produire l'ammoniac, lui-même nécessaire à la fabrication des engrais azotés. Ces engrais azotés, urée en tête, contribuent à la moitié de la production agricole mondiale. Autrement dit, la fermeture d'Ormuz ne prive pas seulement le monde de carburant : elle menace directement la capacité de millions d'agriculteurs à labourer, semer et récolter dans les mois qui viennent. L'onde de choc sur les marchés La réaction des marchés a été immédiate. Le cours américain de l'urée - engrais azoté de loin le plus utilisé dans la culture du maïs et du blé - a bondi en quelques jours de 100 dollars la tonne à 570 dollars, surpassant le précédent record d'octobre 2022 atteint au plus fort des perturbations liées à la guerre en Ukraine. Vous avez envie de lire la suite Abonnez-vous et débloquez tous les articles S'abonner Déjà abonné ? Connectez-vous Connexion Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!