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Tunisie-France : Le DG de l'OFII à Tunis pour officialiser les milliers d'emplois proposés et consolider l'avenir
Publié dans Tunisie Numérique le 02 - 01 - 2026


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Les liens historiques entre la Tunisie et la France se raffermissent au fil du temps. Ces relations protéiformes vont du partenariat économique, très solide et très dense, à la coopération universitaire, à travers ces 15 000 étudiants tunisiens qui poursuivent leur cursus dans l'Hexagone. Autant d'ambassadeurs de la Tunisie en France. Les deux pays partagent le même idéal de développement et de promotion des valeurs universelles, d'ailleurs Tunis sera un des acteurs des 4 grands événements internationaux sur l'agenda de l'exécutif français en 2026. Le Forum tuniso-européen de THAMM – OFII (Office Français de l'Immigration et de l'Intégration) a été l'occasion de marteler le caractère exceptionnel de ces liens. Le 8 avril 2026 l'OFII a lancé à Tunis THAMM+ la deuxième phase du projet financé par l'Union européenne (UE), sous l'égide du ministre de l'Emploi et de la Formation Professionnelle. À terme 2500 jeunes Tunisiens seront recrutés d'ici 2029. Le Directeur général de l'OFII France, M. Didier Leschi, était à Tunis pour l'événement. Il a accordé un entretien à l'Agence de presse officielle.
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M. Leschi a dit ceci sur les enjeux de la coopération migratoire entre la Tunisie, la France et l'UE :
« L'Office français de l'immigration et de l'intégration est présent en Tunisie depuis une soixante d'années, ça résulte d'accords qui ont été passés au début des années 60 et l'OFII est physiquement présent depuis 1969. Et en ce qui me concerne c'est comme directeur général ma quatrième visite ici en Tunisie, parce que la Tunisie est un partenaire important, et je tenais à venir justement pour cette 2e phase d'un programme particulier sur lequel nous reviendrons, qui est le programme THAMM.
L'OFII organise plusieurs choses, d'abord l'OFII est dans la procédure de regroupement familial, puisqu'il y a en France une forte communauté tunisienne, avec régulièrement des personnes qui font venir des conjoints ou des conjointes. Voilà. L'OFII organise aussi l'immigration de travail, en général et en particulier en ce qui concerne les personnes qualifiées dans toute une série de secteurs d'activités. Plus les saisonniers, qui est une dimension importante, près de 5000 saisonniers en 2025 sont partis par le biais de l'OFII jusqu'en France, pour l'agriculture essentiellement.
Et puis l'OFII organise le suivi des personnes qui volontairement décident de revenir de France parce qu'elles n'ont pas obtenu un titre de séjour, ou elles ne relevaient pas d'un titre de séjour. La Tunisie c'est en 2025, 20 000 titres de séjour, 116 000 visas, c'est un des pays en proportion des habitants qui a le plus de visas. C'est le pays du Maghreb qui obtient le plus de visas par habitant, à peu près un visa pour 110 habitants, 111 très exactement. Et puis 20 000 personnes, et alors la particularité de la Tunisie c'est qu'il y a en gros 1/3 de 35% de personnes qui obtiennent des visas au titre du travail…
Après à peu près autant au titre de la famille, et après le 3e groupe ce sont les étudiants, hein beaucoup d'étudiants viennent jusqu'en France pour parfaire leurs formations, pour commencer une formation initiale ».
Les besoins du marché du travail français mais également tunisien
Au sujet de la 2e phase de THAMM+, M. Leschi a dit ceci :
« Ce projet a été lancé en présence, et c'est pour nous important, du ministre du Travail et de la Formation professionnelle et ainsi que le représentant de l'Union européenne. Tout l'enjeu, pour la France mais pour d'autres pays, c'est à la fois de voir comment des personnes se qualifient, c'est-à-dire se professionnalisent dans des pays de départ comme la Tunisie pour répondre à des besoins spécifiques du marché du travail français, mais aussi à des besoins du marché du travail tunisien…
C'est pour ça que les programmes que nous mettons en place sont des programmes de formation qui peuvent bénéficier à des personnes qui vont partir en France ou des personnes qui après ou pendant resteront en Tunisie pour répondre au marché de l'emploi tunisien, qui a besoin aussi de personnes qualifiées. Et donc là l'enjeu c'est 2500 personnes qui partiraient vers la France sur des métiers qui sont l'aide à la personne ou d'autres secteurs.
C'est dans le cadre d'un programme qui irait jusqu'en 2029. Donc voilà ce qui pourrait se faire sur plusieurs années en fait. Tout l'enjeu c'est de limiter le départ des personnes qui n'ont pas de perspective dans une situation française qui n'est pas toujours des meilleures. Nous avons comme d'autres pays des transformations du mode de production, comme on dit c'est l'intelligence artificielle, vous en parlez en Tunisie, nous en parlons en France. Ça modifie les conditions de travail. On a besoin de personnes qualifiées.
