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Tunisie - Médias vs pouvoir : période d'accalmie ou début de soumission ?
Publié dans Business News le 20 - 05 - 2012

Les observateurs ont remarqué, lors de ces 20 derniers jours, que les attaques contre les médias ont diminué d'intensité de la part des dirigeants du parti Ennahdha, aussi bien dans leurs déclarations de presse que dans les interventions des membres de ce parti à l'Assemblée nationale constituante.
Plus de recommandations sulfureuses de privatiser les chaînes publiques, ni d'appels continus à axer le journal télévisé sur les activités du gouvernement et de la présidence de la République. Ce changement veut-il dire qu'Ennahdha a lâché prise dans sa bataille pour la mainmise sur les médias ? Ou plutôt que ces derniers, et particulièrement la Télévision nationale et ses deux chaînes, sont sous la botte du pouvoir ?
Il est utile de rappeler trois événements ayant coïncidé avec la période de grande tension entre les médias et le gouvernement. D'abord, le sit-in devant le siège de la télévision nationale qui s'est prolongé pendant 50 jours et qui a été, au départ, complètement ignoré par les citoyens, les médias et les employés de la télévision malgré les intimidations proférées contre les journalistes de la télé.
Il a fallu que Cheikh Rached Ghannouchi et Ameur Laârayedh parlent de privatisation et que les sit-inneurs relaient cet appel pour que la tension monte à son paroxysme et que la société civile se mobilise pour soutenir les employés de la télévision. Le sit-in opposé des employés de la télé pour défendre leur établissement a obligé le parti Ennahdha à lever le sien, opérant, ainsi, un recul temporaire, comme n'ont cessé de rappeler les sit-inneurs nahdhaouis, face à cette élite qui a montré encore une fois son attachement aux acquis démocratiques de la révolution.
Ensuite, il est utile de rappeler le fiasco de la première réunion de la consultation nationale sur les médias, organisée le 25 avril dernier. Le Syndicat des journalistes tunisiens (SNJT), l'Instance nationale de réforme de l'information et de la communication (INRIC), ainsi que plusieurs personnalités nationales du monde des médias ont assisté à la séance d'ouverture avant de demander le report de cette réunion «mal préparée».
Face au refus du gouvernement de suspendre cette consultation, voire de la transformer en un atelier de réflexion sur la question, ces participants (SNJT, INRIC, syndicat de l'information de l'UGTT, Sihem Ben Sedrine, Tahar Ben Hassine, etc.) ont décidé de la boycotter, laissant les officiels dans une sorte de «one man show».
De plus, la présence de certaines figures médiatiques de l'ancien régime sur la liste des invités a envenimé davantage la situation, poussant les observateurs à s'interroger sur les portées de la réforme préconisée.
Dernier fait à retenir, la conférence de presse tenue le 4 mai par le PDG de la télévision tunisienne, Adnène Khedher, avec à ses côtés, Saïd Khezami, directeur de l'information à la télé, le journaliste Maher Abderrahmane et Najla El Amri, directrice régionale de la BBC, pour présenter «le code de déontologie» ou «la politique rédactionnelle de la télévision tunisienne».
Le journaliste Maher Abderrahmane avait alors indiqué que ce projet était le fruit d'un travail collectif des journalistes dans des ateliers qu'il a chapeautés depuis février 2011 en collaboration avec la BBC.
De leurs côtés, Adnène Khedher et Saïd Khezami avaient insisté sur l'engagement des journalistes de la télévision nationale en tant que service public à respecter la crédibilité de l'information et le droit du citoyen à une information transparente, précisant que ce code «constitue l'ébauche d'une politique rédactionnelle pour la télé nationale de manière à garantir l'intérêt du citoyen, de l'institution et du journaliste».
C'est dire que la télévision tunisienne n'a pas chômé en matière de réforme et que l'amélioration continue de son audimat, notamment celui du journal télévisé de 20 heures, traduit une crédibilité en hausse auprès du public, contrairement à ce que prétendent les gens d'Ennahdha.
Ces successions d'événements ont bousculé le projet de mainmise d'Ennahdha sur les médias. Encore une fois, leur théorie d'arbitrage de la rue a subi un camouflet. Le terrain a opposé les thèses structurées des professionnels des médias et de la société civile sur l'indépendance des médias aux slogans creux d'une poignée de badauds qui n'ont pas de consistance dans les propos. Les barons d'Ennahdha ont préféré observer de la colline le déroulement des événements, tout en donnant à ces «citoyens» le droit de s'exprimer.
Par ailleurs, l'estocade finale a été donnée par le projet de code de déontologie de la télé qui a été présenté par des personnalités qu'Ennahdha a amenées à la télévision tunisienne, en l'occurrence Adnène Khedher et Saïd Khezami.
C'était la deuxième fois en un mois que ce duo a fait subir un camouflet à Ennahdha concernant l'évolution de la ligne de rédaction du journal télévisé. La première avait eu lieu dans un débat télévisé.
Donc, les professionnels ont dit leur mot. Il y avait nécessité de se replier, tactiquement du moins, surtout que la réalité a montré qu'Ennahdha manque terriblement de compétences sur le terrain qui peuvent œuvrer de l'intérieur même des circuits.
Rached Ghannouchi en est bien conscient. Il a répété plusieurs fois que «l'élite n'est pas avec nous» et que «le peuple ne peut pas avancer sans son élite». Ennahdha va donc réfléchir avant de rebondir sur les médias.
Cela dit, il est bon d'observer le changement de ton dans le traitement des informations gouvernementales aussi bien dans le journal télévisé que dans la programmation ordinaire.
Des faits insolites ont été observés il y a quelques jours où l'on a diffusé de larges extraits, parfois l'intégralité, des discours du président de la République et du chef du gouvernement après la fin du journal télévisé.
Le téléspectateur avait, du coup, l'impression d'avoir deux journaux télévisés qui durent plus d'une heure. Du jamais vu dans les pays démocratiques dans les chaînes généralistes et en temps normal.
Mais même le journal télévisé n'échappe pas au retour des informations gouvernementales insipides où l'on voit tel ministre recevoir telle personnalité ou signer telle convention.
Si l'information gouvernementale doit obligatoirement avoir toute sa place dans une télé publique, il n'est pas dit que cette télé doit diffuser tout ce qu'entreprennent les ministres, y compris le travail ordinaire.
S'agit-il d'une volonté de calmer la tension de la part des journalistes de la télé ou d'un début de soumission et un retour en arrière avec la langue de bois et les caresses dans le sens du poil ? L'avenir à court terme le dira…


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