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Comme prévu, ce sera un monologue national
Publié dans Business News le 25 - 05 - 2022

Mauvais temps pour la dictature tunisienne. Le président Kaïs Saïed a beau prétendre être le porte-parole du peuple, il ne cesse de recevoir les claques les unes derrière les autres de la part du « peuple ».
Son programme initial était de modifier la constitution de 2014 et de la soumettre à un référendum national pour le 25 juillet. Cette constitution devait, selon ses propres dires, être rédigée par un groupe d'experts qui allaient être nommés dès le 21 mars. Ces experts devaient s'inspirer des résultats de la consultation nationale qui devait démarrer le 1er janvier 2022 et s'achever le 20 mars.
Il se trouve que rien n'a fonctionné comme prévu pour le président.

Le ministère des Technologies, chargé de développer la consultation nationale, a eu des soucis techniques et n'a pu être opérationnel que le 15 janvier. A cause de l'absence totale de toute stratégie de communication et d'une véritable campagne promotionnelle digne de ce nom, la consultation n'a reçu que 535.000 participants. Au meilleur des cas, car ce chiffre est remis en doute, puisqu'une seule personne pouvait participer à plusieurs reprises. Au vu de l'opacité qui règne, on ne sait pas vraiment si le chiffre de 535.000 est celui du nombre de visites ou celui des participants.
Toujours est-il qu'il est bien en deçà des objectifs initiaux de Kaïs Saïed qui tablait sur trois millions de participants. Et, cela dit en passant, les 535.000 ne respectent aucunement les normes statistiques. L'échantillon n'est pas du tout représentatif de la population.

Juste après la consultation nationale, le président devait nommer les membres de la commission ad hoc chargée de transformer ses résultats en projet de constitution. Dans cette optique, il a multiplié les réunions avec les juristes Amine Mahfoudh, Mohamed Salah Ben Aïssa et Sadok Belaïd.
Il a cependant changé d'avis en cours de route et a éjecté de la commission MM. Mahfoudh et Ben Aïssa. Le premier n'a pourtant pas été avare en louanges envers le président.
Il a fallu attendre le 20 mai (soit deux mois de retard) pour que Kaïs Saïed décide de la composition de cette commission, dont le nom a été transformé, par un tour de magie, en commission consultative. Sa mission est de présenter une proposition concernant l'élaboration d'un projet de Constitution pour une nouvelle République, le tout inspiré par les résultats de la consultation nationale. Médiatiquement, elle est présentée comme une sorte de dialogue national.
Alors qu'il était question que la constitution soit rédigée par le trio de juristes, la commission créée par le décret 30 du 20 mai 2022 élargit la composition en incluant l'Ordre des avocats, la centrale syndicale UGTT, la centrale patronale Utica, la fédération féminine UNFT, la Ligue tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH) et les doyens des facultés de droit, des sciences juridiques et politiques. Ils sont tous sommés de présenter leurs projets avant le 20 juin, soit un mois !
Le souci est que Kaïs Saïed n'a pas vraiment informé ces différents membres de son projet. Alors que l'on s'attendait à un dialogue national en bonne et due forme, indépendant de la commission chargée de rédiger la constitution, tout ce beau monde monde apprend, par décret publié au Jort, qu'il est membre d'une commission consultative qui doit décider de l'avenir de la Tunisie et des générations futures dans un délai d'un mois !

Devant le fait du Prince, il y a ceux qui se sont aplatis, fiers d'avoir été désignés par le président. C'est le cas du bâtonnier et de l'Ordre des avocats, de l'UNFT et de la LTDH.
Et il y a ceux qui ont refusé d'être de simples faire-valoir et devenir ainsi complices d'un projet despotique. C'est le cas de l'UGTT et des doyens des facultés. L'Utica joue pour le moment l'autruche et n'a pas encore donné sa position.
L'UGTT a refusé net la forme actuelle de la consultation et a appelé le président à faire marche arrière.
Les doyens, que personne n'a consulté au préalable, ont refusé de faire de la politique politicienne et d'être impliqués dans un projet despotique.
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Bien qu'elle se soit déjà aplatie, il n'est pas interdit de penser que la LTDH se rétracte. Il y a des remous au sein de la Ligue dans ce sens. D'anciens membres ont publié, ce mercredi 25 mai 2022, un communiqué pour affirmer leur désapprobation totale de la position officielle de leur Ligue.
Que peut faire Kaïs Saïed face à cette fronde ?
Certains estiment qu'il va se rétracter et réviser son décret 30. Son ministre des Affaires sociales Malek Zahi a laissé entendre cela.
Ce serait méconnaitre le président.

Il y a un fait, et ceci a été rappelé à maintes reprises par les observateurs politiques.
Le président de la République a déjà rédigé la constitution et il n'a besoin de l'avis de personne. Le décret 30 n'est qu'un écran de fumée, créé juste pour éviter d'être accusé de décider tout seul de l'avenir du pays. Dans les faits, la constitution a déjà été écrite et on a vu ses grands contours dans les questions de la consultation nationale.
Il entend passer en force et il a déjà préparé le terrain pour cela. Il ne supporte aucune opposition et aucune critique à son projet. C'est pour cela qu'il a éjecté Amine Mahfoudh et Salah Ben Aïssa et c'est pour cela que le décret 30 a désigné une simple commission consultative et non une commission chargée de réunir les propositions et les idées, comme il l'a dit lui-même un certain 13 décembre 2021.
C'est aussi pour cela qu'il a éjecté les députés et les partis politiques de son décret, alors que ce sont eux qui sont, légitimement, les vrais représentants du peuple.
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Enfin, bon à rappeler, il tient à ce que le référendum aboutisse à un oui massif et, pour ce faire, il a changé la composition de l'instance indépendante des élections (Isie). Il a désigné des personnes soigneusement sélectionnées pour appliquer ses décisions, même si elles sont difficiles à réaliser.
Certains membres de l'Isie ont souligné que la date du référendum du 25 juillet est insensée, cela n'a pas fait changer l'avis du président.
Business News, ainsi qu'un bon nombre d'analystes politiques, l'a dit et répété, Kaïs Saïed ne veut pas de dialogue. Il n'entend personne. Il a des idées en tête et il veut les faire passer en force, coûte que coûte.
Comme quand il reçoit ses ministres et qu'il parle tout seul pendant de longues minutes, comme quand on l'écoute durant les conseils des ministres, comme quand il était enseignant qui dicte ses cours à des étudiants muets, Kaïs Saïed entend imposer aux Tunisiens une Constitution sans que personne ne dise quoi que ce soit.
Kaïs Saïed ne veut pas de dialogue, Kaïs Saïed ne veut que des monologues, les siens.

Raouf Ben Hédi


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