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Dégradation de la note de la Tunisie : une opportunité à saisir !
Publié dans Business News le 15 - 10 - 2021

La Tunisie vient de franchir un nouveau pas vers sa descente aux enfers, avec la dégradation de sa note souveraine par l'agence de notation américaine Moody's. La situation financière économique du pays était déjà assez délicate, notamment en ce qui concerne les ressources nécessaires pour la clôture du budget 2021. Cette nouvelle dégradation complique davantage les choses. Ceci dit, elle peut être aussi une opportunité pour le chef de l'Etat de faire passer des réformes douloureuses qui ont été temporisées depuis 2011, vu l'appui populaire dont il bénéficie actuellement.

Après la révolution, la Tunisie s'est consacrée aux réformes politiques reléguant le volet économique et les diverses réformes qui devaient être entamées. Par la suite, les divers gouvernements qui se sont succédé n'ont pas été en mesure de faire passer des réformes impopulaires qui risquaient de leur couter leur tête, surtout avec la montée en puissance de la centrale syndicale, qui s'octroyait le droit de mettre des lignes rouges partout, parfois même à tort.

Résultat des courses, et suite à une année de pandémie qui a épuisé l'ensemble de l'économie mondiale, les indicateurs économiques de la Tunisie sont dans le rouge.
Ainsi, selon le dernier Baromètre des entreprises en Tunisie du cabinet EY, 63% des chefs d'entreprise interrogés estiment que leurs activités économiques sont menacées et 770.000 petites et moyennes entreprises se trouvaient aujourd'hui dans une situation périlleuse, 88.000 entreprises sont déclarées en faillite et 54.000 le seront prochainement, le tout sachant que le tissu économique du pays est principalement composé de PME.
Plusieurs secteurs sont sinistrés, notamment ceux liés au tourisme. Ainsi et selon les chiffres publiés par l'Institut national de la Statistique (INS) et relatifs au produit intérieur brut du deuxième trimestre 2021, les services d'hôtellerie, de café et de restauration ont enregistré une baisse d'activité de 35,2%, les services du transport de 20,9% et dans le secteur de la construction de 17,1%.
Dans ce même document, l'institut indique que « le niveau d'activité économique demeure inférieur à celui d'avant la crise sanitaire » et que « le PIB en volume reste inférieur de 8% au niveau qui était le sien au quatrième trimestre 2019, soit avant le déclenchement de la pandémie de Covid-19 ».
Côté emploi, le taux de chômage est passé de 16,2% au troisième trimestre 2020 à 17,9% au deuxième trimestre 2021 (1,7 point). Le tout, sachant que 44,8% de la population active, soit 1.598.500 personnes, travaillent dans le circuit informel, en se référant à des enquêtes réalisées par l'INS au cours des 2ème, 3ème et 4ème trimestres 2019 et publiées en septembre 2020.
Côté investissement, les chiffres avancés par l'Agence de promotion de l'industrie et de l'innovation (APII) et l'Agence de Promotion de l'Investissement Extérieur (Fipa) sont très parlants, avec un décroissement de 13,7% des investissements déclarés dans l'Industrie durant les huit mois 2021 et une baisse des investissements étrangers (IDE et portefeuille) de 7,4% au premier semestre 2020 par rapport à un an auparavant et de 27,1% par rapport à 2019.
Les deux secteurs pourvoyeurs de devises (tourisme et export) sont en contraction. Et même, si pour le moment les avoirs nets en devises sont à 130 jours d'importation, bien au-dessus des 90 jours d'importation, le "seuil de sécurité" en matière de réserves en devise, les prochaines échéances de la dette tunisienne, vont sûrement les mettre à mal.

Il faut dire que nos finances publiques sont au plus mal. Le déficit attendu serait de l'ordre de 9,7%, soit environ 11,5 milliards de dinars sur la base d'un prix de baril à 67 dollars alors qu'il est actuellement de 70 dollars, ce qui équivaut à une rallonge de quatre milliards de dinars supplémentaires, avait indiqué le député indépendant Yadh Elloumi. A la date du 15 octobre 2021, le prix du baril de Brent frôle les 85 dollars. La Tunisie devra mobiliser 15,5 milliards de dinars d'ici fin 2021, dont 8,2 milliards de dinars de dettes extérieures (à payer en devises), selon le même élu.
Le budget 2021 prévoit un recours conséquent au marché extérieur, mais avec la dernière dégradation de la note de la Tunisie cela semble compromis : trouver des crédits extérieurs sera difficile mais surtout extrêmement coûteux.
En effet, Moody's a annoncé, jeudi 14 octobre 2021, la dégradation de la note souveraine de la Tunisie à long terme, en devises et en monnaie locale, ainsi que celle de la Banque centrale de Tunisie de B3 à Caa1, et maintenu la perspective négative. Une note attribuée aux pays appartenant à la catégorie « Risque élevé » dans le non-remboursement de la dette.
Une dégradation due, selon l'agence, à l'affaiblissement de la gouvernance et à l'incertitude accrue quant à la capacité du gouvernement à mettre en place des mesures qui puissent répondre aux besoins de financement élevés, au titre des prochaines années.
Moody's a considéré que les estimations du déficit budgétaire de 7,7% du PIB en 2021 et de 5,9% en 2022 impliquaient des besoins d'emprunt d'environ 18% du PIB en 2021 et de 16% en 2022.

