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Céréales : Que donnera Poutine aux Africains au Sommet de Saint-Pétersbourg, eux qu'il affame pour obtenir la levée des sanctions internationales?
Publié dans Tunisie Numérique le 20 - 07 - 2023

79 pays et 349 millions de personnes dans le monde dépendent des exportations de céréales qui transitent par la mer Noire. C'est énorme. C'est la raison pour laquelle la Turquie et l'ONU se sont démenées pour arracher un accord entre les deux pays en guerre, la Russie et l'Ukraine. Parmi ceux dont la sécurité alimentaire dépend directement de ces navires de céréales il y a beaucoup d'Africains, théoriquement des "amis" du président russe, Vladimir Poutine. Qu'est-ce qu'il va leur raconter dans quelques jours, au Sommet Russie-Afrique à Saint-Pétersbourg, alors que Moscou vient de sabrer l'accord qui a permis de sécuriser le transport de 33 millions de tonnes de céréales en un an ?
Une catastrophe pour l'Ukraine, l'Afrique, le monde
Quand Poutine a accepté en juillet 2022 de parapher l'accord, pressé par son partenaire turc, Recep Tayyip Erdogan, c'était pour que ses propres bateaux bourrés de céréales, d'engrais et que sais-je encore retrouvent les routes de l'export, bloquées par l'embargo occidental. Le Kremlin dans cette affaire n'avait d'yeux que pour ses intérêts, et pas la faim dans le monde et tout le toutim. Maintenant il paralyse tout – y compris la nourriture de ses "amis africains" – au motif que les Occidentaux entravent ses propres intérêts.
Dans ce dossier Poutine n'a pas eu une petite pensée et encore moins un mot pour l'Afrique. Ça viendra peut-être mais pour le moment motus. Ce qu'on a ce sont les menaces du ministère russe de la Défense, terribles. «Tous les navires naviguant dans les eaux de la mer Noire à destination des ports ukrainiens seront considérés comme des bateaux transportant potentiellement des cargaisons militaires»…
En conséquence «les pays du pavillon de ces navires seront considérés comme parties prenantes du conflit», dit le communiqué, certainement validé mot par mot par le président russe, comme d'ailleurs tout ce qui se fait à Moscou.
Les USA ont une toute autre lecture de ces événements. Ils voient dans ce coup de sang du Kremlin une indignation feinte pour étendre "son ciblage" afin d'"inclure des attaques sur des bateaux civils", pour ensuite «faire porter la responsabilité de ces attaques à l'Ukraine». Ces conclusions sont basées sur des documents des renseignements fraîchement déclassifiés, a indiqué Adam Hodge, porte-parole du Conseil de sécurité national américain, cité par HuffPost.
«Nos informations indiquent que la Russie a posé de nouvelles mines aux abords des ports ukrainiens (…). Nous pensons que cela fait partie d'un effort bien coordonné visant à justifier toute attaque contre des bateaux civils dans la mer Noire et faire porter la responsabilité de ces attaques à l'Ukraine», a précisé la même source.
À ce "jeu-là" Poutine est le plus fort
Et d'une certaine façon Poutine a réussi son coup. Depuis l'expiration de l'accord sur les céréales, le 18 juillet, «il n'y a plus aucun armateur prêt à aller là-bas», a confié Frédéric Denefle, directeur général du groupement Garex, spécialiste de l'assurance des risques induits par les conflits. Lui comme d'autres assureurs ont mis un terme à la couverture des risques dans la zone.
«On a arrêté de couvrir les voyages» vers les trois ports du corridor, Odessa, Tchornomorsk et Yuzni, a-t-il ajouté. S'il est «difficile d'identifier ce que font les concurrents (…) il est certain que tous les marchés considèrent qu'il y a un danger supplémentaire et que maintenant que le corridor est suspendu, ce sera beaucoup plus difficile d'assurer», a-t-il ajouté.
Et effectivement "la terreur russe" monte en intensité à Odessa, le grand port de la mer Noire ; dans la nuit de mardi à mercredi plus de 60 000 tonnes de céréales ont été pulvérisées par des bombardements à Tchornomorsk, où «il faudra au moins un an pour réparer intégralement les infrastructures endommagées» d'après Kiev.
L'artillerie et l'aviation russes ont remis ça dans la nuit de mercredi à jeudi, sur «les terminaux céréaliers et les infrastructures portuaires» des ports d'Odessa et de Tchornomorsk, «les silos et les quais du port d'Odessa»…
L'Afrique sera encore le dindon de la farce, quant à l'Occident…
Et ce que voulait Poutine commence à arriver : les prix du blé ont bondi de +8% hier mercredi, à 253,75 euros la tonne, sur le marché européen. C'est exactement ce que voulait éviter le président sénégalais et président en exercice de l'Union africaine, Macky Sall, quand il est venu voir Poutine en juin 2022. Et c'est aussi en partie c'est qu'est venue négocier la délégation africaine en juin dernier, conduite par le président sud-africain, un allié du maître du Kremlin.
Mais est-ce que ce dernier fait cas de la sécurité alimentaire des Africains ? Pas le moins du monde. Il a redit hier mercredi qu'il est disposé à rétablir immédiatement l'accord sur les céréales si ses exigences sont satisfaites «dans leur totalité». Et parmi ces conditions il y en a une nouvelle, de taille : la connexion immédiate de la Rosselkhozbank au système SWIFT…
Voilà, on a là la preuve que Poutine est asphyxié par les sanctions financières internationales et qu'il a besoin d'oxygène de toute urgence. C'est ce qui le pousse à prendre en otage les ventres des Africains mais pas qu'eux.
Moscou exige "le retrait des sanctions sur l'approvisionnement en céréales et en engrais russes sur les marchés mondiaux, la résolution des problèmes d'assurance des navires russes et des livraisons à l'exportation, la reprise de toute la logistique des approvisionnements alimentaires, la restauration du travail du Pipeline d'ammoniac Togliatti-Odessa".
Le Kremlin se permet même de narguer la communauté internationale en assénant que "la condition de base pour que la Russie revienne à l'accord est la restauration de son essence humanitaire d'origine", alors qu'il n'a jamais été question d'humanitaire mais de sous pour financer une guerre qui est depuis le début un non-sens absolu…
Tant que les Occidentaux se contenteront de réagir aux coups de Poutine en attendant celui d'après, tant qu'ils refuseront de s'engager sincèrement et massivement sur le terrain militaire, tant qu'ils rechigneront à envisager d'en payer le prix, tant qu'ils persisteront à se vautrer dans leur confort douillet la Russie restera le maître du jeu, au moins dans la bataille psychologique, décisive pour l'instant.
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