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Quand l'Etat plafonne la banane et sabote la saison des fruits
Publié dans Business News le 03 - 10 - 2025

Le ministère du Commerce s'entête à fixer les prix des bananes à cinq et sept dinars le kilo. Une décision absurde : il n'y a pas de bananes sur le marché, les importateurs refusent d'importer à perte et, pire encore, cette mesure torpille les producteurs tunisiens en pleine saison des dattes et à la veille des agrumes.

Il faut parfois relire deux fois un communiqué officiel pour être sûr d'avoir bien compris. Mercredi 1er octobre, le ministère du Commerce a annoncé le plafonnement des prix des bananes : cinq dinars le kilo pour celles d'Egypte, sept dinars pour les autres origines. Les services de contrôle sont appelés à saisir les cargaisons du parallèle et à les réinjecter « aux prix fixés ». Problème : il n'y a pas de bananes sur le marché actuellement. Les étals sont vides et les importateurs, étranglés par ce plafond, ne prendront pas le risque de vendre à perte.
La Tunisie a déjà connu ce scénario. En mars 2023, le même ministère avait plafonné les prix, provoquant aussitôt une pénurie. Résultat : envolée des prix, spéculation, et l'Etat contraint d'importer lui-même. Le ministère semble ne pas avoir retenu la leçon.

Quand la banane casse la saison des fruits
En supposant même que des bananes arrivent aux prix plafonnés, la concurrence serait dévastatrice pour les fruits locaux. Un père de famille face à des poires à douze dinars le kilo, par exemple, et des bananes à cinq n'hésitera pas une seconde. Ce sont les agriculteurs tunisiens qui paieront l'addition.
« Je me prépare à écouler mes oranges dans quelques semaines. On parle de plusieurs mois de travail, d'investissement, de dettes. Et voilà que le ministère m'annonce que mon principal concurrent, c'est… la banane importée ! À cinq dinars ! Qui va acheter mes oranges à ce prix ? », s'emporte un agriculteur du Cap-Bon.
La situation est d'autant plus incompréhensible que les chiffres de l'inflation parlent d'eux-mêmes. En juillet, les légumes frais affichaient une hausse annuelle de 25,3 %, la viande ovine de 19,1 % et les fruits frais de 15,1 %. En août, même scénario : +23 % pour les légumes, +20,2 % pour la viande ovine, +13,4 % pour les fruits frais. Alors que la production locale est en plein tourment, l'Etat choisit d'introduire artificiellement une concurrence étrangère payée en devises.

Les règles du marché, ignorées
Etrangler l'agriculteur, c'est aussi étrangler toute une chaîne. Comment investir dans de meilleures conditions de travail, améliorer les salaires ou moderniser le transport des ouvrières agricoles si les marges disparaissent ?
À chaque accident de la route impliquant ces femmes transportées dans des bennes de pick-up, les autorités promettent de faire mieux. Mais de quelle promesse parle-t-on si, en parallèle, on asphyxie les exploitations en les forçant à vendre à perte ou à brader leurs récoltes ? Ce n'est pas seulement une incohérence économique, c'est un contresens social.
L'économie mondiale ne laisse guère de place au bricolage. Partout, l'expérience montre qu'un marché libre et une concurrence saine fixent le prix le plus juste pour le producteur comme pour le consommateur. Chaque fois qu'un Etat s'aventure à imposer ses tarifs, il dérègle le système, nourrit la spéculation et crée la pénurie. Les marchés n'aiment pas les ingérences politiques. Et les Tunisiens finissent toujours par payer la facture.
Sous prétexte de lutter contre l'inflation, le ministère du Commerce réinvente l'absurde : fixer le prix d'un produit absent et pénaliser ses propres agriculteurs. La Tunisie a besoin de réformes agricoles et de politiques courageuses, pas de coups de com' administratifs. La banane plafonnée est un symbole : celui d'un marché qu'on croit réguler alors qu'on ne fait que l'abîmer. En témoigne l'inflation à deux chiffres des prix des fruits ces derniers mois.


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