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La majorité n'a pas toujours raison
Publié dans Business News le 16 - 03 - 2023

Dans le monde merveilleux des réseaux sociaux, les excités, les "chmetards", les inconditionnels de la vengeance ont toujours donné l'air de dominer l'opinion publique. Aujourd'hui encore, ils exhibent sans complexe leur exaltation de cette Tunisie divisée et haineuse et semblent en être extrêmement satisfaits.
Sauf que dans la vraie vie, le son de cloche est quelque peu différent. Certes, les Tunisiens ne veulent pas de retour en arrière et aspirent à rompre avec les figures qu'ils associent à l'échec, mais ils ne s'attendaient certainement pas à vivre une situation aussi complexe et une crise aussi pesante, le jour où ils ont soutenu le coup d'Etat.

Les Tunisiens, pour leur majorité, commencent à se sentir désarmés face à cette atmosphère lourde et anxiogène. Crise économique, cherté de la vie, absence de perspectives d'avenir, isolement du monde développé, que des problèmes et peu de solutions rationnelles proposées. Ils se laissent encore bercer par l'espoir que cette crise ne soit que temporaire et qu'une fois les ennemis de la nation neutralisés, comme le promet le président, tout reviendrai dans l'ordre. Mais une petite voix intérieure commence à leur chuchoter à l'oreille que cela est invraisemblable et qu'il vaudrait mieux ne pas se faire d'illusions.
L'élite, quant à elle, vit sous la menace. Harcelée, paralysée par cette chape de plomb qu'est l'arbitraire du pouvoir actuel. Les initiatives politiques sont devenues dangereuses pour leurs initiateurs, tout projet social est devenu louche, et tout entrepreneur est estampillé du label "voleur/magouilleur". Accusée de traitrise, de manque de patriotisme, de collaboration avec l'ennemi, l'élite politique, économique et sociale se retrouve neutralisée, avec une marge de manœuvre quasi nulle. Nous sommes tous coupables jusqu'a preuve du contraire.
Seuls ceux qui adhèrent au projet du président sont libres, autorisés à dépasser toutes les limites de la décence et de l'acceptable, sans avoir à rendre des comptes ou à répondre du mal qu'ils profèrent. Apparemment la règle est simple et le passage vers la liberté et la paix ne demande qu'un seul petit pas, certes truffé de compromission pour ceux qui se veulent sincères, mais d'après certains, rien de bien grave pour le bénéfice escompté.

Adhérer... On ne demande que ça. Qui refuserait de vivre en paix dans le meilleur des mondes, débarrassé du poids des menaces. Mais réellement adhérer à quoi ? On a beau chercher, analyser, on n'arrive toujours pas à apprécier la teneur et les contours de ce projet, annoncé porteur d'espoir pour l'humanité entière. Comme si nous étions passés à une quatrième dimension et que seuls quelques "élus" ont eu droit à la pilule rouge.
Nous, tout ce que nous percevons de notre côté, c'est des actions aberrantes, défiant toutes les lois sociales, économiques et politiques connues à ce jour. Face à la rareté des produits de première nécessité, dont l'Etat défaillant tient le monopole, on applique une politique de la terreur et une destruction des chaines de distribution, rendant ces produits encore plus rares et leur commerce fuit comme la peste. On voudrait rendre le pays attractif pour l'investissement, mais on chasse l'étranger et on estampille toute collaboration avec lui de traitrise. On veut instaurer une société idéale, dynamique et contributive, mais on tue toute initiative contradictoire.
Quel est ce projet, qui prétend réinventer la roue, et qui veut faire table rase de tout ? Non seulement de décennies de construction, qui nous ont permis de nous hisser à des rangs respectables parmi nos voisins, mais aussi de siècles d'apprentissage et d'avancées humaines en matière de sociologie, d'économie et de politique.
Dans ce sens, il serait honnête de relativiser ce qu'on appelle échec de la transition démocratique que certains qualifient de noire. La décennie était tout sauf noire, elle était même arc en ciel, assez brouillon certes, mais suffisamment ouverte pour nous contenir tous. Contrairement à ce qui se passe actuellement, elle avait pour exigences de nous mettre tous à contribution, de donner chacun du sien, volontairement, consciemment, tout en sachant que tout le monde en bénéficiera, même ceux que nous n'apprécions pas.
Sauf que la majorité a décidé que ça n'en valait pas la peine. Si chacun attendait ardemment des résultats en sa faveur, peu d'entre nous s'y étaient investis et ont accepté de concéder les mêmes bénéfices aux autres. Dans son élan, la majorité a sacrifié les institutions qui permettaient à nos voix de porter. Par pure lassitude, juste pour un peu de tranquillité. Et surtout pour le plaisir de voir ses adversaires souffrir.

La majorité domine certes, mais elle n'a pas toujours raison. Elle a souvent été le véhicule de la peur, de la panique et des choix irréfléchis. Des sortes de mouvements de foule ou chacun pense à sa survie et aucun ne songe un instant à une issue commune. Voilà pourquoi la démocratie reste le seul modèle qui permette d'en atténuer les risques, en donnant à la minorité les mécanismes nécessaires à son expression et à la formation d'un contrepoids face aux dérives. En son absence, tout le monde perd, à commencer par cette majorité qui se gargarise de son hégémonie.


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