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Tunisie La vérité inquiétante sur les maladies contagieuses
Publié dans Business News le 09 - 08 - 2012

Il ne s'agit pas de semer la panique auprès de nos compatriotes, mais le risque du retour des maladies contagieuses est bien réel. Du Nord au Sud, d'Est en Ouest, notre beau pays s'est transformé en une immense décharge publique. Par conséquent, nous sommes à deux doigts d'une flambée de choléra, de peste, de fièvre typhoïde ou encore de Paludisme. La menace est d'autant plus imminente et sérieuse que nos frontières sont devenues de véritables passoires, même pour les germes.
Cela a commencé par notre cheptel. La peste touche nos petits ruminants, moutons et chèvres. Au mois de mai 2012 déjà, trente deux cas de maladies ont été enregistrés, et entre juin et juillet 2012, on signale 77 autres. De l'aveu même du ministère de l'Agriculture, « quatre-vingt-quinze pour cent des cas de peste animale constatés sont dus aux opérations de contrebande en provenance du territoire algérien ainsi qu'au transport des animaux non conforme aux normes sanitaires requises ».
Au ministère de l'Agriculture, on se veut rassurant : le mot peste n'est pas aussi effrayant qu'on l'imagine, le pouvoir pathogène de la maladie est très bas, donc le taux de mortalité est faible et la maladie n'est pas contagieuse pour l'homme, même s'il venait à manger de la viande de bêtes contaminées.
La maladie ne serait pas nouvelle non plus. Elle serait apparue en 2008 au Maroc et comme on considère que le Maghreb est une seule unité du point de vue épidémiologique, on a déduit que nous pourrions avoir quelques cas de peste des petits ruminants. A l'époque la Tunisie n'était pas outillée pour faire des prélèvements. Une lacune qui a été comblée en 2009. Depuis, un réseau de surveillance efficace s'est mis en place.
D'autre part, le ministère de la Santé se débat pour expliquer aux citoyens que le Vibrion Cholérique trouvé dans les stations de traitement des eaux usées de Rades Méliane et d'El Kantaoui à Sousse n'était pas si méchant que ça. C'est vrai que dans la famille des agents du choléra, il y a plus de 140 sérotypes, et que seuls deux types engendrent le choléra, mais tous les autres donnent des gastroentérites et des infections systémiques (maladies qui affectent la circulation du sang). Comment être sûr que ce n'est pas le plus agressif des germes du choléra qu'on a trouvé à Radès ? On n'en sait rien, le ministère ne l'a pas précisé mais il a quand même dit qu'il ferait le maximum pour que cette bactérie ne soit pas en contact avec la population. On n'a pas vu de campagnes de sensibilisation à cet effet.
Par contre, nous avons vu des campagnes populistes montrant nos gouvernants ramassant les ordures, l'espace d'une séance de caméra. Là aussi rien n'a été dit sur les effets de l'insalubrité de l'environnement et de la santé. On a l'impression qu'il s'agit uniquement d'un problème d'esthétique des villes. C'est vrai que la majorité de ces dernières, n'échappent pas au spectacle de ces amas d'ordures ménagères amassées sauvagement plusieurs jours durant. Mais il n'y a rien de meilleur pour constituer un véritable bouillon de culture où les germes les plus inattendus vont proliférer. Salmonelles, mouches, moustiques, rats, souris vont se nourrir bien comme il faut et nous transmettre copieusement les maladies les plus diverses : paludisme, intoxications alimentaires, fièvre typhoïde, choléra, peste etc.
Contacté par Business news, Dr Mohamed Rabhi, ingénieur en génie sanitaire au ministère de la Santé nous a fourni les précisions suivantes : « Effectivement, la situation est problématique, concède t-il. Nous avons un problème épineux avec les ordures ménagères. Elles sont composées à 80% de matières organiques. Et qui dit matières organiques, dit prolifération facile de germes de toutes sortes : microbiologiques, comme les bactéries, les virus, les parasites ; insectes : mouches et moustiques vecteurs potentiels de transmission de maladies ; animaux : rats, souris réservoir de maladies. La situation est tellement critique qu'on peut imaginer la flambée de toutes sortes de maladies.
Autre problème auquel notre santé est confrontée, c'est l'incinération sauvage de ces ordures. Croyant bien faire, certains citoyens jettent une allumette sur ces déchets ou bien encore c'est spontanément, puisqu'avec tous les gaz qui se dégagent, il suffit qu'il y ait un contact d'une étincelle, et c'est le feu qui prend.
Au cours de l'incinération, la combustion n'est jamais complète, seules les matières sèches, comme le papier, brûlent en surface, et à l'intérieur la température chauffe provoquant une émanation de gaz toxiques dont les dioxines. Ces derniers sont très dangereux car ils sont absorbés par la chaîne alimentaire riche en matière grasse. Les conséquences sont très néfastes pouvant être en rapport avec l'apparition de cancers. L'incinération est donc à éviter car elle accentue la prolifération des germes.
La chaleur actuelle n'arrange pas les choses. On ne peut plus gérer cette situation car plus il fait chaud, plus la prolifération des germes est rapide, elle voit sa vitesse se multiplier par un chiffre à exponentielle.
Dr Rabhi craint le pire pour la saison à venir, si on ne fait rien. Les premières pluies vont provoquer des ruissellements qui vont emporter avec eux des déchets riches en microorganismes de toutes sortes vers les habitations, les lieux publics, etc. On va, alors, cohabiter avec tous ces germes et, ainsi, le terrain va être propice aux maladies les plus diverses !
Quelle est la solution ? Le pouvoir public doit agir immédiatement quitte à réquisitionner l'armée pour nettoyer le pays ».
Pour rendre à César ce qui lui appartient, le ministère de la Santé a publié un communiqué dans lequel il « insiste sur l'obligation pour les citoyens de procéder à une élimination hygiénique des ordures et ce, en s'abstenant de jeter ces déchets dans des endroits non réservés à cette fin, en respectant les horaires de l'enlèvement des ordures par les services municipaux, en évitant de recourir à l'incinération des déchets et en contribuant aux campagnes nationales visant le respect de la propreté générale des quartiers et l'amélioration du cadre de vie ».
Ce communiqué reste assez timide, peu pratique et très discret, pour la population qui a besoin de savoir la vérité sur tout, d'une façon générale, et sur sa santé en particulier. D'ailleurs, n'eussent été les indiscrétions d'une journaliste qui est tombée par hasard sur un rapport transmis à la station des eaux usées de Radès, la population n'aurait jamais su qu'il y avait un risque de réapparition du choléra en Tunisie. Même si ce risque est très minime, la journaliste aura quand même eu le mérite d'alerter les Tunisiens et les appeler à plus de vigilance.


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