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Tunisie - Il faut sauver les entreprises confisquées de la famille Ben Ali
Publié dans Business News le 04 - 03 - 2012

Elles emploient des dizaines de milliers de personnes et elles généraient d'énormes revenus pour leurs propriétaires et pour l'Etat. Depuis la révolution, elles sont, quasiment toutes, en chute libre suite à l'emprisonnement ou à l'évasion de leurs premiers dirigeants. Les 240 entreprises, qui appartenaient à la grande famille Ben Ali, ont été confisquées et sont dirigées, depuis un an, par des administrateurs judiciaires. Une situation provisoire qui ne saurait durer vu qu'il y va de la pérennité même de ces entreprises et de leur valeur.
Leur chute ne profite à personne et leur sauvetage profitera, en premier lieu, au gouvernement.
Pourtant, aucune décision n'a encore été prise concernant ces entreprises. Et le coût de la « non-décision » risque d'être supérieur à toute prise de décision, même si elle est mauvaise.
Les ministres de la troïka croulent sous des dossiers des plus urgents. Pour beaucoup d'entre eux, ils sont dépassés par l'ampleur de ces dossiers. Conscients de la délicatesse de ces dossiers, et du poids de la décision qu'ils doivent prendre, ces ministres refusent encore de trancher. Ils temporisent jusqu'à y voir plus clair. S'il est évident que la meilleure façon de ne pas se tromper est de ne rien faire, il est évident aussi que le fait de ne rien faire a un coût.
Sur les 240 entreprises confisquées, on dénombre 240 diagnostics différents. En l'état actuel de la situation, on peut cependant les diviser en trois catégories.
Celles qui sont définitivement perdues et n'ont plus d'avenir, celles qui sont actuellement mal gérées, mais peuvent être sauvées et celles qui sont bien gérées, mais qui risquent de rechuter. Quel que soit le cas auquel appartient l'entreprise confisquée, il est impératif pour l'Etat de s'en débarrasser.
Pour le premier cas, maintenir artificiellement en vie une entreprise qui n'a plus d'avenir a un coût que le contribuable est en train de payer inutilement.
Pour le deuxième cas, les nominations des administrateurs judiciaires ont été faites à la hâte, sous le gouvernement de Caïd Essebsi et il est impératif de changer ces administrateurs afin de sauver ce qu'il y a encore à sauver.
Pour le troisième cas, les nominations des administrateurs ont été judicieuses, mais ces administrateurs (des experts comptables et des experts judiciaires) n'ont ni la latitude, ni le souffle pour continuer à gérer ces entreprises plus longtemps.
Les entreprises dont on parle sont connues par le grand public. Certaines d'entre elles sont même réputées pour leur succès. Grâce à qui l'on sait, certainement, mais surtout grâce au professionnalisme et au sérieux de leurs salariés.
Parmi ces entreprises à succès, citons Ennakl, Stafim Peugeot, Alpha Ford, Cactus Prod, Karthago Airlines, etc.
Ces entreprises ont, ces dernières années, généré des résultats bruts colossaux dont 30% ont été versés à l'Etat sous forme d'impôts sur le bénéfice.
Le fait qu'elles aient été présidées par des membres de la famille Ben Ali y est certainement pour quelque chose dans leur succès. Mais c'est loin d'être l'unique explication, puisque plusieurs parmi les entreprises de la galaxie Ben Ali étaient mal gérées et ne dégageaient aucun bénéfice.
D'autres entreprises, enfin, n'étaient pas encore bénéficiaires, mais elles étaient en pleine période d'investissement et de croissance. C'est le cas notamment de la Banque Zitouna, Shems FM, Dar Assabah, Carthage Cement, City Cars (Kia), Bricorama…
Mais quel que soit l'état de santé de ces sociétés, elles se sont retrouvées, du jour au lendemain, sans premier dirigeant. Donc, sans capitaine.
L'Etat a trouvé une solution provisoire en nommant, à la hâte, des administrateurs judiciaires. Ils sont payés autour de 2000 dinars par mois et pour chaque entreprise administrée.
Certains de ces administrateurs ont trouvé des entreprises florissantes qui ont pu survivre grâce à la compétence et à l'engagement de leurs salariés. Leur tâche a été plus ou moins facile, ils n'ont eu qu'à valider des décisions de bon sens. D'autres ont dû faire face à des remous syndicaux importants, mais ont pu, néanmoins, tirer leur épingle du jeu et sauver la société de la liquidation en conjuguant leur propre savoir-faire à la technicité des employés.
