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Les pieds dans la merde et la tête dans les étoiles
Publié dans Business News le 19 - 10 - 2022

Les maitres de l'absurde à l'instar de Kafka ou du grand Albert Camus auraient certainement trouvé, en cette Tunisie de 2022, un vaste terrain de jeu. Cela aurait au moins permis que quelque chose de positif sorte de tout ce marasme dans lequel patauge le pays depuis des années. Un peuple qui vit au rythme des catastrophes, des pénuries. Un peuple dont la scène politique est rythmée par la haine, le populisme, l'incompétence et l'ignorance ne peut en aucun cas évoluer.

Commençons par ceux qui semblent être les plus nombreux : les soutiens et les fans du président de la République, Kaïs Saïed. Il faut avouer qu'ils sont dotés d'un extraordinaire culot qui leur permet de donner des leçons au monde tout en soutenant un régime qui mendie auprès de la Banque mondiale pour acheter du blé, qui se fait envoyer des aides via l'Unicef et qui implore le FMI depuis près d'un an pour pouvoir payer les salaires.
Sans trembler, ils parlent de façonner de nouveau l'approche de l'action politique en invoquant des inepties comme la gouvernance par les bases, les sociétés communautaires ou la réconciliation pénale. Non seulement le régime qu'ils soutiennent n'en réalise rien, mais en plus il les désavoue à plusieurs occasions. Et pourtant, droit dans leurs bottes plongées dans la merde, ils continuent à vanter le chef de l'Etat Kaïs Saïed, son courage et sa vision.
Ahmed Chaftar, l'un des principaux fanatiques de Saïed, avait même affirmé dans une interview que nous verrions des merveilles après les élections législatives de décembre 2022. Il faut quand même être sacrément perché pour croire un tel amas de contrevérités et de populisme. Ils ont toujours une excuse pour un président qui n'en cherche même pas. « Ils ne le laissent pas travailler », « ce n'est pas un politicien, il faut qu'il apprenne petit à petit », « les islamistes sont partout », sont autant de phrases toutes faites utilisées par les fans de Saïed afin de justifier l'injustifiable et excuser l'inexcusable. Néjib Dziri a même osé dire que Allah avait permis à Bourguiba de bâtir l'Etat national et à Saïed de le développer et de le faire avancer. Il se dit que la statue de Bourguiba à l'avenue essaye de démarrer depuis ce jour…

Il y a aussi les aficionados de Abir Moussi. En comparaison à ceux de Kaïs Saïed, ils ne manquent ni de populisme ni de violence pour défendre « Erraïssa » (la présidente) comme ils l'appellent. Il faut dire, qu'à leur décharge, c'est leur patronne qui a toujours joué la surenchère. Il faut toujours qu'elle soit la première des opposantes, la plus bruyante en tout cas. Aucune remise en cause de ses actes sous la coupole du Bardo n'est tolérée, aucune réflexion sur les conséquences de cette surenchère permanente n'est admise, il faut juste applaudir et crier que Abir est la meilleure.
Si l'on ose dire que Abir Moussi a grandement participé à paver la route à ce qui est arrivé le 25-juillet dernier, on devient un islamiste qu'il faut éradiquer. Tout est toléré, sauf critiquer Abir Moussi. Pourtant, ses fans, étant des citoyens tunisiens, payent aussi un lourd tribut au niveau de leur pouvoir d'achat et ont les mêmes inquiétudes que leurs autres concitoyens, mais leur souci est de faire en sorte que Abir Moussi devienne présidente. Ils ont un besoin presque pathologique d'être commandés, dirigés et présidés. Peu importe si, finalement, leur favorite deviendra la présidente d'un amas de cendres dont elle aura allumé la mèche. Tout de suite après la marche organisée par le PDL au centre de Tunis, Abir Moussi s'est lancée dans une grève de la faim dont personne n'a compris les raisons ni les objectifs. Cet acte de contestation totalement étranger aux habitudes des destouriens –puisqu'ils n'ont jamais rien contesté- n'a pas duré longtemps, à peine un peu plus de 24 heures. Qu'en est-il resté ? A part la volonté de faire le show, par grand-chose…

Il y également les islamistes qui devraient beaucoup plus remercier Kaïs Saïed que l'attaquer. Chez eux aussi, aucune remise en question sérieuse n'est à l'ordre du jour. Pourtant, ils sont directement impliqués dans une décennie catastrophique de gestion des affaires du pays. Pas toujours avec la même force, oui. Pas toujours avec le même nombre de ministres, c'est vrai. Avec des alliés, dont le mouvement Echaâb qui soutient aujourd'hui le président, oui. Mais cela n'exempte en rien de rendre des comptes à un pays qui aspirait à tant de belles choses en janvier 2011.
Chez les islamistes aujourd'hui, c'est la plus confortable des situations : celle de la victime. Pour eux les choses sont simples : Abir Moussi et les autres ont vilipendé l'action politique et le parlement, ce qui a pavé la route à Kaïs Saïed pour opérer un renversement du pouvoir. Eux sont les simples victimes de ce tragique concours de circonstances. Il est évident que la réalité est bien plus éloignée que cela. Et puis entendre Rached Ghannouchi, celui qui a tenté par tous les moyens de rester à la tête de son parti, qui a multiplié les manœuvres pour devenir et rester président de l'assemblée, parler de démocratie est franchement amusant. Encore plus amusant, ceux qui s'opposent aujourd'hui à Kaïs Saïed avaient voté massivement pour lui au second tour de la présidentielle sur ordre de leur patron Rached Ghannouchi. Ce même Rached Ghannouchi qui a présenté le cofondateur du parti, Abdelfattah Mourou, en guise de bouc émissaire et qui leur avait promis qu'il ne s'allierait jamais à ce corrompu de Nabil Karoui. Après tant d'errements en seulement trois ans, il faut avoir au moins le culot d'un Kaïssiste pour venir aujourd'hui donner des leçons sur le cheminement démocratique de la Tunisie.

Mais pour le meilleur ou pour le pire, tout ce beau monde se retrouvera dans les longues queues pour se fournir en carburant, ou pour acheter du sucre ou de l'huile végétale. Tout ce beau monde verra ses enfants fuir ce pays, légalement ou clandestinement. Tout ce beau monde découvrira qu'à la longue, leurs salaires ne suffisent plus pour garantir une vie décente. Tout cela sans parler de transport, de santé, d'éducation, de changement climatique etc. Mais de cela, qui s'en occupe…


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