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Plastique : Le salut est dans le recyclage !
Publié dans Business News le 24 - 09 - 2020

Il est partout et désormais indispensable. De nos brosses à dents, bouteilles de lait, bouteilles ou gourdes d'eau, outils, jouets, stylos, cuisines, le plastique est partout. Ce matériau possède, en effet, des qualités incontestables. Il est léger, résistant, facile à manier et durable...un peu trop peut-être. Depuis de nombreuses années, les scientifiques et les organismes militant pour la cause environnementale ont tiré la sonnette d'alarme. Le succès de la matière plastique en a fait l'un des matériaux les plus polluants et une menace réelle pour l'environnement, poussant de nombreux pays à adopter des législations afin de limiter son utilisation et d'encourager sa collecte et son recyclage. La Tunisie fait désormais partie de ces pays, même si la prise de conscience est loin d'y être généralisée.


A l'origine du « plastique »

Obtenu par la transformation du charbon, du pétrole ou du gaz naturel, un polymère est à l'origine de la matière plastique. Il s'agit d'une macromolécule constituée de longues chaînes carbonées. Le plastique est essentiellement fabriqué à partir du pétrole raffiné, transformé dans des usines chimiques.
Il existe une très grande variété de plastiques, de compositions et caractéristiques différentes, au point qu'il est difficile de toutes les énumérer. Cela dit, elles sont en général classées dans deux catégories. Comme l'explique le magazine « Futura Science », il existe la catégorie des thermoplastiques et des thermodurcissables.
Les thermoplastiques régissent à la température, ils fondent ainsi sous l'effet de la chaleur et se solidifient une fois refroidis. Les thermodurcissables sont, pour leur part, irréversiblement transformés. Il s'agit notamment des caoutchoucs et élastomères, produits, évidemment, plus compliqués de recycler.

Déchets plastiques, une catastrophe écologique

Fonds Mondial pour la Nature (WWF) est l'un des organismes qui œuvre activement à sensibiliser les populations sur l'utilisation et les menaces engendrées par la surconsommation du plastique. Il qualifie d'ailleurs les déchets plastiques de véritable catastrophe écologique.
Fait indéniable et désormais connu de tous, les déchets plastiques, qui mettent des siècles à se dégrader dans la nature, finissent la plupart du temps enfouis sous terre ou dans les mers. Des morceaux de plastique sont ainsi à l'origine de la mort de nombreuses espèces marines, créant un vrai déséquilibre et une menace directe sur la santé humaine.
« Ce sont les microplastiques, fragments petits et insidieux, qui atteignent des niveaux records en Méditerranée : la concentration de micro-plastiques est presque quatre fois plus élevée que dans le « vortex de déchets » du Pacifique nord. En entrant dans la chaîne alimentaire, ces fragments menacent de plus en plus d'espèces animales ainsi que la santé humaine » précise le WWF dans un rapport daté de 2018.

Le plastique n'épargne pas l'homme non plus, si des études sont en cours pour déterminer l'effet de l'ingestion des nanoparticules de plastique, présentes notamment dans les bouteilles d'eau, sur les organes humains, nombreux scientifiques s'accordent à dire que les données accumulées jusqu'ici ne présagent rien de bon.

La question du recyclage est ainsi primordiale pour parer à la nocivité du plastique et redresser une situation qui semble avoir totalement échappé à l'Homme. Cela dit, pour recycler les déchets en plastique il faut avoir un système de collecte efficace et ce n'est pas encore le cas dans la plupart des pays. « 37 % des déchets plastiques sont actuellement jetés sur la voie publique ou gérés dans des décharges non contrôlées. Près de 40 % se retrouvent dans des décharges où ils vont mettre des centaines d'années à se décomposer, non sans se fragmenter et se disséminer dans l'environnement. L'incinération industrielle sert à traiter 15 % des détritus, mais libère du même coup des tonnes de CO2 et de particules nocives. Et la voie « royale » que pourrait constituer le recyclage reste très embouteillée » indique le magazine « Reporterre » dans son article « La terre et la mer étouffent sous les déchets plastiques ».

Le WWF a d'ailleurs aussi affirmé que la cause première de la pollution plastique réside dans les retards et les lacunes en termes de gestion des déchets plastiques dans la plupart des pays de la Méditerranée.
« Les 22 pays de la région génèrent 24 millions de tonnes de déchets plastiques, dont 42% sont enfouis, 14% incinérés et 16% seulement sont recyclés. Les 28% restants sont gérés de manière inefficace (non collectés, en décharges non contrôlées ou à ciel ouvert) et continuent fortement de polluer la Méditerranée. Ainsi, on estime qu'un quart des déchets plastiques de la région sont rejetés dans la nature chaque année, dont 600.000 tonnes finissent en mer Méditerranée » souligne WWF dans un article paru en juin 2019.