D'une certaine manière les personnes qui ne sont pas qualifiées et qui veulent absolument aller en France vont se retrouver dans une impasse. Et c'est pour ça que dans le même temps nous avons ces programmes de retour volontaire. Ce matin j'ai visité des personnes qui ont bénéficié d'une aide au retour volontaire et qui en même temps du micro-crédit, c'est-à-dire qui peuvent s'installer et développer une activité économique.
Veiller à ce que les compétences tunisiennes ne partent pas systématiquement
Tout l'enjeu aussi c'est de répondre à des offres d'emploi. Nous savons qu'il y a des offres d'emploi qui s'adressent en particulier à des Tunisiens, parce que il y a dans certaines formations une excellence tunisienne, indéniablement, qui ne trouve pas toujours un débouché en Tunisie et qui veut pouvoir faire bénéficier de sa qualification dans d'autres pays, dont la France. Je pense aux ingénieurs…
Après il faut faire attention que les rapports entre la France et la Tunisie n'aboutissent pas à une situation où par exemple les compétences partiraient systématiquement, alors qu'elles peuvent être utiles aussi en Tunisie. C'est un équilibre à trouver, et c'est pour ça que nous parlons de migration circulaire. Voilà.
Les secteurs prioritaire c'est l'agriculture, avec des compétences spécifiques qui peuvent être portées par des jeunes en particulier, l'industrie, le transport, le soin, l'aide à la personne, la restauration. Nous avons besoins de compétences techniques pour réindustrialiser la France et qu'on peut trouver ici, comme on les trouve parfois dans d'autres pays, mais l'avantage c'est qu'on a avec la Tunisie un partenariat de longue durée, un apprentissage du français qui existe ».
Ensuite le patron de l'OFII est revenu sur le bilan du 1er programme THAMM, qu'il avait lancé en 2022 en Tunisie.
« 500 ont obtenu un contrat de longue durée, plus de 1000 personnes formées, certaines pour justement pouvoir honorer ces contrats, et d'autres pour être employées ici en Tunisie. Et c'est ça l'avantage du programme THAMM, la volonté d'investissement de l'Union européenne et de la France, c'est de permettre aussi la montée en qualification de personnes qui peuvent se trouver pour répondre aux besoins des deux pays. L'idée n'est pas d'être à sens unique.
La Tunisie est un partenaire fiable, un avantage par rapport à d'autres pays
Les autorités tunisiennes, l'ANETI, le ministère du Travail et de la Formation professionnelle sont pour nous des partenaires fiables, voilà. C'est ça l'avantage de la Tunisie par rapport à d'autres pays, c'est d'être un partenaire fiable et qui est en capacité de nous présenter des personnes qui auront soit un minimum de compétences, soit auront la volonté de se former pour répondre à nos besoins. Il y a la volonté avec les autorités tunisiennes de faire en sorte que les personnes viennent de toutes les régions. Ça c'est une demande des autorités tunisiennes que nous satisfaisons.
Là on augmente en volume, ça c'est important. La deuxième chose c'est qu'il y a une volonté de digitaliser la procédure administrative. Il faut qu'on puisse nous du côte français peut-être avoir plus de rapidité administrative parfois. Je pense en particulier, je pense en particulier pour les transporteurs. On a des problèmes spécifiques liés à la législation européenne qui oblige les personnes à avoir une formation initiale validée par l'Europe pour après être conducteur de poids lourds.
Ce programme est considéré par l'Union européenne, et c'est une fierté qu'on peut partager entre la Tunisie et la France, comme étant exemplaire. Nous notre but n'est pas que tous les médecins tunisiens partent en France, c'est pas ça l'enjeu, voilà, et ça serait pas bon pour la Tunisie et c'est pas bon pour la France. Donc voilà, et c'est dans les deux sens.
Nous voulons faire en sorte aussi que la diaspora tunisienne se préoccupe du développement de la Tunisie. Parce que quand elle est employée en France elle fait bénéficier à la France ses compétences, mais à un moment donné, et c'est logique, les autorités tunisiennes ont besoin aussi dans le cadre de leur schéma de développement économique, qu'elles sont en train de réfléchir dans une nouvelle phase, et bien puissent bénéficier des compétences accumulées par les personnes qui sont parties travailler en France.
Tout l'enjeu des flux migratoires aujourd'hui (…) c'est qu'il n'y ait pas le sentiment au sein des populations que nous aspirons des compétences dans une vision égoïste. L'enjeu n'est pas l'égoïsme parce que nous aurions des problèmes démographiques ou parce que nous mêmes nous n'aurions pas un système de formation suffisamment performant pour répondre à l'ensemble de nos besoins ».
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