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Majdi Zarkouna ou la machine de guerre à la tunisienne
Publié dans WMC actualités le 02 - 07 - 2009

Pour la grande histoire, on retiendra que Majdi Zarkouna est celui qui créa un véritable groupe composé de 4 sociétés, à partir d'une start-up. Il ira ensuite chercher sur le Marché alternatif la bagatelle de 3,25 millions de dinars pour financer les activités de son entreprise et sa croissance annuelle de 50% depuis 3 ans.
Née autour d'un café, cette entreprise est la «Servicom». Cette PME a été lancée en 2003, avec un capital initial de 20 mille dinars, par quelques copains et beaucoup d'ambitions.
Dès son lancement, la société retient l'attention. En témoignent les actionnaires qui, par le moyen de Sicar, soutiennent son expansion et la suivent de près. Ces capital-riskers accompagnent alors la première tranche d'expansion de l'entreprise et Servicom commence à se développer dans le domaine des services pour les télécommunications. Elle donne naissance dans son sillage à Servitra (travaux publics), Servitrade (distribution des équipements pour le chauffage et la climatisation) et Serviprint (impression numérique).
Initialement positionné sur le secteur des infrastructures de télécommunication, le groupe s'étend vers les travaux d'infrastructures : éclairage public, électricité bâtiments, gaz, eau potable, installation de stations de pompage, routes... Toutes les sociétés sont nées entre avril 2004 et juin 2006. Aujourd'hui, le groupe emploie 500 personnes. Il a réalisé 11,5 millions de dinars de chiffres d'affaires en 2008. Il en prévoit 17,5 millions pour l'année en cours.
Sur fond de crise financière et économique, la conjoncture ne change en rien la décision d'introduction en Bourse de Servicom. Le projet est mûrement réfléchi. Il devient urgent et nécessaire de lever des fonds pour aller de l'avant et répondre aux besoins gourmands de la société. L'introduction sur le marché financier nécessite un gigantesque investissement, en temps et en énergie pour remplir toutes les conditions et projections demandées par le CMF et l'autorité de tutelle.
L'entreprise s'y investit pendant plus d'un semestre et Majdi Zarkouna, jeune patron de Servicom, précise : «Nous ne sommes en rien concernés par la crise. C'était étudié, calculé, prévu et décidé. Nous l'avons fait. C'est une nouvelle et inconnue expérience pour nous. Nous devons aussi gérer l'inconnue, mais nous avons été très bien entourés. Il nous faut de la transparence, encore de la transparence et toujours plus de transparence. Nous y sommes prêt !s».
Voilà ce qui est de nature à rassurer le marché financier dont le taux de réponse s'est situé à 140%.
Le 1er juin, l'action de Servicom est admise en Bourse au prix de 3D250 l'action. L'offre à prix ferme (augmentation de capital portant sur l'émission de 1.000.000 d'actions nouvelles) est pilotée par l'intermédiaire en Bourse AFC. L'opération est ouverte le 11 mai 2009 et clôturée le 26. La demande globale s'est établie à 4.5 millions de dinars, contre 3,25 millions offerts. 90% des titres proposés ont été réservés aux institutionnels.
C'est aussi en ce point que réside la singularité de cette introduction. Les plus initiés observent minutieusement le développement des opérations et cette première démontre surtout comment on peut valoriser une entreprise qui n'a que des projets. Les plus enthousiastes parlent de «la naissance d'un grand». Selon les experts, une page d'histoire dans l'histoire du marché financier de Tunis est en train de s'écrire.
Pour la petite histoire, on retiendra que Majdi Zarkouna est aujourd'hui le patron heureux de Servicom. Mais seulement, a-t-il le temps de se poser ce genre de questions? Il répondra : «Mes réalisations sont conséquentes. Elles se font assurément au détriment d'autres choses... Le reste est un trou noir, mais j'ai le temps...».
Effectivement, Majdi Zarkouna (MZ) a le temps. Né en 1972, le jeune homme fait partie de ceux qui savent calculer cette précieuse ressource. Il n'oublie jamais que le temps c'est de l'argent qu'il est hors de question de gaspiller. Au prix d'une moyenne de 11 heures de travail par jour, MZ est un véritable bosseur qui préfère «réaliser plutôt que posséder». Doté d'un esprit cartésien et d'un sens de la logique déroutant, la seule démesure qu'il s'autorise, c'est son appétit de réussite. Avec un esprit de la compétition et du défi immesurables, il est comparable à une machine de guerre.
Ses projets d'avenir sont à la dimension de ses réalisations. Fort de la multidisciplinarité de son groupe, il envisage de devenir leader de son secteur en développant une offre globale «clef en main». Le groupe commence d'ores et déjà à s'exporter.
Le sérieux et la qualité de services de MZ et de son équipe, poussent le groupe Hitachi à le créditer sur le marché libyen. A long terme, ils envisagent une expansion aux niveaux maghrébin et africain. MZ précise sans détours : "Nous voulons devenir une institution. Le besoin de réussir est un sentiment sain et je défends ces valeurs fortes que sont le travail, le sérieux et l'honnêteté. Mes objectifs s'inscrivent dans la durée et nous voulons devenir leader sur le marché".