Seulement, tous les administrateurs ne sont pas aussi compétents ou n'ont pas pu dégager suffisamment de temps pour gérer ces entreprises. La société était florissante à leur arrivée, il y a un an, elle ne l'est plus aujourd'hui et son avenir est des plus incertains.
Ces administrateurs n'ont pas le courage (ou la volonté) de démissionner et continuer à liquider les affaires courantes, en recevant leurs honoraires mensuels, sans se préoccuper de l'avenir de la société qu'ils sont en train de gérer. Pourtant, si elles étaient bien gérées, ces entreprises peuvent être sauvées et retrouver un avenir radieux. Faut-il cependant que ces administrateurs aient la technicité suffisante. Or il n'est pas du tout évident qu'un expert-comptable ou un expert judiciaire ait cette technicité. En dehors de quelques points, une entreprise de presse ne se gère pas comme une entreprise industrielle et une entreprise commerciale ne se gère pas comme une entreprise agricole. A chaque secteur d'activité ses spécificités.
Pendant un an, ces entreprises, quel que soit leur cas, sont en train de vivre une étape intermédiaire. Et cette étape ne saurait durer plus longtemps. Il leur faut un véritable capitaine engagé qui élabore un plan valable pour les années à venir, un capitaine capable de négocier et de rassurer les partenaires internationaux (ceci est notamment valable pour les concessionnaires automobiles qui ont des engagements et des comptes à rendre aux maison-mère).
Plus cette étape intermédiaire perdure, plus le risque de voir ces entreprises se déprécier grossit.
Et personne n'a à gagner de voir ces entreprises se déprécier. Cette étape, en résumé, est du perdant-perdant et il est impératif de changer ces administrateurs au plus vite.
Trois solutions se présentent pour sortir de cette impasse. La première est de procéder à une évaluation valide de ces sociétés sur le terrain à partir de rapports établis par les administrateurs et de comités de réflexion ad-hoc. Une évaluation comptable (basée sur le chiffre d'affaires et les résultats) étant certainement trompeuse.
Une fois l'évaluation élaborée, on lance des appels d'offres nationaux et internationaux pour la cession de ces entreprises confisquées.
Cette étape se heurte cependant à un obstacle : certains, parmi les investisseurs potentiels, se trouvent sous le coup de procédures judiciaires ou, plus cynique, de mesures conservatoires (interdiction de voyage notamment) qui les empêche de sortir au grand jour pour racheter et sauver ces sociétés.
Il est urgent de cesser de casser ces investisseurs et de les accuser de tout et de n'importe quoi. Soit ils sont coupables et il faut qu'on les juge. Soit on n'a rien contre eux, et il faut que l'on cesse leur harcèlement médiatico-juridico-administratif.
La deuxième solution préconisée est de les introduire en bourse. Solution vers laquelle tend la commission de confiscation. On parle d'ores et déjà de l'introduction d'une quarantaine de sociétés pour une valeur globale de 170 millions de dinars.
Cette solution se heurte au même problème que la première (comment séduire les investisseurs taxés aujourd'hui de tous les maux) et soulève la question des limites du marché boursier tunisien. La Bourse de Tunis est-elle capable, en quelques mois, d'absorber autant d'entreprises et de dégager autant d'argent ? Le doute est permis, d'autant plus que cet argent pourrait servir à l'expansion d'autres entreprises florissantes qui s'apprêtaient à entrer en bourse.
Donner l'argent pour racheter les entreprises confisquées de la galaxie Ben Ali signifie en priver d'autres.
La troisième solution est la plus mauvaise : nationaliser les entreprises confisquées et les garder sous la coupe de l'Etat. Elle est mauvaise car elle prive l'Etat de gros revenus substantiels en cash. Elle ne résoudra nullement le problème puisque, très souvent, les entreprises privées sont toujours mieux gérées et plus performantes que celles publiques.
Une chose est sûre, c'est qu'une décision doit être prise au plus vite vu que cette étape provisoire alimente le risque de faire déprécier davantage ces entreprises et donc de générer des revenus inférieurs à l'Etat. Sans parler du risque de voir ces entreprises partir, carrément, en faillite


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