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France : L'«administrateur colonial» a récidivé, les mots de Macron à Mayotte choquent, à ajouter aux révélations du journal Le Monde
Publié dans Tunisie Numérique le 20 - 12 - 2024

Personne ne comprend le naufrage personnel du président Emmanuel Macron – lequel a provoqué un naufrage politique national -, plombé par sa suffisance et les certitudes acquises à Sciences Po Paris et à l'ENA puis dans le milieu des affaires. Pourtant tout a réussi à l'ancien ministre des Finances quand il a planté son mentor, le président François Hollande, pour aller monter la République en Marche en 2017. Ça a tellement marché que Macron a été catapulté au palais de l'Elysée. Et depuis la machine se grippe progressivement. Ce qu'on a retenu de la sortie télévisée du président de la République suite à l'explosion du gouvernement de Michel Barnier c'est qu'il ne comprend plus son pays, lui accuse les Français de ne pas le comprendre. Mais comment comprendre un homme qui ajoute de la souffrance à celle des Mahorais avec des propos qui suintent le racisme primaire ?
Il est allé pour soigner des plaies, il en réveille d'autres
Macron est allé à Mayotte pour panser les plaies de ses concitoyens sinistrés par le cyclone le plus violent depuis des décennies, et c'est bien qu'il l'ait fait ; son chef du gouvernement, François Bayrou, n'a pas jugé utile de lâcher la tambouille politicienne pour y faire un petit saut. L'Histoire l'a retenu. Le président de la République y est même resté un peu plus que prévu. Là aussi c'est très bien. C'est la suite qui ne l'est pas. Macron devait s'attendre à prendre la colère des Mahorais en pleine face, et ils ont raison, il l'a mal encaissée, il a gravement dérapé.
Les sinistrés ont pointé l'absence fragrante de «moyens» et ont reproché au chef de l'Etat de «dire qu'ici tout va bien», il aurait pu écouter et acquiescer, comme il l'a fait des milliers de fois dans sa carrière, non, il s'est laissé allé à une colère froide et le fiel est sorti. «Si vous opposez les gens, on est foutu, parce que vous êtes contents d'être en France. Parce que si c'était pas la France vous seriez 10 000 fois plus dans la merde !», s'est emporté le président, cerné par la population dans la soirée du 19 décembre. «Il n'y a pas un endroit de l'océan Indien où on aide autant les gens», a-t-il asséné.
Les Mahorais, qui ont été les derniers à avoir obtenu le statut de département français il y a seulement 13 ans, porteront à jamais ces propos choc de Macron comme une meurtrissure. Par deux fois – à travers des référendums – ils ont fait le choix de rester dans le giron de la France, le moins qu'on puisse dire est que ça ne leur a pas réussi, puisque c'est le département français le plus pauvre de France. Les Mahorais manquent de tout : infrastructures, eau potable dans certaines zones, insalubrité des logements, etc. Et c'est comme ça que le chef de l'Etat français leur répond.
Macron a osé face à Mohammed VI, alors les Mahorais…
On connait le franc-parler de Macron, qui très souvent confine à l'outrecuidance. Le célèbre écrivain franco-marocain Tahar Ben Jelloun a rapporté les mots terribles que le président français a jetés à la face de Mohammed VI quand il a appris qu'un logiciel israélien aurait espionné Paris pour le compte de Rabat. Cela a valu à la France des années de fâcherie avec le royaume. Les horreurs que Macron vient de sortir à Mayotte laisseront aussi des traces, dans les têtes et dans les coeurs.
Le chef de l'Etat se dit qu'il n'aura pas à en subir les conséquences puisqu'il est au crépuscule de sa carrière politique, c'est ce qui explique sans doute qu'il se lâche et lâche les coups, tous azimuts. Pas plus tard que le 18 décembre le journal Le Monde a publié la première partie d'une enquête explosive sur l'envers du décor doré de l'Elysée, sur les habitudes du président derrière les murs feutrés. Paris bruisse encore des confidences sur les remarques homophobes en direction de son ex-Premier ministre Gabriel Attal. Il y a aussi ces mots ahurissants sur les "Mamadou" – comprenez les immigrés – qui peuplent les hôpitaux, un peu trop au goût du chef de l'Etat…
Il a récidivé, en octobre 2021 il avait dit publiquement qu'il y a trop d'Africains en France et en Europe. Donc la "maladie" du président n'est pas nouvelle. Qu'il dérape de la sorte sur les Mahorais n'étonnera personne, en tout cas pas les observateurs de la vie politique. Macron ne payera peut-être pas politiquement (et encore au train où vont les choses le pays n'est pas à l'abri d'une élection anticipée), puisqu'il n'a plus de mandat à briguer, mais son image elle est écornée à jamais. Et ça compte forcément pour un homme qui a certainement des plans à l'international après l'Elysée.
L'enfer, un long purgatoire jusqu'en 2027, à moins que…
«Où sont le sang froid, le respect et l'empathie que les Mahorais sont en droit d'attendre du Président de la République ?», peste le sénateur communiste Ian Brossat. «Attitude arrogante et donneuse de leçons. (…) Moi je l'ai vu en chemise dire 'mais vous êtes fiers d'être français ?' (…) Ce n'est pas le sujet en fait (…). On a la plus grande catastrophe humaine depuis la Seconde Guerre mondiale et on est en train de faire un show de Macron. Ce n'est pas à la hauteur», a tempêté la députée écologiste Sandrine Rousseau sur France 2.
«Voilà les mots du Président à Mayotte. Face à des gens qui ont tout perdu, dans le département le plus pauvre de France, abandonné par les gouvernements successifs», embraye la députée de la France insoumise (LFI) Claire Lejeune, qui exige le départ immédiat du chef de l'Etat. Ses collègues LFI Sarah Legrain et Hadrien Clouet sont encore plus cinglants, la première pointe une «mentalité de colon», le second «un administrateur colonial».
Même l'extrême droite fustige le dérapage de Macron et pour cause, Mayotte est une grosse réserve de voix pour le Rassemblement national (RN) du fait de l'immigration clandestine massive imposée par les Comores et l'Afrique. Aux dernières législatives le RN a décroché son premier siège de député dans l'archipel, 2 ans après la présidentielle où Marine Le Pen était sortie largement en tête, avec quelque 60% des suffrages. De bonnes raisons de faire corps avec les Mahorais…
Frédéric Falcon, député RN de l'Aude, leur assure de son «soutien indéfectible (…). Emmanuel Macron, totalement dépassé par les événements à Mayotte, montre son vrai visage : un président arrogant et méprisant qui réprimande les sinistrés sur place», tacle l'élu. Le député RN et vice-président du Parlement Sébastien Chenu a déclaré sur RTL que la sortie de Macron ne réconfortera «nos compatriotes mahorais qui, à travers ce genre d'expression, ont toujours le sentiment d'être traités à part».
Et personne dans le camp présidentiel ou dans les rangs de la droite n'est monté au front pour défendre le locataire de l'Elysée. Personne ne l'a fait parce qu'il est indéfendable. Un homme seul (après ce qu'il a dit sur Attal il ne faudra pas compter sur lui), à la dérive, avec pour unique compagnon sa fatuité, et on sait qu'elle est mauvaise conseillère. La route jusqu'à 2027 sera un enfer… à moins qu'une présidentielle anticipée abrège les souffrances du couple Macron.

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