La pollution par le plastique fait perdre à la Tunisie 60 millions de dinars par an

Le sujet des déchets plastiques est timidement abordé depuis 2016 en Tunisie, même des actions gouvernementales ont été prises dans ce sens, mais il a fait polémique très récemment à cause de l'arrêté signé par le ministre de l'Industrie et des PME et le ministre du Commerce et publié dans le journal officiel de la République Tunisienne le 14 août 2020, autorisant l'emballage du ciment dans des sacs en plastique.

Le bureau du WWF en Tunisie, mais aussi la société civile tunisienne, sont alors montés au créneau rappelant que la Tunisie est le treizième producteur de produits en plastique dans la zone méditerranéenne, qu'environ un milliard de sacs en plastique sont consommés chaque année en Tunisie, que 80 % de ces sacs ne sont pas collectés ou recyclés.

« L'utilisation du plastique pour emballer le ciment engendrera au moins 250 millions de nouveaux sacs en plastique chaque année. Or, la Tunisie n'est pas encore prête à les collecter et les gérer. Ce qui aura donc des répercussions sur l'environnement et la santé du citoyen tunisien. L'économie tunisienne perd environ 60 millions de dinars par an en raison de la pollution par le plastique, compte tenu de l'impact du plastique sur de nombreux secteurs tels que le tourisme et la pêche maritime » avait souligné le WWF dans un communiqué.

La législation tunisienne à l'épreuve des défis écologiques


Le constat sur les retombées néfastes des sacs en plastique est plus que largement partagé et dont l'Etat semblait avoir bonne connaissance. D'ailleurs, les politiques publiques de l'Etat en matière de préservation de l'environnement, de garantie de sa sécurité et de lutte contre la pollution, notamment celle résultant des plastiques, sont des politiques bien établies. La décision d'autoriser l'emballage plastique pour les sacs de ciment, qui a déjà pour résultat d'augmenter la toxicité des deux matériaux et de rendre son recyclage plus compliqué, aura des répercussions environnementales majeures, surtout en l'absence d'un système intégré de récupération et de recyclage des déchets engendrés.

La signature de cet arrêté n'est donc pas en ligne avec la démarche gouvernementale visant à limiter les impacts négatifs sur l'océan et la terre des sacs plastiques notamment, qui s'est concrétisée par la publication de l'arrêté gouvernemental n°32 du 16 janvier 2020, contrôlant les types de sacs en plastique dont la production, la fourniture, la distribution et la conservation sont interdites sur le marché local.

De nombreuses décisions ont d'ailleurs été prises depuis 2016 pour consolider la politique du gouvernement en matière de lutte contre la pollution causée par les déchets plastiques. On cite notamment l'accord de septembre 2017 entre le ministère des Affaires locales et de l'Environnement et le Syndicat des Pharmaciens de Tunisie (SPOT) sur l'utilisation de sacs en papier (environ 30% de l'utilisation du plastique en Tunisie).

En janvier 2018, le ministre de l'époque, avait affirmé que 95% des sacs avaient finalement été retirés des grands espaces commerciaux puis en juin 2018 il avait annoncé qu'un décret sur l'interdiction générale des sacs en plastique à usage unique entrera en vigueur le 31 décembre 2019.

Le 16 janvier 2020, un décret gouvernemental n°32 de 2020 a été publié dans le Jort concernant le contrôle des types de sacs en plastique dont la production, la fourniture, la distribution et la conservation sont interdites sur le marché intérieur. Ce décret est entré en vigueur le 1er mars 2020 pour les espaces commerciaux et les pharmacies, et entrera en vigueur le 2 janvier 2021 pour tous les fabricants, fournisseurs, distributeurs et détenteurs de sacs en plastique.


Le recyclage des déchets plastiques est désormais indispensable et devrait s'inscrire dans les priorités de l'Etat tunisien. Mettre en place des processus de tri et de collecte puis les structures qu'il faut pour recycler le plastique avec un impact minimum sur l'environnement est vital car la terre ne pourra pas absorber indéfiniment ce matériau qui l'étouffe jour après jour.

Pour ce qui est de certaines alternatives proposées, à l'instar du carton ou du verre, beaucoup de scientifiques estiment qu'elles sont moins écologiques qu'on veut bien le faire croire et que l'écologie de demain pourrait même reposer sur le recyclage et surtout la valorisation du plastique. C'est d'ailleurs sur cette option que se concentrent beaucoup de chercheurs qui tentent de trouver le moyen de modifier les plastiques pour rendre plus écoresponsable leur fin de vie, via notamment d'autres types de polymères qu'il sera possible de recycler à l'infini. Une prouesse qui promet de faire de l'ennemi d'aujourd'hui, un atout écologique pour l'avenir.


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