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Tunisie - Administration :
Le gouvernement doit-il lancer un referendum à chacune de ses décisions?
Publié dans WMC actualités le 10 - 01 - 2015

La “Théorie de la pyramide hiérarchique“ qui a réussi dans nombre de pays au niveau du management socioéconomique fait face à celle de la pyramide inversée dans notre pays.
Ce ne sont plus les élites qui servent de locomotive, c'est plutôt la masse, avec ses bonnes et mauvaises graines, qui conduit le pays. Vers quoi? Et à quel prix?
Dans les pays développés, les décideurs ont œuvré à faire de la performance collective la responsabilité de tous; chez nous, il s'agit plutôt de partager la médiocratie. Tous ceux et celles qui rêvent d'un nouveau modèle de développement devraient, au train où vont les choses, se mettre en veilleuse au risque d'être traités d'ennemis du «peuple».
La Troïka, nous ne le rappellerons jamais assez, a tout fait pour fragiliser l'Administration publique et l'affaiblir pour mieux la tenir.
Quoi de plus normal! Pour que des inaptes arrivent à gouverner, il faut que leurs subalternes le soient encore plus. Les compétences, elles, ont été neutralisées, ou bien sous prétexte qu'elles faisaient partie des «Azlem» ou pire parce qu'il fallait bien placer ou caser les amnistiés quelque part! Sous Ben Ali, l'Administration publique avait tenu le coup. Il a su manœuvrer en casant ses hommes tout en gardant les grandes pointures. C'était sa manière à lui de créer l'équilibre.
Pendant les 3 années qui ont succédé le 14 janvier 2011, il y a eu tant de nominations, de fonctions parallèles et de placements des «loyaux et fidèles serviteurs» islamistes, CPRistes et parfois même syndicalistes que l'on n'arrive plus savoir qui fait quoi et à déterminer les responsabilités des uns et des autres.
Le règne de la peur a été instauré par nombre de CPRistes mcArthuristes qui brillent plus par leur voracité, leur amour du pouvoir et des bénéfices qu'ils peuvent en tirer que par celui de la patrie. De nouvelles traditions ont été instaurées dans les administrations. La négligence des tenues vestimentaires le dispute à l'indiscipline et jusqu'à parfois le refus d'appliquer des circulaires ministérielles ou interministérielles, qu'elles soient impératives ou non.
Des milliers de fonctionnaires ne travailleraient pas plus de 8 minutes par jour, selon une étude réalisée par l'Association tunisienne de lutte contre la corruption, sans oublier le pourcentage d'absentéisme dans les institutions publiques. Un absentéisme accru de 60% avec seulement 20% des fonctionnaires assidus au travail et 80% légalement présents mais absents de leurs postes de travail.
A combien s'élève le coût de ces pratiques à la collectivité et pourquoi les employés des privés dont les salaires sont surtaxés devraient-ils payer pour la paresse des commis de l'Etat lesquels n'assurent même pas un service convenable? Et comment cela se traduit-il sur la dynamique économique du pays? L'économie? Pourquoi s'en préoccuperait-on, c'est le dernier souci des administratifs tunisiens qui confondent démocratie et anarchie. D'ailleurs, ils se sont mis dans une posture de contestataires structurels.
L'indiscipline de l'administration est devenue une règle
Pour preuve, le mouvement de grève déclenché par les employés de l'AFH à propos d'un article paru sur webmanagercenter et titré «L'AFH ne doit plus détenir le monopole de la gestion des réserves foncières». Une grève insensée car sans raison valable. L'AFH a-t-elle jamais détenu ce monopole? Les contestataires ont oublié qu'il y a déjà deux autres opérateurs publics sur la place: l'AFI et l'AFA.
Ah ces syndicats! Que ne feront-ils pas pour rappeler aux autres qu'ils sont imparables! Il faut reconnaître que lorsqu'à la tête d'un ministère, il y a une personnalité compétente qui ne se soumet pas aux pressions des lobbies politiques ou des syndicats, tout doit servir de prétexte aux mouvements protestataires. Quelle mouche a piqué les fonctionnaires de l'AFH pour réagir ainsi à une simple déclaration qui n'a rien de nocif et qui n'attaque pas les intérêts de l'Agence mais tout au contraire? (lire la réaction). Si ce n'est tout d'abord l'indiscipline administrative devenue une règle ces dernières années ou peut-être la peur que l'on mette «son nez» dans les affaires d'une Agence qui ne brille pas par sa bonne gouvernance?
Syndrome du “dégage“…
Le gouvernement tunisien doit-il lancer un référendum à chaque fois qu'il doit prendre une décision touchant au management, aux stratégies ou aux plans de développement ?
Le drame de pays comme le nôtre, où la notion de démocratie est encore au stade embryonnaire, est qu'elle se traduit sur terrain, pour une grande large frange de la population, par des revendications, des marches, des sit-in et des grèves. Une population encouragée par des leaders politiques qui ne sont plus dans le populisme mais dans la populacerie avec tout ce que cela implique comme aspects négatifs et nocifs.
Aujourd'hui, les hauts responsables se terrent dans leurs bureaux et ne prennent plus de décisions. Ils souffrent du syndrome révolutionnaire «Dégage». Manque de pot, les syndicats qui ont constitutionnalisé le droit à la grève ont résisté à la constitutionnalisation du droit du travail (lire ici).
Un membre du bureau exécutif de l'UGTT a d'ailleurs déclaré lors d'une émission radiophonique que «la grève est un art». Waw! Nous devons nous en réjouir, nous Tunisiens, nous sommes les artistes de la paresse et des grèves. Peut-être que grâce à ces qualités très porteuses pour notre économie, nous pourrions arracher une place au Guinness Book, nous sacrant comme “les plus paresseux“ et “les plus cultivés dans l'art de faire les grèves“.
Une justice qui renvoie l'Etat de droit aux calendes grecques
Nous pouvons tout autant nous targuer d'être un pays où les jugements rendus ne sont pas obligatoirement appliqués surtout lorsqu'il s'agit d'affaires de gros sous. Et contrairement à ce que l'on pense, la confiance dans l'appareil judiciaire diminue de jour en jour. La stratégie Noureddine Bhiri et l'inertie de Hafedh Ben Salah ont fait leur œuvre, et la justice en exercice aujourd'hui ne rassure ni les citoyens lambda ni les investisseurs.
Ce qui nous ramène à la grande question: Béji Caïd Essebsi, Habib Essid et leur gouvernement pourront-ils réhabiliter l'Etat et rétablir le droit? Tireront-ils les leçons de l'exercice de la Troïka qui a mené le pays au désastre parce qu'elle a sacrifié la compétence et les aptitudes managériales aux allégeances partisanes, familiales, amicales et aux faux calculs politiciens? BCE sacrifiera-t-il les promesses données à ses électeurs et ses électrices pour satisfaire aux faux consensus et aux vœux des courtisans?
Il faut espérer que les choses se passent autrement et que le chef du gouvernement choisi et désigné par Béji Caïd Essebsi ait la trempe d'un homme d'Etat qui ne négocie pas aux dépens des intérêts du pays et ne se soumet pas aux pressions et à l'interventionnisme des partis, des syndicats ou de la cour du résident fraîchement élu. Nous ne pouvons pas jurer que les nominations faites rapidement ces derniers jours ont échappé au «relationnel». Espérons qu'Essid épargnera à la Tunisie une nouvelle transition en nommant à la place qu'il faut les compétences qui correspondent.


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