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Kaïs Saïed ne quittera pas seul le pouvoir
Publié dans Business News le 10 - 04 - 2023

Grand bravo à notre championne nationale Ons Jabeur qui a remporté hier le WTA 500 de Charleston. Une fierté et un bonheur cette dame. Elle a hissé très haut le drapeau national, elle véhicule une extraordinaire image de la Tunisie et de la femme tunisienne.
Ons Jabeur, c'est la Tunisie qui n'est pas islamiste, Ons Jabeur c'est la Tunisie qui n'est pas terroriste, Ons Jabeur, c'est la Tunisie qui n'est pas raciste. Ons Jabeur, c'est la Tunisie qui travaille dur 24/7, Ons Jabeur, c'est la Tunisie qui respecte les règles. En termes d'image et de marketing, la performance d'Ons Jabeur dépasserait, et de loin, les meilleures boites de communication. Bravo championne ! Bravo du fond du cœur !
C'était là la seule actualité joyeuse de la semaine.
Loin des courts de tennis américains, la Tunisie de Kaïs Saïed continue à péricliter. Après l'Algérie, les Etats-Unis, la France, l'Italie, l'ONU et l'Union européenne, c'est au tour du Vatican de nous manifester une sorte d'inquiétude et d'empathie. À l'issue de la messe de Pâques (joyeuses Pâques à tous nos amis chrétiens), le Pape François a adressé, dimanche 9 avril, un message au peuple tunisien, "en particulier aux jeunes et à ceux qui souffrent à cause des problèmes sociaux et économiques". Voilà où on en est. Aura-t-on droit à la diatribe présidentielle classique comme quoi les autres n'ont rien compris au modèle tunisien ? Ou encore à un communiqué d'étonnement du ministre des Affaires étrangères, en passe de détenir le record du ministre le plus étonné de la planète ?

Le régime putschiste de Kaïs Saïed atteint les abysses, mais n'a pas encore touché le fond. Il continue encore à bénéficier d'un large appui populaire. Le Tunisien lambda n'est toujours pas convaincu que ce régime est en train de détruire l'Etat et le pays et demeure encore sourd aux avertissements venant à la fois de l'intérieur et de l'extérieur. Il n'a d'oreilles que pour les accusations conspirationnistes proférées par le président. Le chef de l'Etat peut dire autant d'inepties qu'il veut, il peut accuser sans preuves, il peut dire la chose et son contraire, il est cru, applaudi et adulé.
Quand des Tunisiens tirent la sonnette d'alarme, ils sont traités de traîtres et corrompus. S'ils insistent, ils sont jetés en prison ou, au mieux, on leur colle des procès. Quand les étrangers tirent la sonnette d'alarme, ils sont accusés d'ingérence et/ou de néocolonialisme. Derniers en date, les Etats-Unis, la semaine dernière.
Jusqu'à quand les Tunisiens vont-ils croire un président qui, après un an et neuf mois de pouvoir absolu, n'a accompli aucune réalisation réelle et qui, pour justifier son échec patent, crie tout le temps au complot ? Jusqu'à quand vont-ils croire qu'ils sont plus intelligents que les éminents experts nationaux et internationaux ? Jusqu'à quand vont-ils être serviles et aveugles face à un pouvoir clairement despotique ?

En dépit de la gravité de tout ce qui précède, il semblerait que ce qui nous attend est pire. Et ce n'est pas de l'alarmisme fortuit.
Sur le plan économique d'abord, on nous prévoit un effondrement. Le gouvernement a du mal à boucler son budget et l'hypothèse d'un crédit du FMI a été balayée d'un trait par le président de la République. Le pays manque clairement de moyens et le gouvernement ne s'en cache pas. Il refuse, cependant, les solutions qui lui sont proposées, c'est-à-dire l'austérité et la privatisation de ce qui est encore privatisable. L'Etat vit à nos dépends un grand train de vie largement supérieur à ses moyens, sans apporter de plan clair pour finir cette hémorragie. C'est d'une évidence, il ne peut pas continuer ainsi. Faute de plan, clairement approuvé par le président, nous devons nous préparer pour davantage de pénuries, d'inflation et de rationnement.
Sur le plan politique, il n'y a guère d'embellie à l'horizon. Le président s'est accaparé les pleins pouvoirs, il a rédigé tout seul une constitution et a imposé un parlement malgré un taux d'abstention record (88%) aux élections. Il a dissous le conseil supérieur de la magistrature élu et les conseils municipaux tout aussi élus, limogé les magistrats désobéissants et mis en prison les opposants. Dans un pays qui se respecte, un seul de ces actes aurait déclenché une révolution. Chez nous, c'est silence et applaudissements.
Ceci pour le passé. Quant au futur, Kaïs Saïed nous a donné un aperçu jeudi dernier à l'occasion de la commémoration du 23e anniversaire du décès du leader Habib Bourguiba. Dans un discours d'une demi-heure, il a dévoilé plusieurs de ses plans. Les opposants politiques ? Leurs mains sont tâchées de sang. Le FMI ? Hors de question. Le dialogue national ? Niet. Des élections ? Il y en aura, mais hors de question de céder le pays à ceux qui ne sont pas patriotes.

Comment comprendre le discours présidentiel ? Sans tomber dans le procès d'intention, il n'y a pas une multiplicité d'interprétations. Le chef de l'Etat ne laisse pas vraiment de place à l'opposition et au dialogue. Il gouverne seul et veut continuer à gouverner seul.
Le fait de dire qu'il ne va pas céder la place à des non-patriotes peut vouloir dire qu'il entend rejeter le verdict des urnes si jamais le candidat élu par le peuple ne lui sied pas. Il a déjà deux antécédents puisqu'il a mis au chômage 217 députés élus par le peuple (avec un nombre de voix supérieur au sien) et 7212 élus de 350 conseils municipaux.
Le président a déjà démontré son absence de respect au verdict des urnes. Rien ne l'empêche donc de faire pareil en 2024, si jamais la présidentielle a lieu à cette date (il ne s'est pas encore prononcé au sujet de la date).
Le discours du 6 avril 2023 montre que l'on est face à un président adepte du « j'y suis, j'y reste », aveuglé par le pouvoir, perché dans sa tour d'ivoire. Il entend, dès maintenant, distribuer les chèques de patriotisme, indépendamment des choix du peuple à venir.
Au vu de la réalité et des projections économiques et au vu des desseins du président, la Tunisie n'est pas sortie de l'auberge. À ce jour, son avenir semble plus noir que son passé.
Comment finissent les présidents qui refusent de se faire déloger par les urnes et qui n'assurent pas la prospérité à leur peuple ? L'Histoire est remplie de pareils exemples.


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