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La pression des USA et de l'UE sur Saied précipitera la fin de Ennahdha & Co
Publié dans Tunisie Numérique le 30 - 11 - 2021

L'activation de décrets-lois pour se conformer aux conclusions du rapport de la Cour des comptes sur les graves infractions électorales… L'affaire est de la plus haute importante pour la reconfiguration du paysage politique tunisien, et institutionnel à terme. Pourtant elle a été un peu noyée par le torrent de paroles du chef de l'Etat, Kais Saied, dans sa dernière allocution. Mais il faut dire aussi que très astucieusement, Saied l'a glissée à la toute fin. Parce qu'il sait mieux que tout le monde les implications de ce dossier explosif qu'il ressort du placard, donc il le manie avec d'infinies précautions. Paradoxalement l'activisme de ses opposants pourrait le servir…
Ce que Saied n'avait pas prévu, ses adversaires aussi
Pour planter le décor, il s'agit de décider du sort politique du mouvement qui est sorti majoritaire – majorité relative – de tous les scrutins depuis 2011, quoiqu'en perte de vitesse élection après élection : Ennahdha. C'est de l'avenir de ce dernier et de celui de son satellite, Al Karama, dont il s'agit ; vient ensuite Qalb Tounes. Donc une affaire de ce type ne peut pas être minorée, et la complexité juridique de la chose en rajoute. Mais paradoxalement la pression tous azimuts sur le président de la République (celle des opposants décimés, celle des Etats-Unis, celle de l'Union européenne…) pourrait précipiter la fin politique des protagonistes de cette affaire.
Kais Saied avait décidé de prendre tout son temps pour mener tranquillement sa petite barque. Et évidemment le temps du chef de l'Etat, enseignant universitaire dans l'âme habitué à fignoler doucement ses cours magistraux, n'est pas le temps de l'économie, de la politique, des institutions. Comme il a été rattrapé par les urgences économiques au point d'enterrer la parole donnée dans la Loi n°38, il a été rattrapé par les urgences politiques. Il est obligé de faire mouvement. D'où pour lui l'urgence de liquider rapidement ses adversaires politiques avant de faire sauter les verrous qu'il a posés sur les élections anticipées, la reprise des travaux parlementaires, etc.
Les pièges de l'institution parlementaire et du Dialogue national
Le président de la République n'a pas décrété la mort officielle du Parlement parce qu'il sait pertinemment que ça allait l'obliger à convoquer automatiquement des élections, auxquelles participeraient nécessairement les islamistes. Et qui sait le score qu'ils sont capables de réaliser, même en recul par rapport aux "exploits" de l'après-Révolution. Donc Kais Saied doit absolument terminer son entreprise de nettoyage s'il veut se dégager la voie pour le régime présidentiel dont il caresse le rêve…
Le même problème se pose pour le Dialogue national new look qu'envisage le locataire du palais de Carthage. Ce dernier a mis le frein sur cette affaire parce qu'en l'état il serait obligé d'y intégrer ses ennemis politiques : Ennahdha, Qalb Tounes, Al Karama… Puisque rien juridiquement n'empêche ces derniers d'y prendre part, puisqu'ils sont défendus par les partenaires étrangers de la Tunisie, même si ces derniers n'ignorent rien des dégâts que Rached Ghannouchi et compagnie ont provoqués dans le pays. Saied n'a pas le choix : il devra neutraliser ses adversaires avant de lancer ses invitations pour son Dialogue national, dialogue qui est censé refaçonner le paysage institutionnel vers le régime présidentiel qu'il appelle de ses voeux.
Le boulet de l'état d'exception
Kais Saied a promis d'écourter la durée de l'état d'exception. Mais ce qu'il n'a pas dit – il ne pouvait pas au risque de provoquer un scandale international – c'est que ça signifie aussi faire place nette avant un retour à la normale. Il ne peut pas laisser le paysage politique tel quel, sans que la main de la justice ne s'abatte définitivement sur ses adversaires pour les écarter. Sinon à quoi servirait tout ce qu'a fait le chef de l'Etat depuis le 25 juillet 2021 ? S'il laisse le même personnel politique se réinstaller, il perdra le soutien de ses partisans, sa crédibilité auprès des électeurs et atomisera son avenir politique…
Kais Saied a laissé la mayonnaise parlementaire monter pour s'assurer que les citoyens en auront soupé des incartades de leurs élus, et que quand la fin de la récréation sera sifflée, personne ne bronchera dans la rue. Personne à part les têtes qu'il a coupées évidemment. Il ne s'attendait peut-être pas au tolet international que ça allait provoquer. Il a peut-être sous-estimé la capacité de ses adversaires à provoquer une bronca en Europe et aux USA, il a sous-estimé l'importance pour les organisations internationales de certains acquis dits démocratiques, même mineurs. De ce point de vue Saied a commis une faute politique majeure. Sa fenêtre de tir se rétrécit au fil du temps, il devra agir rapidement s'il veut effacer le sourire de ses adversaires suite au coup de pression américain…

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