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La mafia des déchets résiste à Kaïs Saïed
Publié dans Business News le 28 - 06 - 2024

En 24 heures d'intervalle, le président de la République s'est intéressé deux fois aux poubelles et déchets qui enveniment la vie des habitants. Il accuse des parties connues d'être derrière ces problèmes.

Mercredi 26 juin, le président de la République reçoit le ministre de l'Intérieur Khaled Nouri et le secrétaire d'Etat chargé de la sécurité nationale, Sofiene Bessadok, pour leur parler, entre autres, du non-ramassage et l'accumulation des déchets depuis des semaines dans de nombreuses régions du pays.
Jeudi 27 juin, le chef de l'Etat se déplace dans des entrepôts municipaux de la ville de Tunis pour dire qu'il y a des quartiers de Tunis où l'on n'a pas levé les ordures depuis l'aïd, soit depuis le 18 juin.
Aussi bien dans sa rencontre avec les responsables de l'intérieur que ceux de la municipalité de Tunis, Kaïs Saïed a formulé des accusations nettes et précises. D'après lui, « certains phénomènes (liés à cette question de déchets) ne sont ni naturels ni innocents » ; « Il y a des parties au sein de l'administration qui travaillent au profit des lobbies » ; « Il y a de la corruption au sein de l'administration centrale de la mairie de Tunis ». Montrant aux responsables municipaux des documents dans un parafeur, le chef de l'Etat cite le cas de trois fonctionnaires, dont il se réserve de citer les noms, qui seraient impliquées dans ces basses manœuvres.

Ce n'est pas la première fois que Kaïs Saïed laisse de côté les dossiers nationaux et stratégiques, dont un président de la République doit s'occuper en priorité, pour s'intéresser aux déchets et aux poubelles du Grand-Tunis, théoriquement, dépendants des autorités locales.
Le 13 mars dernier, il a évoqué le sujet de la collecte des ordures ménagères devant son ancien ministre de l'Intérieur, Kamel Feki accompagné du directeur général de la sécurité nationale et du commandant de la garde nationale.
Le 5 février, il s'est déplacé à la région d'El Mnihla où il a inspecté l'opération de collecte de déchets de construction qui étaient restés accumulés pendant plus d'une décennie. Une photo a fait le tour des réseaux et marqué les esprits, celle d'un Kaïs Saïed à l'air désabusé, face un large terrain vague en attente de déblaiement.
Plus loin dans le temps, en novembre 2019, il est allé en visite d'inspection dans des décharges anarchiques à Radès avec, ici aussi, avec une photo qui marque les esprits face à un amas de déchets.

Mais que pousse-t-il donc le président de la République à s'intéresser à ce sujet des déchets autant de fois dans l'année et deux fois en l'espace de 24 heures ? Et pourquoi s'intéresse-t-il exclusivement au Grand-Tunis, alors que la mairie de la capitale est réputée parmi les moins pires du pays et la mieux dotée en moyens matériels et humains ? Des problèmes de déchets, il y en a partout dans le pays, la Tunisie n'est pas vraiment réputée pour sa propreté. Il y a même des villes qui ont enduré les déchets pendant des mois à cause d'un problème aigu de décharge publique.
En se déplaçant exclusivement à Tunis pour ce sujet, et en évitant les régions intérieures, qui ne souffrent pas moins du même problème, Kaïs Saïed semble viser un problème bien particulier dont il est l'unique à avoir connaissance.
Durant sa rencontre avec les dirigeants du ministère de l'Intérieur, puis les dirigeants municipaux de Tunis, le chef de l'Etat a prononcé des phrases-clés en accusant des lobbies et des fonctionnaires et en affirmant, avec force, que certains phénomènes ne sont ni naturels, ni innocents. Avec son dossier sous le coude, rempli de noms, de photos et de rapports, il montre qu'il en sait plus que les autres.

En considérant les propos du président de la République comme la vérité absolue et qu'il ne saurait lancer des accusations fantaisistes ou être un adepte de la théorie du complot, il y a lieu de s'interroger pourquoi les autorités judiciaires n'ont rien fait contre ces fonctionnaires et ces lobbies qui empoisonnent l'existence des Tunisois et des Tunisiens en général. Si comme le chef de l'Etat l'affirme, il y a des fonctionnaires au service de lobbies qui empêchent que les ordures ménagères soient levées depuis le 18 juin, pourquoi rien n'a été fait depuis par le ministère de l'Intérieur pour arrêter la nuisibilité de ces fonctionnaires véreux et ces lobbies cupides ?
Pour beaucoup moins que ça, on a vu des arrestations et des mandats de dépôt émis contre de hautes personnalités politiques et médiatiques. Mais on n'a rien vu de tel quand il s'agit des lobbies et des fonctionnaires municipaux dont parle le président de la République.
Or, comme son parafeur le laisse montrer, le chef de l'Etat possèderait un dossier complet sur le sujet des ordures et les identités des supposés malfaisants. Qu'attend-on dès lors pour les arrêter et joindre des actes aux paroles présidentielles ?
Le chef de l'Etat sait des choses et il est théoriquement bien renseigné. Qu'il ne partage pas ses informations avec les citoyens, cela est devenu ordinaire sous sa mandature. Mais peut-on imaginer qu'il ne partage pas ses informations avec les services judiciaires et ceux de l'Intérieur ? Peut-on imaginer que ces derniers n'ont rien pu faire contre les mafias et les fonctionnaires ? Pourquoi le président de la République se doit-il de pencher sur le sujet plusieurs fois dans l'année ?

Depuis des années, et notamment depuis son coup de force du 25 juillet 2021, le président de la République ne cesse de parler de mafias, de lobbies, de spéculateurs, de corrompus et de corrupteurs. Il a fait jeter des centaines d'anciens hauts fonctionnaires et de hautes personnalités politiques et médiatiques en prison, en les accusant de corruption, de complot contre l'Etat, voire même de terrorisme.
Le fait est qu'après des années de lutte acharnée contre tous ces « malfaisants » et « ennemis du peuple », les mafias et les véreux résistent. Malgré les centaines d'arrestations, il existe encore des poches de résistance dans le milieu des ordures, si l'on se base exclusivement sur les propos présidentiels de ces dernières 48 heures.
Malgré ces évidences factuelles, Kaïs Saïed ne s'avoue pas vaincu. Avec son bâton de pèlerin, il continue sa lutte contre les mafias et les corrompus et invite, comme à chaque fois, le peuple à se joindre à lui dans sa lutte. Et peu importe que ce même peuple n'ait aucun détail sur ces conspirations des mafias et des lobbies dont parle le président de la République, l'essentiel est qu'il soit cru et approuvé par ce peuple qui boit aveuglément ses paroles et ne s'embarrasse pas de détails et de preuves. À quatre mois des élections, tout le bénéfice est là.


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