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Taieb Houidi: A L'origine du mal tunisien
Publié dans Leaders le 06 - 06 - 2017

On sait, depuis Machiavel, que les antagonismes politiques les plus rudes n'opposent pas perversité et vertu. Ils confrontent deux sortes de vertu, celle qui élève l'Homme aux cimes de la morale (Kant) et celle qui l'élève au sommet des grandes œuvres politiques ou démocratiques (Bourguiba, De Gaulle…). A part de rares cas qui ont su concilier les deux (Mandela), cette dichotomie conduit irrémédiablement à des intérêts et des positions très opposés au sein de la société.
De la démocratie
Nier ces antagonismes ne suffit pas à les faire disparaître. En démocratie, l'objectif n'est pas d'arriver au consensus, mais de permettre aux contestations de s'exprimer, en s'appuyant sur des institutions solides qui les mettent en scène comme dans une enceinte sportive (utiliser l'image du cirque de gladiateurs conduirait à renier nos acquis historiques et culturels). Dans cette rivalité, les compétiteurs ne se traitent pas en ennemis, mais en adversaires, respectant de façon réciproque leurs droits à faire triompher leurs idées et leur camp; les institutions démocratiques consistant alors à offrir un cadre de «contrôle» de ces luttes.
Dans les démocraties modernes, l'opposition entre droite et gauche a, le plus souvent, constitué le trait de séparation donnant forme aux clivages de la société. La démocratie est le champ des dissensions entre les idéaux de liberté et d'équité (chacun en envisageant l'application selon sa vision et sa manière).Ces tensions sont continuellement renégociées entre les deux franges de la société (droite et gauche); la souveraineté populaire est l'arbitre et le pilier de cette aspiration vers l'idéal démocratique.
L'association Nidaa-Ennahdha: quel bilan à mi-mandat?
Il n'est pas dans l'objet de cet article d'énumérer les revers et les promesses non tenues des ces deux années et demie. Mais les grandes lignes seront décrites.
En Tunisie, depuis 2013, on se gargarise des concepts et des mots énoncés plus haut. Mais on en est arrivé à un grand malaise dont l'origine serait dans ce qu'on pourrait appeler «le triomphe de l'hégémonie du consensus». Situation surprenante, car elle aboutit à l'inverse des «objectifs de la révolution»; elle prive les Tunisiens de toutes les promesses faites par leur «meilleure constitution du monde». La souveraineté populaire est spoliée de tous ses domaines d'exercice; le consensus politique qui s'est traduit par un gouvernement d'union nationale durant plus de la première moitié du quinquennat ne laisse voix (et voie) qu'à l'alternance entre unanimisme et unanimisme, concorde et concorde, union et union… Ces slogans servant tous les oukases de «la nécessité de la paix sociale».
Toutes les parties qui refusent cette figure sont renvoyées «aux extrêmes» et accusées de livrer la démocratie à tous les périls. Or, de paix sociale il n'y en a point, de paix tout court non plus, de développement régional encore moins, de lutte contre la corruption, un peu et encore… grâce à une com plutôt rondement menée et encore... Pourvu que cette dernière marotte ne se transforme pas en obsession dans les médias pour de longs mois…
En fait, l'origine du mal, c'est l'association Nidaa-Ennahdha quoiqu'en dise la «bien-pensence» dominante. C'est cette alliance qui a plombé les deux gouvernements issus des élections de 2014. C'est elle qui a causé tous les ratés et les couacs de la lutte contre le terrorisme, du développement économique et social, de l'éradication de la pauvreté, du projet éducatif… Sans parler des pyromanes devenus pompiers et des opportunistes devenus défenseurs de la patrie, de l'absence de vision dans la conduite de l'Etat, de la déficience de leadership dont le résultant a abouti à une réelle scission au sein de Nidaa.
Une «deuxième» et non pas une «troisième» voie
Le peuple, loin d'être dupe, en appelle à cor et à cri à l'expression démocratique de politiques formulant de vraies visions pour le pays, de vrais projets, d'une vraie confrontation d'idées et d'options. Il veut du travail, du développement, de l'éducation, du pouvoir d'achat, de la santé. Il veut de la modernité, de la liberté, de la justice et du progrès. Presque rien de tout cela n'est concrétisé.
Le peuple refuse tout conservatisme, qu'il soit sociétal, socio-économique, culturel ou religieux. Et tous les conservatismes persistent.
La lutte contre le terrorisme et la corruption est certes une nécessité et il faut clairement la soutenir. Mais ne doit-on pas éviter qu'elle soit le cache-misère de toutes les impuissances et de tous les amateurismes ?Doit-elle constituer l'alpha et l'oméga du projet politique et économique ou en constituer seulement l'utile adjuvant? Doit-on mener en ces temps difficiles une politique économique de contrôle et de sanction ou plutôt l'accompagner par de fortes composantes de soutien à la croissance ?C'est à ces questions que doit répondre l'ensemble de la classe politique et, en premier lieu, celle qui gouverne. Or, aujourd'hui, chacun déclame son propre discours économique et ignore superbement celui du voisin, à un moment où le pays a précisément besoin de débat.
Les faits nous le montrent: depuis Août 2013, il n'y a pas eu deux «voies» en Tunisie, celle des modernistes et celle des conservateurs; il n'y en a eu qu'une, celle de l'immobilisme par le consensus, confinant, qui plus est, à appliquer la loi du gagnant (des élections), sans tenir compte des cris et des larmes d'un peuple qui estime «s'être fait avoir».
Il est alors temps de revenir aux fondamentaux de la démocratie; ceux qui opposent des politiques sociales et solidaires à celles libérales (néo-libérales dit-on, comme par aveu d'échec). L'unité nationale ne se fera que par des visions et des projets contradictoires, par une majorité qui gouverne et une opposition qui forme un contre-pouvoir aussi attentif que constructif
Cette « deuxième voie » a amplement sa place dans le paysage politique, car les tunisiens en veulent dans leur grande majorité. Mais elle doit d'abordunir dans un même creuset tous les sociaux-démocrates, afin que le pays puisse dépasser les fausses lignes de rupture. L'union d'un groupe de réformateurs inventant un nouveau leadership est une «ardente obligation», afin qu'un jour la Tunisie soit unifiée…Il faudra que chacun en appelle non pas seulement à sa sagesse, mais «à ses intérêts bien compris pour conquérir et garder le pouvoir» (toujours Machiavel). Un dirigeant éclairé connaît en effet ses intérêts et ne se laisse aveugler ni par le pouvoir, ni par ses propres passions.
Mais le voudront-ils? Le feront-ils?


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