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Tunisie : Quelles solutions aux pénuries ?
Publié dans Business News le 12 - 10 - 2011

« S'ils n'ont plus de pain, qu'ils mangent de la brioche ! », disait Marie-Antoinette au peuple français, venu manifester contre la cherté du prix du pain. Cette célèbre citation, ou plutôt, l'esprit de cette citation, a été reprise aujourd'hui par nos responsables du ministère du Commerce pour répondre aux Tunisiens qui se plaignent de la pénurie du lait et des œufs : « Si vous ne trouvez pas de lait, buvez autre chose ».
C'est la panique aujourd'hui en Tunisie et la frénésie d'achat des produits alimentaires dans nos supermarchés, nos grandes surfaces, nos épiciers du coin et même nos rues animées par les laitiers improvisés.
Nous avons tous, certainement, une anecdote à raconter sur les agissements impulsifs et, pour le moins, curieux de certains consommateurs tunisiens, qui, face à des rumeurs de pénurie et de manque de produits de première nécessité, font des provisions en prévision des « mauvais jours ».
Une attitude qui crée actuellement une réelle perturbation dans l'approvisionnement du marché tunisien, notamment en lait et en eau.
Beaucoup de Tunisiens se plaignent aujourd'hui de l'absence des briques de lait dans les rayons des supermarchés et des grandes surfaces, un produit qu'ils sont obligés d'aller chercher dans les épiceries au prix fort. Certains seraient même prêts à parcourir des kilomètres afin de se procurer un pack de lait.
De nombreuses questions suscitent aujourd'hui l'intérêt des consommateurs tunisiens : Pourquoi ne trouve-t-on pas de lait ? Pourquoi les prix sont-ils de plus en plus élevés ? Est-ce que les produits destinés à notre consommation sont exportés en Libye aux dépens de nos besoins ? Les agriculteurs et les spéculateurs sont-ils en train d'en profiter sur le dos des pauvres citoyens.
Afin de rassurer les citoyens tunisiens et d'éclairer certaines zones d'ombres, une conférence de presse s'est tenue aujourd'hui, mercredi 12 octobre, au siège du ministère du Commerce et du Tourisme, en présence de Habib Dimassi, directeur général du Commerce, Fathi Fadhli, D.G. de la Concurrence et des Recherches économiques, ainsi que d'autres responsables du ministère.
Habib Dimassi, affirme que la pénurie de lait est naturellement expliquée par la période annuelle de basse lactation que traverse la Tunisie en automne (et qui durera jusqu'au mois de décembre).
La Tunisie a traversé, durant les mois derniers, une période de surproduction de lait qui a amené les agriculteurs à se débarrasser d'une partie de leur production afin d'éviter, notamment,les problèmes de stockage et de veiller au respect des règles d'hygiène.
Notons également qu'une unité de production a stoppé son activité à Jendouba, début octobre, à cause de revendications et de sit-in organisés par les habitants de la région, réclamant du travail. Cet arrêt d'une semaine de production (400.000 litres/ jour) a aggravé le problème d'approvisionnement du marché.
Le directeur du commerce, Habib Dimassi, a tenu à rassurer en certifiant que les quantités sont actuellement disponibles et qu'elles sont suffisantes pour subvenir aux besoins des citoyens :« Nous distribuons aujourd'hui 1, 62 millions de litres de lait par jour, dont une certaine proportion est prélevée sur notre stock stratégique»
Selon M. Dimassi, cette pénurie serait attribuée, également, à l'attitude exagérée des consommateurs tunisiens face aux rumeurs qui circulentà l'approche des élections du 23 octobre : « Nous appelons les citoyens à adopter un réel changement des habitudes et des comportements rationnels et à s'adapter à cette période de transition pour le bien du pays. »
« Les Tunisiens suivent l'effet de masse et achètent en grandes quantités afin de ne pas se retrouver à court de matières de première nécessité, face à des rumeurs infondées. »
Il a également été déclaré, qu'à partir du mois prochain, 3 millions de litres de lait seront importés afin de remédier aux problèmes de pénurie dont souffre actuellement le marché tunisien. Une importation qui se fera graduellement.
Concernant la Libye, le D.G. du Commerceaffirme que les exportations vers la Lybie ne seront pas interrompues et que les autorités seraient prêtes à importer davantage de lait dans le but de combler les besoins du marché libyen :« Dans le cadre de l'exportation légale, le marché libyen ne représente pas de problème. Les exportations en Libye ont généré pour la Tunisie, 55 millions de dinars en 9 mois ».
Le problème rencontré actuellement, concerne cependant l'exportation anarchique de produits de première nécessité vers la Libye. Les contrôles sont actuellement en train d'être intensifiés afin de remédier à ces problèmes.
Le non-respect de la chaîne de distribution, qui passe du producteur au consommateur final, est également une des causes de la perturbation du marché. Des mesures ont été entreprises, dans ce sens, afin d'y remédier.
18 équipes spécialisées ont été recrutées afin de contrôler ces pratiques et de veiller au respect de la transparence des transactions.Au cours de la semaine dernière, 6 cas d'infractions ont été enregistrés dans le Grand Tunis, dont la saisie de 3 camions remplis de laits empaquetés vendant du lait sur la voie publique.
Après le lait et l'eau, c'est au tour des œufs !
En effet, le marché des œufs connait actuellement une pénurie accompagnée d'une hausse significative des prix. En effet, depuis deux ans, les producteurs affirmant que leur production était vendue à perte, souhaiteraient aujourd'hui profiter de la situation actuelle pour réaliser des bénéfices et font passer leur marge de 10% à 50% !
Selon Fathi El Fadhli, des négociations sont actuellement engagées avec les professionnels du secteur afin de remédier à cette« hausse injustifiée » des prix des œufs qui constitue le réel problème du marché. Les contrôles sont également en train d'être intensifiés au niveau des prix fixés par les agriculteurs, mais également au niveau de l'exportation illégale et la spéculation avec les œufs.
Fathi El Fadhli affirme que, pour remédier au problème de pénurie des œufs, entre 136 et 140 millions d'œufs seront distribués durant le mois d'octobre.
Le marché tunisien est-il capable, aujourd'hui, de faire face à la frénésie collective qui semble s'emparer de nombreux consommateurs ? La situation est-elle plus critique que celle rencontrée au lendemain de la révolution du 14 janvier ? Synda TAJINE


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