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Le dernier avertissement de Kaïs Saïed
Publié dans Business News le 27 - 11 - 2023

Un discours épique. C'est ce que l'on peut dire de l'intervention de Kaïs Saïed, vendredi 24 novembre, devant son chef du gouvernement, sa ministre de la Justice et sa ministre des Finances. Une intervention d'une vingtaine de minutes publiée vendredi après 21 heures, durant laquelle le chef de l'Etat a sonné le tocsin et affirmé, sans ambiguïté, que c'est là son dernier avertissement.
Dernier avertissement contre les spéculateurs, les corrupteurs, les corrompus, les fonctionnaires, les magistrats, ceux qui remettent en doute, ceux qui sèment la zizanie, ceux qui se croient au-dessus des lois et même les sarcastiques.
« Nos missiles sont toujours prêts pour le lancement pour les atteindre au plus profond d'eux, il suffit que nous lancions le signal ! », a menacé le président de la République.
Un président qui menace ses concitoyens de missiles, il n'y a qu'en Tunisie qu'on peut voir ça. Même Kim Jong-un ne l'a pas osé. L'image est terrible et terrifiante, notamment en cette période où les missiles israéliens s'abattent sur les civils palestiniens. N'a-t-il pas trouvé une meilleure métaphore pour exprimer sa colère contre tout ce beau monde ?
Ce n'est pas la première fois que Kaïs Saïed menace de missiles, c'est même sa énième fois. Et il ne rigole pas, puisqu'il a mis à exécution ses menaces. Non pas en envoyant des missiles, bien entendu, mais en mettant un coup de pied dans la fourmilière. Avant son putsch du 25 juillet 2021, il a proféré la même menace contre l'assemblée et son président. Il a dissous l'assemblée et son président croupit aujourd'hui en prison. Il a bien menacé les magistrats avant de dissoudre leur Conseil supérieur et limogé 57 d'entre eux. Il a menacé les fonctionnaires et quelques milliers d'entre eux vont être limogés dans les prochains mois, voire prochaines semaines. Il a également menacé les hommes d'affaires qui refusent d'aller à la commission de conciliation et plusieurs d'entre eux se trouvent aujourd'hui incarcérés.
Non, Kaïs Saïed ne rigole pas quand il parle de missiles, il l'a déjà prouvé. La métaphore a beau être douteuse, ça n'ôte nullement sa crédibilité à la menace.

Le souci n'est cependant pas avec la crédibilité de la menace, en dépit de sa haute gravité, mais plutôt avec la crédibilité du discours.
Kaïs Saïed a beau menacer de mettre tous les Tunisiens en prison et mettre à exécution sa menace, cela ne signifie pas pour autant que ce qu'il dit est juste. Et c'est là tout le problème.
Des dizaines de personnalités politiques sont en prison pour complot contre l'Etat, mais ont-ils vraiment comploté contre l'Etat ?
Des dizaines de commerçants et d'industriels ont été épinglés pour spéculation, mais ont-ils vraiment spéculé ?
Des dizaines de magistrats ont été limogés pour fautes graves (et autres subterfuges), mais ont-ils vraiment fauté ?
Plusieurs hommes d'affaires sont aujourd'hui en prison pour corruption, blanchiment d'argent (et autres subterfuges), mais sont-ils vraiment corrompus ?
Il faut être un gogo pour croire qu'il n'y a pas de coupable parmi tous ces gens-là. Mais on est encore plus gogo si l'on croit que tous ces gens-là sont coupables.
Or c'est là le fonds de commerce de Kaïs Saïed, il veut nous faire croire que tous ces gens-là sont coupables. Et ceci est faux, totalement faux, profondément faux.
Kaïs Saïed a des idées arrêtées et il refuse de les remettre en question. S'il y a inflation, c'est qu'il y a des spéculateurs. Si un individu est extrêmement riche, c'est qu'il est corrompu. Si un politicien s'oppose à lui, c'est qu'il est comploteur. Si une tempête s'appelle David, c'est qu'il y a une main sioniste derrière.
Il ne lui vient pas à l'idée, lui qui a toujours été salarié de l'Etat, qu'on peut gagner de l'argent, voire beaucoup d'argent, quand on est dans le privé, sans pour autant être corrupteur ou spéculateur.
Il ne lui vient pas à l'idée que le rapport qu'il cite régulièrement (celui d'Abdelfattah Amor) peut être approximatif et tendancieux.
Il ne lui vient pas à l'idée que de mauvaises choses peuvent arriver dans la vie sans qu'il y ait nécessairement un complot derrière.
Pour Kaïs Saïed, tout est complot, rien ne peut se faire sans qu'il y ait de complot derrière.
Partant, il bâtit toute sa politique sur cette idée arrêtée de complot et rejette systématiquement tout ce qui contredit cette idée.

