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Ezzeddine Saïdane :
Il faut rétablir la confiance et garantir le respect des règles du jeu
Publié dans WMC actualités le 11 - 07 - 2016

C'est ainsi que s'est adressé Abdeljalil Tmimi, président de la Fondation Tmimi à Ezzeddine Saïdane, expert économique et fondateur de Directway Consulting, lors d'une rencontre organisée au siège de la Fondation avec pour thème central: «Une autre approche de financement pour un équilibre régional».
Ezzeddine Saïdane a démarré son intervention en invectivant: «Pour nous entendre sur les portes de sortie pour une économie en crise, il va falloir nous accorder sur le diagnostic. Un diagnostic qui n'est pas des plus rassurants».
Et effectivement la réalité de l'économie tunisienne, chiffres à l'appui, n'est pas des plus reluisantes.
«Les chiffres que je vous cite dans cette présentation ne sont ni ceux de la Banque mondiale ni ceux de FMI mais ceux de la BCT et de l'INS pour ceux qui pourraient douter de leur véracité. Ils illustrent un contexte économique très difficile. Nous ne sommes pas au bord du gouffre et nous pouvons sauver les meubles à condition d'identifier les changements que nous devons opérer sur nous-mêmes. Il s'agit de s'engager dans un processus de reconstruction».
Pendant 45 ans, indique Ezzeddine Saïdane, la moyenne du taux de la croissance en Tunisie a été de 5%. «Ce n'est pas extraordinaire, nous avons besoins de 6 à 7% pour atteindre des niveaux de développement acceptables et résoudre le problème du chômage».
Entre les indicateurs économiques enregistrés en 2010 et ceux affichés en 2016, la différence est de taille. Il y a 6 ans, le déficit budgétaire du PIB ainsi que le déficit courant étaient inférieurs à 3% (normes acceptables). Le taux d'épargne était de 22% et avait même atteint les 24% à une certaine époque. Une épargne qui permettait de financer le développement.
La dette publique dont les 2/3 provenaient des prêts contractés à l'international était de 38% du PIB avec une marge moyenne pour les emprunts extérieurs de 0,5%, un remboursement sur le long terme et une notation de BBB+, ce qui permettait à la Tunisie d'accéder au rang des pays sécurisants pour les contracteurs (investment grade).
Le désordre ne peut en aucun cas œuvrer pour la relance économique
En 2016, catastrophe! Il y a eu détérioration de tous les fondamentaux économiques. La croissance est de 0,4%, et c'est le chiffre officiel car la réalité est toute autre et nous ne pouvons même pas parler de taux de croissance! Les déficits budgétaire et courants sont de l'ordre de 8% du PIB, ce qui oblige notre pays à s'endetter pour pallier aux insuffisances du budget. L'épargne a considérablement reculé, adieu volet développement (de 22%, elle en est à seulement 11%) sachant qu'il faut 7% de croissance pour pallier au chômage. L'inflation est de 6% avec pour conséquence une baisse du niveau de vie de l'ensemble des Tunisiens et l'investissement est de seulement 14%, secteur privé compris.
La dette publique a, pour sa part, atteint les cimes de 54% avec une défaillance de taille: les emprunts extérieurs ne financent pas les investissements mais payent les salaires et, par conséquent, les investissements Titre II sont complètement écartés. Par contre, l'inflation grimpe: «Ceux qui pensaient que les augmentations de salaires pouvaient assurer la paix sociale se sont trompés. Quand on augmente les salaires dans un pays en situation de crise économique, l'inflation augmente aussi».
Pire, l'année 2017 sera terrible car elle sonne le glas du remboursement des dettes: 1000 milliards de dinars. «Ce qui sera impossible, si on en trouve pas des solutions entretemps. Le malheur est que depuis l'indépendance, la Tunisie a toujours remboursé ses dettes sans enregistrer le moindre retard. Aujourd'hui, nous en sommes là, car sur le marché financier personne n'est dupe quant au fait que le rééchelonnement de la dette qatarie est dû à une impossibilité pour l'Etat tunisien d'honorer ses échéances. Le rating du B- met la Tunisie dans la situation des pays où les investissements sont risqués et représentent un acte de spéculation. C'est ce qui s'appelle perdre l'accès à la levée des fonds à des conditions acceptables à l'international».
Sans oublier le déficit de la balance commerciale qui affiche des montants inadmissibles: 1000 milliards de dinars par mois. Ce qui exige de l'Etat des efforts considérables pour changer les stratégies du commerce extérieur et rééquilibrer les relations avec certains partenaires dont la Chine dont le déficit est de 350 MDT par an et la Turquie 150 MDT par an.
Tous les facteurs cités plus haut associés à une économie hors-la-loi qui a atteint le seuil inacceptable des 54% ne plaident pas en faveur d'une relance rapide de l'économie nationale. Une économie qui n'est ni redevable au fisc ni à la CNSS.
Les pertes se comptent en centaines de millions de dinars associées à 1% de PIB perdu à cause du laxisme des pouvoirs publics face au blocage de la production du phosphate. Un blocage initié par des magnats locaux du transport et où les jeunes chômeurs frustrés et en colère victimes d'une situation de précarité révoltante sont manipulés et utilisés. Dans certains cas, des bandits sont même payés pour construire des murs sur les rails ou bloquer l'accès aux centres de production.
La relance économique est possible si on respecte les impératifs indispensables à un véritable réveil où plancherait en premier lieu à «rétablir la confiance et garantir le respect des règles du jeu» citant en cela la maxime de Charles Péguy pour lequel «L'ordre seul fait en définitive la liberté, le désordre fait la servitude».
Une servitude de fait, lorsque nous réalisons que l'économie nationale est aujourd'hui non seulement la victime des politiques erronées, suivies depuis des décennies, et qui ont atteint le summum de la bêtise, durant les 6 dernières années, mais également de la prolifération des mafias de la contrebande et du commerce parallèle opérant dans l'impunité totale.
Comment pallier à une situation aussi critique? «Il nous faut trouver un nouveau modèle de développement économique», assure Ezzeddine Saïdane.


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