Mais qu'est-ce qui fait courir autant ce diplômé d'ingénieur de «Supélec» et de l'Ecole Polytechnique de Paris qui n'a que les mots calculs, prévisions, efficacité, résultats et logique à la bouche ?
Après des études primaires à Béja, il fait ses études secondaires au Lycée Pilote Bourguiba et réussit parmi les 50 premiers à l'examen national du Baccalauréat. Il part alors faire sa «prépa» en France et s'attaque aux Grandes écoles. A peine sorti des universités, il se fait les dents chez une jeune start-up en qualité de directeur technique en se chargeant de manager un groupe d'ingénieurs dans le développement et l'implémentation d'algorithmes de traitement de la parole pour les kits main libres de voitures et pour la téléphonie mobile.
D'avril 2000 jusqu'en décembre 2001, il sera consultant en réseaux & sécurité chez «Montrouge». Il se chargera de création et de management du groupe «Analyse de performances des applications informatiques». MZ souligne qu'il a encore de cette période riche en enseignements, des brevets déposés en son nom. C'est d'ailleurs durant ces expériences professionnelles que ce technicien prend goût à la gestion.
Comme prévu, MZ rentre en Tunisie au bout de 11 ans à l'étranger. Il rejoint sa fiancée et se marie en 2003. Aujourd'hui père de deux enfants, MZ repense à ses années en France. "El ghorba reste difficile. Je suis renté comme c'était prévu en égard aux engagements familiaux que j'avais. En fait, tu réalises ce que tu laisses là-bas que beaucoup plus tard... A l'étranger tu atteins vite tes limites et tes horizons se rétrécissent à un moment où un autre. Ici, il faut tout reprendre et réapprendre. Il est urgent de se réadapter, se faire de nouveaux amis, comprendre le système et décoder les fonctionnements. Il est capital de préempter l'environnement. Cela n'a pas été facile. Ce n'est d'ailleurs toujours pas aussi facile ni aussi rose qu'on pourrait le croire. Pour devenir une véritable référence et marquer son passage, il faut de la persévérance et de l'acharnement".
A peine rentré de France, MZ décroche chez le groupe tunisien «Tanit» le poste de directeur général adjoint de «Retel». Une société leader dans le domaine des services pour les télécommunications. Il se charge alors de la réorganisation de la société et de l'introduction d'un système d'information ainsi que du redressement des marges. Il quadruple le chiffre d'affaires de l'entreprise familiale mais atteint vite ses limites. "Il est arrivé un moment où je ne pouvais plus avancer ni financièrement ni intellectuellement. C'est alors qu'il ma fallait choisir entre deux options : repartir travailler à l'étranger ou tenter ma propre chance. Je n'ai pas hésité longtemps et vous connaissez la suite", résume furtivement MZ.
Les moins admiratifs du parcours de ce jeune loup lui reprochent d'avoir opéré dans le domaine d'activités de ses employeurs. D'autres mettent en exergue son intransigeance et ses fortes exigences. En termes de ressources humaines, il est «terrifiant», diront de lui des employés, qui, s'ils ne tiennent le rythme et ne s'adaptent à l'esprit qu'il sculpte de son entreprise se trouvent exclus.
MZ sait que pour emmener son entreprise là où il le souhaite, il doit chercher à tout optimiser en mettant au point des procédures de réalisation qui, si elles ne sont pas informatisées, ne sont pas contrôlables.
Comme ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort, MZ travaille d'autant plus fort à la diversification de ses marchés. Après une sérieuse mise en danger de son entreprise, il s'acharnera à annuler la dépendance vis-à-vis d'un seul client et "c'est en la diversification que réside la survie" devient son credo.
Avant de le quitter. Je lui demande si son père est fier de lui. Il me regarde, étonné par la question. «Il soutient», répond t-il, laconiquement. «Il a mis un petit pécule au début du lancement de l'entrepris. Servicom n'est en aucun cas une entreprise familiale. Je ne viens pas d'une famille d'entrepreneurs et je considère que ce métier est le plus beau métier du monde. Ce sont les entreprises qui apportent l'innovation et font avancer le monde. Il me plaît de m'inscrire dans cette optique».
Lorsque je le quitte, je lui demande s'il pensait un jour aller aussi loin et aussi vite. Il répondra cartes sur tables : «Servicom a opéré dans le domaine de compétences de mes premiers employeurs, mais je savais que je pouvais pousser le créneau plus haut et plus loin. D'ailleurs, nous avons encore notre premier business plan. Imagineriez-vous qu'il est même moins ambitieux que les objectifs atteints ? Nous avions eu 6 mois pour le faire, le refaire et le parfaire. Entre le premier bon de commande de Servicom et sa création, 6 mois se sont écoulés. Cela nous a laissé du temps pour préparer un plan imparable». Voilà qui résume tout l'état d'esprit de cette entreprise. D'autres diront qu'il n'y a pas de secrets: "dès que vous mettez plus d'un polytechnicien par étage, attendez-vous à des miracles".
Entre temps, si vous rencontrez MZ, ne vous hasardez pas à écorcher son nom. C'est Zarkouna et non Zargouna, pas plus que Zarghoura. Il déteste et vous le fait savoir, de suite. D'ailleurs, il vous reprendra le nombre de fois qu'il faut, jusqu'à ce que vous ne vous trompiez plus.


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