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Kaïs Saïed continue d'écrire son Histoire
Publié dans Business News le 21 - 03 - 2023

Le discours de Kaïs Saïed, lors de la célébration du 20 mars, hier à Kairouan, est plein de messages. Après avoir modifié la date de la révolution tunisienne – communément admise au 14 janvier 2011 - le chef de l'Etat continue de vouloir réécrire l'Histoire à sa guise. Il revient même sur la colonisation française voulant, une bonne fois pour toutes, distinguer occupation et protectorat pour, au final, donner aux citoyens ce que, selon lui, ils attendent de leur président.
Dans sa déclaration fleuve de cinquante minutes, il a affirmé qu'en réalité il s'agissait bel et bien de colonisation. « Celui qui a signé le Traité du Bardo a trahi la nation et le peuple ».
Des propos qui tranchent avec ceux prononcés lors de sa visite parisienne de 2020. A l'époque, après sa rencontre avec Emmanuel Macron, c'était un tout autre discours tenu par Kaïs Saïed. Il avait affirmé, sur France 24, qu'« en Tunisie, il y a eu des crimes également, seulement sous le régime du protectorat qui n'est pas tout à fait la colonisation directe comme c'était en Algérie ».
« Des projets, une nouvelle coopération seraient peut être mieux qu'une déclaration », a-t-il clamé, affirmant vouloir « se tourner vers l'avenir » et qu'il était inutile de « demander des excuses soixante ans après ». « Qui s'excuse s'accuse », a-t-il dit. Des propos sans équivoque.

Aujourd'hui, Kaïs Saïed ne rate pas d'occasion de taper sur « ces étrangers » qui lui font la leçon, et la France se présente comme un ennemi commun tout trouvé. Il en profite d'ailleurs pour déclarer au sujet des puissances étrangères qui rappellent le pays à l'ordre face aux violations des droits de l'Homme : « Nous sommes capables de leur donner des leçons ».

Mais il n'y a pas que la France. Le choix même de la ville de Kairouan en dit long sur la symbolique que Kaïs Saïed veut donner aux dates et aux lieux. « Ce n'est pas un hasard que je sois ici aujourd'hui », a mentionné hier le chef de l' Etat, soulignant que le mouvement de libération est parti de la mosquée de Oqba Ibn Nefaa à Kairouan en 1881. Il s'agit de la seule date sur laquelle il a décidé de mettre l'accent en ce 20 mars, effaçant toutes les autres, jugées « indésirables » pour la mémoire collective.

Le président nous dit qu'il rejette les codes préétablis, les places symbolisant les anciens régimes pour mettre en avant d'autres, les siens. Pour lui, Kairouan a plus de symbolique que Tunis, la capitale, longtemps associée aux régimes contre lesquels il veut s'ériger. La ville de Kairouan, en revanche, est historiquement connue pour être l'une des villes honnies du régime bourguibien. Durant ces cinquante minutes de discours présidentiel commémorant la fête de l'Indépendance, il occulte évidemment toute mention de Habib Bourguiba.
C'est d'ailleurs Kairouan que le chef de l'Etat avait choisie pour son grand projet médical, la Cité médicale des Aghlabides, dont il ne cesse de fustiger la lenteur de réalisation, à chacun de ses déplacements sur place.

Kaïs Saïed ne rate aucune occasion pour tenter de réécrire l'Histoire à sa guise. N'est-il pas l'instigateur de la constitution qui, dans son préambule, balaye toute l'histoire du pays pour laisser entendre qu'elle a réellement débuté un certain 25 juillet 2021 ?
Pour lui, rien n'est acquis et rien n'est figé. Il a évoqué, jeudi dernier lors de sa rencontre avec la DG de l'Etap, le partage « injuste » du puits de Bouri entre Tunisiens et Libyens. Une affaire pourtant résolue depuis des dizaines d'années du côté libyen mais que le président tunisien juge utile de remettre sur le tapis. S'il le fait, ce n'est pas car il espère un quelconque revirement mais car il a besoin d'appuyer l'idée de certaines « injustices » populairement admises afin d'asseoir davantage son pouvoir et sa popularité.

Plusieurs observateurs ne cessent de dire que Kaïs Saïed est sur une autoroute, qu'il suit son plan sans vaciller d'un iota. Pourtant, il ne cesse de faire des ajustements quand le besoin l'impose, afin qu'il colle à son projet final. Pour y parvenir, il a besoin de conforter les Tunisiens dans l'idée qu'ils ont subi de multiples injustices et qu'il est là pour rétablir la justice. C'est d'ailleurs le même schéma qu'il suit avec son projet de la conciliation pénale, même si, au fond de lui, il est sans se douter que les sommes astronomiques qu'il fait miroiter ne sont qu'un énième mirage…


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