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Coupures d'eau et de courant, interdictions de voyage : qui se cache derrière ?
Publié dans Business News le 19 - 07 - 2024

À écouter le président de la République, la partie qui se cache derrière les coupures d'eau et d'électricité est la même qui interdit à certaines personnes de voyager. Mais quelle est donc cette partie dont parle souvent Kaïs Saïed, lui qui a fait jeter en prison tous les politiciens, les lobbystes, les hommes d'affaires véreux, les spéculateurs et les mafieux qui lui mettaient des bâtons dans les roues ?

Il y a certaines discussions de café dont on pourrait se passer volontiers. Celles, par exemple, réunissant de faux-sachants atteints de l'effet de Dunning-Kruger qui étalent leurs connaissances d'un sujet donné dont ils ne savent rien en réalité.
Le dernier communiqué de la présidence de la République, publié jeudi 18 juillet 2024 à 21h51 pourrait faire penser à ce genre de discussions de café, tant il dit trop et pas assez et tant sa formulation est alambiquée.
Alors que les communiqués officiels des Etats du monde entier ne comportent que des « sujet, verbe, complément » et ne contiennent que des informations brutes et des réponses claires, les communiqués officiels de la présidence tunisienne contiennent plein d'interrogations, des accusations épinglant des inconnus et impossibles à vérifier et des « vérités » que le bon sens ne saurait accepter.
Dans le communiqué en question, le président de la République souligne "la nécessité de poursuivre ceux qui sont derrière les coupures d'eau et d'électricité dans plusieurs régions, dans le but d'attiser les tensions. Il est inacceptable de prétendre que le réseau de distribution d'eau est délabré. D'ailleurs, pourquoi ce réseau s'est-il détérioré dans certaines banlieues et pas dans d'autres ? La Tunisie a connu des années difficiles, mais ce qui se passe aujourd'hui dans certaines régions n'est jamais arrivé auparavant.
Ceux qui sont derrière les coupures d'eau et d'électricité, entravent aussi le voyage de certaines personnes à l'étranger, et font porter la responsabilité au président de la République.
La liberté de circulation, à l'intérieur du pays ou à l'étranger, est garantie par la Constitution, sauf en cas de mesures frontalières ou d'interdictions de voyager émises par le ministère public, ce qui peut être vérifié rapidement. Or, ces derniers jours, un nombre non négligeable de personnes ont été empêchées de voyager et autorisées à partir seulement après le décollage de l'avion. Le système automatique des centres frontaliers fonctionne et s'arrête comme le font les réseaux de distribution d'eau et d'électricité", selon le communiqué présidentiel qui cite Kaïs Saïed.

Décortiqué, le communiqué présidentiel dit qu'il y a une partie qui serait derrière, à la fois, des coupures d'eau, des coupures d'électricité et des interdictions de voyage. Quelle est cette partie ? Le communiqué de Carthage ne le dit pas. Ce que l'on sait, en revanche, c'est que tous les politiciens, les lobbyistes, les hommes d'affaires véreux, les spéculateurs et les mafieux ont été jetés en prison. Trois ans durant, depuis son coup de force du 25 juillet 2021, le président de la République n'a de cesse d'accuser tous ces « conspirationnistes » de mettre des bâtons dans la roue Tunisie. Maintenant qu'ils sont tous en prison, qui reste-t-il dehors ?
D'après le président de la République, il en reste encore et cette partie inconnue serait dotée de pouvoirs surhumains puisqu'elle est responsable, à la fois, de coupures d'eau, de coupures d'électricité et d'interdictions de voyage, si l'on se réfère au communiqué nocturne du 18 juillet. Or il s'agit là de trois départements différents relevant, successivement, de la Sonede (ministère de l'Agriculture), de la Steg (ministère de l'Industrie) et de la direction des polices des frontières (ministère de l'Intérieur). Qui peut agir sur ces trois gros départements à la fois ?
En disant trop et pas assez, le président de la République identifie les coupables, mais pas les responsables. Et pourquoi donc, dans ce cas, a-t-il limogé, le 2 juillet courant, le PDG de la Sonede ? Et pourquoi en parle-t-il au ministre de l'Intérieur au lieu d'en parler à la ministre de la Justice pour arrêter ces coupables qu'il a identifiés ?

Jusque-là, les accusations à la pelle ciblant des inconnus et des parties occultes ont bien fonctionné pour le président de la République. Une (bonne) partie du peuple prend pour de l'argent comptant ce qu'il dit. Qu'il y ait des conspirations dans des antichambres occultes, tard la nuit, ne les étonne pas. Et si c'est le président de la République qui le dit, c'est donc une vérité indiscutable. Les médias et les politiciens qui prétendent le contraire et exigent des preuves accompagnant les propos présidentiels, sont des vendus et des complices de ceux qui conspirent.
À moins de trois mois de l'élection présidentielle, le chef de l'Etat ne change pas de tactique et continue avec sa rengaine habituelle. Il parle de conspiration et lance des accusations sans preuves contre des parties inconnues. Ou, du moins, inconnues pour les citoyens.
Par le passé, il a parlé de conspiration contre l'Etat et ses opposants ont été jetés en prison par dizaines.
Il y a eu des conspirations pour faire augmenter les prix du pain et des denrées alimentaires et plein de commerçants ont été poursuivis, dont certains, ont dû mettre la clé sous la porte.
Il y a eu conspiration pour ramener des migrants de l'Afrique subsaharienne, ce qui a provoqué l'arrestation de dirigeants d'ONG.
Il y a eu conspiration contre le drapeau national, camouflé suite à une décision du comité olympique, dont la conséquence a été de faire arrêter neuf personnes, toutes accusées de complot contre la sûreté de l'Etat.
À écouter le président de la République, il y a même eu conspiration (internationale cette fois) pour le choix du nom Daniel pour le nom de l'ouragan qui a ravagé la Libye en septembre dernier. Le 18 septembre dernier, il s'est interrogé : « quelqu'un s'est-il demandé pourquoi ils ont nommé cet ouragan Daniel, du nom d'un prophète hébraïque ? Cela montre la montée de l'influence sioniste ! ». Ceci est faux, mais peu importe, les citoyens boivent les paroles de Kaïs Saïed comme elles viennent et ne s'interrogent pas sur les preuves de ce qu'il avance et ne relèvent pas les non-sens.

Avec le communiqué d'hier épinglant des surhommes capables à la fois de couper l'eau et l'électricité, dans certains quartiers et pas d'autres, et d'interdire de voyage certaines personnes, le président de la République continue avec son conspirationnisme légendaire.
Sauf que voilà, le communiqué du 18 juillet trouvera écho auprès de plusieurs bonnes gens qui croiront et relaieront les propos présidentiels comme s'ils étaient de saintes paroles divines.
En ciblant ce public-là, Kaïs Saïed frappe en plein dans le mille car c'est lui qui l'acclame et sort l'applaudir à chacune de ses visites de terrain, c'est lui qui est allé voter aux élections qu'il a organisées et c'est lui qui ira voter pour lui le 6 octobre prochain. Kaïs Saïed n'a pas besoin de personnes qui demandent des précisions, des preuves et du bon sens, il a besoin de béni-oui-oui qui prennent pour de l'argent comptant tout ce qu'il dit, sans s'interroger ni pourquoi, ni comment. Des personnes sensibles aux théories du complot supposées des élites qui, on le voit en Europe et aux Etats-Unis, sont en nette montée.


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