Eymen Errais, titulaire d'un doctorat en ingénierie financière de Stanford University et ancien conseiller spécial de l'ancien ministre de l'Investissement et de la Coopération Internationale Fadhel Abdelkafi, a expliqué vendredi 15 octobre 2021 que la notation reflète la difficulté de la Tunisie à rembourser ses dettes.
Au micro de Wassim Ben Larbi dans l'émission Expresso sur Express Fm il a espéré que ce choc soit positif afin d'entreprendre les réformes nécessaires. « Il n'y aura pas un avant et un après la notation Moody's, mais il faudra prendre des décisions drastiques. Le gouvernement devra prendre les décisions qui s'imposent », a assuré M. Errais.
Et d'affirmer : « La bonne nouvelle dans la mauvaise nouvelle c'est qu'on est un pays assez petit qui peut changer rapidement. L'autre bonne nouvelle c'est que l'Etat est riche : parfois, il faut couper un bras pour sauver le corps et c'est ce qu'il faut faire, car on a plus la capacité de sortir sur le marché international (incapacité de rembourser et hypothèque des générations futures). La Tunisie dispose d'actifs et doit céder quelques actifs puis entamer les réformes structurelles nécessaires ».
Pour lui, il faut vendre quelques actifs ou opérer des privatisions dans des secteurs non-stratégiques pour l'Etat, comme la Régie Nationale des Tabac et des Allumettes (RNTA) qui pourrait ramener à l'Etat 2 milliards d'euros. Ceci devra être accompagné par des réformes qui encouragent l'investissement. Et de soutenir que si la Tunisie ne bouge pas rapidement, le pays s'orientera d'ici deux ans vers le scénario libanais.

Pour sa part, l'expert en économie Radhi Meddeb estime qu'avec cette nouvelle dégradation « l'accès de la Tunisie aux marchés financiers internationaux est devenu prohibitif sinon impossible ».
Et de préciser dans un statut Facebook : « Nous avons beau clamer notre souveraineté et dénier aux agences de notation le droit de nous noter, les marchés financiers internationaux sont ainsi organisés. Ils se réfèrent à ces agences et ne font rien qui aille à l'encontre de leurs notations. La voie de notre salut se rétrécit. Il ne nous reste plus, à très court terme, que le recours à l'aide bilatérale. Seuls quelques pays pourraient et voudraient le faire. Cette aide bilatérale est strictement politique. Elle a un coût. Il faut le savoir et il faut l'accepter.
A moins court terme, seul un accord avec le FMI, probablement assorti de conditions sévères, pourrait nous permettre de retrouver le moyen de subvenir à nos besoins en devises ».

Pour subvenir à ses besoins à court terme, la Tunisie recourra au marché interne pour se financer et donc il y aura un manque de liquidité ce qui se traduira pas une hausse du taux d'intérêt, a indiqué M. Errais.
Concrètement, la Tunisie n'aura pas le choix. L'option de la privatisation de certains établissements et celle de céder ses parts dans certains actifs non-stratégiques, comme ses participations dans les banques, s'impose comme l'un des principaux choix à étudier. Le pays devra aussi envisager le redémarrage des négociations avec le Fonds Monétaire International la tête de file des prêteurs internationaux. Non seulement ses taux sont bas mais aussi un accord avec le fonds ouvrira les portes de toutes les autres institutions financières à commencer par la Banque mondiale. Ce qui nous permettra d'avoir des ressources à moindre coût.

Le point crucial sera surtout de profiter de cet état de fait pour entamer les réformes qui s'imposent et qui ont été mises de côté à cause de leur impopularité. Les intérêts économiques du pays ont été écartés assez longtemps. Aujourd'hui, il est temps de passer à la vitesse supérieure, de booster l'économie pour créer de la richesse, créer de la croissance et de l'emploi, le tout, pour augmenter le pouvoir d'achat du Tunisien et lui garantir une vie digne.


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