Naturellement, quand les théories conspirationnistes de Kaïs Saïed sont confrontées à la réalité du terrain, elles tombent toutes à l'eau.
Qu'à cela ne tienne, il trouve encore des subterfuges. Les juges qui blanchissent les hommes d'affaires ? Des corrompus. Les experts qui contredisent le rapport de Abdelfattah Amor ? Des corrompus. Les journalistes qui dénoncent les supercheries ? Des vendus. Les politiciens qui défendent l'opposition ? Des traîtres. Il a toujours une excuse pour justifier l'échec de sa théorie et la vacuité de ses accusations. Combien de gogos croient à ces subterfuges ? Nombreux, hélas.
Kaïs Saïed se croit plus intelligent que l'ensemble des forces vives du pays, plus chevronné que les experts, plus juste que les juges, plus antisioniste que les Palestiniens, plus honnête que les intègres et plus patriote que les Tunisiens. Il se prend pour le messie qui a des solutions pour l'humanité toute entière (il l'a bien dit).
Vendredi dernier, parlant de responsables étrangers venus lui proposer leur aide pour confectionner des lois, il a dit qu'il n'avait pas besoin de leur aide et qu'il est capable d'envoyer des experts pour leur confectionner des lois pour leurs pays. Pourtant, il a lui-même admis, quelques minutes plus tôt, que son propre décret relatif à la commission de conciliation portait des failles.
Kaïs Saïed ne se rend pas compte de ses propres contradictions et, encore moins, du ridicule de ses propos, de ses prophéties et de ses idées arrêtées.
Le topo est dressé, mais le problème n'est plus avec le topo, celui-là on le connait déjà depuis des années.
Le problème est avec la nouvelle menace de nouveaux missiles que Kaïs Saïed s'apprête à nous envoyer. Soit on l'accompagne dans ses idées arrêtées, soit on est frappés de plein fouet. D'ailleurs, soit dit en passant, il a déjà commencé à frapper puisque les arrestations ont repris de plus belle ces derniers jours.
Quand il dit que c'est là son dernier avertissement, cela sous-entend clairement que ce qu'on va voir est pire que ce qu'on a vu. On a beau remettre en question ses idées arrêtées et dénoncer la vacuité de ses propos et l'imprécision de ses rapports, on ne doute nullement de ses menaces. Kaïs Saïed est du genre à les mettre en exécution sans ménagement. "Nul n'est grand à ses yeux", comme l'affirme le dicton tunisien.
Une fois envoyés, les missiles de Kaïs Saïed causeront de la casse, beaucoup de casse. Comme les missiles israéliens, ils ne distingueront pas les gentils des méchants, les innocents des coupables, les victimes des bourreaux, les intègres des corrompus. Ils frapperont tout le monde sans distinction et anéantiront l'économie, la politique, le social et, inévitablement, l'Etat.
La Tunisie souffre et peine aujourd'hui avec son inflation, ses pénuries et ses caisses vides ? Elle n'a encore rien vu, le pire est à venir. Promesse non dite de Saïed.


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