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Zoom sur une radio pas comme les autres
Publié dans Business News le 05 - 03 - 2008

Elle n'a que quelques mois et on ne parle que d'elle : la station radio Zitouna FM. Une radio religieuse qui ne devait diffuser que du coran.
Son contenu est totalement inconnu ou presque par les étrangers et investisseurs en Tunisie. Sa logique économique est quasi inexistante ailleurs puisqu'elle fonctionne en comptant sur les seules ressources de son promoteur. Malgré cela, elle attire de plus en plus d'auditeurs, comme l'attestent les chiffres de Sigma. Zoom sur une radio qui ne touche pas que les croyants.
Précisons de prime abord qu'au vu de la nature de notre ligne éditoriale et de l'identité du promoteur de la station, aborder le sujet de Zitouna FM était délicat tant les mauvaises langues pouvaient interpréter d'une façon erronée notre démarche. Il ne s'agit nullement de fayotage ou de publireportage, mais tout simplement de mettre sous la loupe un acteur de la vie médiatique et économique tunisienne. Une démarche critique qu'on fait avec tout le monde, d'autant plus que cette chaîne demeure mal connue par tous les non-arabophones.
Vendredi 29 février, au cours d'une réunion avec le ministre de la Communication, M. Rafâa Dekhil, (réunion sur laquelle nous reviendrons dans quelques semaines), notre confrère de l'Observateur, Boubaker Seghaïer, a rapporté le constat suivant : on entend de moins en moins de propos blasphématoires en Tunisie. « C'est l'effet de la Zitouna FM », conclut-il. De l'assistance présente à la réunion (ministres et responsables de médias essentiellement), nous n'avons entendu que des adhésions à ce constat.
Constat que nous enrichissons par un autre que nous avons relevé et qu'il est facile à chacun de nos lecteurs de le faire : prenez dix taxis différents et constatez combien de chauffeurs écoutent Zitouna FM. Sur trois taxis que nous avons pris, à des horaires différents, deux écoutaient la radio religieuse. Le troisième n'avait pas d'autoradio.
Dans un paysage médiatique occupé aujourd'hui par une déferlante de chaînes satellitaires religieuses véhiculant un discours qui nous est totalement étranger, une pareille station radio n'est que la bienvenue, s'est-on dit à son démarrage le 13 septembre dernier. Aujourd'hui, six mois plus tard, on remarque que ladite station ne fait pas que du coran, ce qui explique en bonne partie son (relatif) succès et n'émet pas qu'en arabe. Outre le coran, les animateurs font beaucoup d'émissions de savoir-vivre inspirées de la tradition islamique. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il ne s'agit pas de dicter le bien et le mal et de dire que ceci est un péché, ceci est toléré et ceci est autorisé, il s'agit de faire simple avec un appel au bon sens de l'auditeur. On considère celui-ci comme une personne intelligente qui n'a pas à se faire dicter ce qu'elle doit et ce qu'elle ne doit pas faire. D'où l'adhésion non démentie par les chiffres.
Selon Sigma Conseil, le taux d'audimat de la station tourne autour de 13% sur le Grand Tunis et de près de 19% sur Sfax. Un taux fort important et révélateur au vu du profil de la station.
On peut être musulman, croyant pratiquant, athée, chrétien ou juif (et la Tunisie, c'est tout cela à la fois), celui qui écoute la station ne reste pas insensible au discours qui y est véhiculé, puisqu'il découle du bon sens. Les musulmans diront que c'est là la force de l'islam (le vrai), les athées diront que le discours est inspiré des grandes valeurs humaines universelles. Peu importe qui a raison et qui a tort, le résultat est le même puisqu'on appelle à l'intelligence, au bon sens, à l'autodiscipline et au civisme ! Autre point noté à l'actif de la station, les propos sont émis en dialectal tunisien et non en arabe littéraire. Résultat : il touche directement le Tunisien puisqu'il parle son langage. C'est là le nerf de la guerre.
Que M. Boubaker Sghaier ait relevé une diminution des blasphèmes, c'est une bonne chose. Nous, on pourra dire que nous avons remarqué un meilleur respect du code de la route des chauffeurs de taxi. Un meilleur respect de nous-mêmes et un appel au savoir vivre, au civisme qui manque tant à beaucoup d'entre-nous. Que l'on soit musulman ou pas, ses émissions touchent tout le monde quand on a l'accidentelle ou préméditée occasion de les écouter. Exemple : un animateur (qui serait très célèbre parait-il) appelait un jour les auditeurs à respecter autrui en mangeant. « Il ne faut pas manger en émettant des bruits et il faut veiller à ne pas jouer avec le cure-dents en ayant la bouche grande ouverte », disait-il. Il appelait une autre fois à soigner ses dents et son haleine rappelant la tradition du prophète en la matière. Du coup, ceux qui aiment écouter la tradition du prophète (et ils sont très nombreux) adhèrent et ceux qui n'aiment pas en entendre parler adhèrent également. Le discours est à des années lumières des ordres criés par les pseudo-cheikhs égyptiens et saoudiens qu'on voit sur le satellite. Le Tunisien moyen n'ayant pas la possibilité du recul nécessaire par rapport à l'information, il ne peut que croire ce que disent comme stupidités plusieurs de ces chaînes que nous crache l'Orient. Avec une station tunisienne, en dialectal tunisien, faisant appel à la culture tunisienne spécifique et, surtout, à l'histoire de ce pays trois fois millénaires, le discours est dix mille fois plus accrocheur.
« Une telle station aurait due être lancée par l'Etat et non par un privé », a déclaré une fois notre confrère et ami Khemais Khayati. S'agissant de l'un de nos plus grands experts en matière d'audiovisuel (une vraie compétence mise, hélas !, en veilleuse par l'ERTT pour des raisons bureaucratiques aberrantes), on ne peut que l'écouter. Mais l'Etat peut-il tout faire ? « C'est son rôle », nous réplique-t-il. Ce qui est vrai du reste et nous le remarquons dans d'autres pays, tel le Maroc par exemple.
Dotée d'un capital de 700.000 dinars, Zitouna FM a été lancée par le jeune homme d'affaires Mohamed Sakhr El Materi. Petit-fils de militants bien réputés et gendre du Président de la République.
La station n'a pas de vocation commerciale, le jeune Materi gagne son pain ailleurs et appartient à une richissime famille tunisoise. Reste que la logique économique de la station est intrigante : il n'y a pas de publicité ! La station vit du mécénat de son propriétaire et réussit, malgré cela, à faire appel à de grands professeurs (le directeur de la station n'est autre que Kamel Omrane, ancien directeur de la radio nationale notamment) et à élaborer des programmes accrocheurs et sérieux comme toute grande station professionnelle qui se respecte.
Reste qu'il faudrait revenir à la suggestion de M. Khayati et d'appeler les autorités à reprendre à son compte l'idée avec une chaîne de télévision similaire. C'est le rôle du service public que de présenter un produit fortement apprécié par le public. Que le privé le fasse pour gagner de l'argent ou pour asseoir ses convictions, cela ne doit pas empêcher le service public de faire de même. Pourquoi investit-on en masse dans les émissions sportives et ne fait-on pas de même pour le savoir-vivre et le bien-être des gens ? Il est vrai que l'ERTT fait de la course à l'audimat et aux recettes publicitaires oubliant du coup son rôle majeur de service public. Avec Mosaïque et ses 53% d'audience, Zitouna et ses 13 et 19%, il est peut-être temps que l'ERTT se rappelle ses prérogatives.


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