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Nouvelle ISIE : Ni indépendante, ni supérieure
Publié dans Business News le 10 - 05 - 2022

Les auteurs de l'acrobatie intellectuelle selon laquelle la nomination par le chef de l'Etat des membres du conseil de l'Isie lui conférerait plus d'indépendance doivent être ravis. La composition, décidée par le président de la République dans une « chambre obscure » a été publiée hier, 9 mai 2022. Il n'y avait pas d'illusion à avoir sur l'indépendance de l'instance. Mais en plus, il n'y a aucune cohérence dans la liste de noms publiée.

Le premier enseignement de la composition de cette instance est qu'elle est formée uniquement d'hommes. Apparemment, les élections et leur arbitrage est une histoire de mecs ! Et puis, ce n'est sûrement pas sur Kaïs Saïed qu'il faut compter pour prêter attention à cet aspect des choses.
Le deuxième enseignement est que l'instance est formée en majorité d'illustres inconnus. Quatre membres sur sept ne sont pas connus du grand public ni même des initiés à la chose publique en Tunisie. Il s'agit des trois juges et de l'expert en sécurité informatique. Il s'agit de Habib Rebii, magistrat de l'ordre judiciaire, Maher Jedidi, magistrat de l'ordre administratif, Mahmoud Ouaer, magistrat de l'ordre financier et Mohamed Naoufel Frikha, ingénieur spécialiste en matière de systèmes d'information et de sécurité informatique.
Sinon, pour le reste des membres, il s'agit de visages connus de la sphère médiatique et politique puisqu'il s'agit d'anciens membres de la même instance. Farouk Bouasker bombardé président, Sami Ben Slama et Mohamed Tlili Mansri, membres. C'est là où le farfelu l'emporte sur le raisonnable. Le président de la République, Kaïs Saïed, avait critiqué, à plusieurs reprises, l'ancienne composition de l'Isie sous la présidence de Nabil Baffoun. La déclaration de ce dernier, contestant la constitutionnalité des mesures exceptionnelles du 25 juillet, est restée en travers de la gorge présidentielle. Ses acolytes, Farouk Bouasker et Mohamed Tlili Mansri ont gardé un silence prudent sur le sujet. Par ailleurs, on disait que l'Isie qui a officié pendant les élections de 2019 est une instance infiltrée par les islamistes qui ont non seulement détourné les résultats en leur faveur mais également fait fermer les yeux de l'instance sur les divers dépassements dont le financement étranger. Evidemment, aucun jugement en justice n'est venu prouver la moindre de ces allégations. Mais cela reste une comptine importante rabâchée par les soutiens de Kaïs Saïed. Comment expliquer alors que deux membres de cette même Isie, dont son vice-président, aient été repêchés pour rempiler pendant les quatre prochaines années ?

Il est également utile d'ajouter que le fan de chasse, Farouk Bouasker, est concerné par le remplacement périodique des membres de cette instance, au même titre que son président Nabil Baffoun. Il est vrai que l'une des défaillances de l'Assemblée des représentants du peuple est de ne pas avoir renouvelé les membres de l'Isie et de ne pas avoir procédé à l'élection de son président. Mais la prolongation du mandat de Farouk Bouasker contrevient à l'esprit même de la loi organique qui avait institué l'instance. Mais qu'à cela ne tienne, ce ne sera pas la première fois que le chef de l'Etat, Kaïs Saïed, contrevient allégrement à une loi ou transgresse un principe de droit.
La composition de cette instance prouve encore une fois l'enclin du président de la République, Kaïs Saïed, à la flatterie et à la flagornerie. La nomination de Sami Ben Slama en est la preuve éclatante. Il était membre de l'instance présidée par Kamel Jendoubi en tant que membre chargé des affaires juridiques et des relations publiques. Ce notaire qui a commencé à exercer en 2001 n'a cessé, depuis la fin de mission de l'instance de Kamel Jendoubi, de critiquer l'ensemble des autres compositions de l'Isie. Selon lui, elles étaient toutes inféodées, d'une manière ou d'une autre, à différents courants politiques, dont le principal est les islamistes. Depuis le 25 juillet, il n'a pas tari d'éloge sur le président de la République et sur l'excellence de sa démarche. Il a parcouru tous les plateaux médiatiques pour vanter les mérites du chef de l'Etat, Kaïs Saïed et a régulièrement été invité par la chaine nationale pour expliquer à quel point le monde est pourri et que seul Kaïs Saïed et ses soutiens peuvent sauver le pays. Mais sa page Facebook est encore plus parlante que le langage forcément policé qu'il doit utiliser lors de ses passages médias. C'est là que l'on découvre un langage bien plus fleuri qu'il utilise principalement pour insulter tout ce qui ressemble de loin ou de près à une opposition à Kaïs Saïed. Evidemment, le niveau des insultes d'un côté, et de la flatterie de l'autre, rappelle les pires porte-flingues du régime de Ben Ali.
Ce qui est certain, c'est que les efforts de Sami Ben Slama pour porter la bonne parole aux oreilles de Carthage ont été récompensés et le voilà bombardé membre de l'Isie. Cet homme, qui est arrivé à ce poste grâce à l'exhibition de sa posture politique pro-Saïed et anti tous les autres, est censé faire partie de l'instance qui va arbitrer, en toute transparence bien sûr, la course électorale entre les Tunisiens. On ne parle plus ici de farfelu mais de totalement insultant pour l'intelligence des Tunisiens.
Maintenant, il faut se préparer au déferlement des soutiens de Kaïs Saïed qui vont continuer à tenter de convaincre les Tunisiens que l'instance nommée est plus indépendante que l'instance élue. D'anciens membres de l'Isie, comme Zaki Rahmouni, se sont prêtés à l'exercice mais n'ont pas été récompensés par un poste de membre, et puis il fallait concurrencer l'expérimenté Sami Ben Slama. L'un des néo-chroniqueurs chargés de nous convaincre que Kaïs Saïed est démocrate a produit une preuve intéressante. Il a déclaré que cette instance est indépdante puisque Mohamed Tlili Mansri en fait partie, et qu'il est connu pour ses accointances avec Abir Moussi ! Quand on dit que l'on insulte notre intelligence, nous sommes encore loin du compte.


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