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Tunisie - Moncef Marzouki, maître du destin du CPR
Publié dans Business News le 29 - 08 - 2012

Au-delà des réactions immédiates à ce qui s'est passé au 2ème congrès du CPR, notamment le contenu de la lettre qui lui a été adressée par le fondateur du parti, Moncef Marzouki, il est utile de revenir sur les péripéties de ce congrès pour mieux comprendre ses implications et son impact sur l'échiquier politique. Marzouki a-t-il fait un simple dérapage verbal comme il en fait régulièrement ? Pourquoi un tel remue-ménage dans le bureau politique ? Que signifie le retrait de candidature d'Imed Daïmi au poste de secrétaire général ?
Une lecture ‘froide' du discours d'ouverture de Moncef Marzouki indique qu'il contient deux parties. Dans la première, Marzouki a affirmé son attachement à cette Troïka, comme option de gouvernance en Tunisie, la qualifiant de ‘choix opportun' et insistant sur le fait qu'il ‘la referait, si jamais l'histoire revenait en arrière'. Marzouki a espéré ‘la poursuite de cette alliance à l'avenir sous une forme ou une autre.
Ensuite, dans son évaluation de l'état des lieux de cette alliance, il a pris de la distance. "Ce qui complique la situation, c'est le sentiment grandissant que nos frères d'Ennahdha s'emploient à contrôler les rouages administratifs et politiques de l'Etat", a écrit le président. "Ce sont des pratiques qui nous rappellent l'ère révolue du président déchu, Zine el-Abidine Ben Ali, a-t-il dit, dénonçant "des nominations de partisans d'Ennahdha à des postes clés, qu'ils soient compétents ou non", a-t-il notamment dit.
Une synthèse de ce discours indiquerait donc que Marzouki a confirmé son choix de faire partie de la Troïka au pouvoir, tout en essayant de la projeter vers l'avenir. A cet effet, et pour être en harmonie avec la rue, Marzouki s'est permis de critiquer son allié encombrant. Il est donc clair que Marzouki veut reprendre un espace vital propre à son parti parce qu'il a perdu par trop de connivence avec Ennahdha. S'il ne prend pas ses distances, le CPR n'aura pas d'avenir.
Le leader d'Ennahdha, Rached Ghannouchi, fut le seul à garder son sang froid et à se limiter à tacler politiquement Marzouki. Dans son allocution à l'ouverture du congrès, il a affirmé, au sujet du paragraphe qui a provoqué la colère des responsables nahdhaouis, que ‘les propos du président de la République n'engageaient nullement le CPR', sous-entendant ainsi que ces propos n'avaient pas d'importance et qu'ils n'entachaient en rien les bonnes relations qu'entretiennent Ennahdha et le CPR.
Ghannouchi a donc fait la part des choses et compris que de tels propos n'auraient pas de conséquences sur l'avenir de la Troïka. Pour le reste, Marzouki est ‘libre de jouer', insinue le leader d'Ennahdha.
Les suites du congrès ont confirmé ce constat que cette différenciation avec Ennahdha a été recherchée par la direction historique du CPR. La reconduction avec les honneurs de Mohamed Abbou, un des fidèles de la ligne de Marzouki, au poste de secrétaire général, n'est que l'un des signaux.
Abbou est certes connu pour être un fidèle à la ligne historique du parti. Mais il n'y a pas que cela. Il défend la position de prise de la distance par rapport au parti Ennahdha, tout en maintenant l'attachement à la Troïka pour la gouvernance du pays. N'a-t-il pas démissionné en juin dernier du poste de ministre de la Réforme administrative, estimant que le chef du gouvernement, Hamadi Jebali, ne le laissait pas exercer ses prérogatives de lutte contre la corruption au sein de l'administration ?
Autre détail d'importance, Abbou sera secondé par un bureau politique composé de dix membres qui comprend, entre autres, trois conseillers du président Marzouki qui viennent de rejoindre le CPR lors de ce congrès. Il s'agit de Adnane Mnasser, Aziz Krichène et Tarek Kahlaoui.
Le règlement intérieur du parti a été amendé pour permettre leur intégration accélérée au sein de la direction du parti. L'empreinte du duo Marzouki / Abbou n'est pas étrangère à cette décision. Elle vise d'affaiblir la tendance trop proche du parti Ennahdha qui est incarnée par Imed Daïmi, chef du cabinet présidentiel.
Par ailleurs, Daïmi a été ‘contraint', pendant le congrès, à retirer sa candidature au poste de secrétaire général pour éviter une mauvaise surprise électorale à travers les urnes. Le clan de Abbou ne connaissait pas vraiment les congressistes et ne pouvait se permettre de remettre le sort du parti entre leurs mains. Déjà l'inconnu Walid Haddouk a obtenu près de 60 voix sur près de 170 congressistes. Donc…
C'est donc finalement la ligne de Marzouki qui a réussi lors de ce dernier congrès du CPR.
Les motions ont souligné l'attachement du parti à la Troïka comme l'unique alternative de gouvernance pour éviter l'anarchie dans le pays. Toutefois, le CPR a exprimé son désir de voir se réaliser le plus possible parmi les objectifs de la révolution et d'avancer également sur le terrain de la reddition des comptes des symboles de l'ancien régime, ainsi qu'en matière d'assainissement des structures de l'Etat.
Donc, les décisions du congrès du CPR se sont inspirées de la lettre qui lui a été adressée par le président de la République, Moncef Marzouki et qui a été lue lors de la séance d'ouverture du congrès. ‘Attachement à la Troïka comme alternative de gouvernance et critiques au parti Ennahdha pour qu'il soigne sa conduite, respecte ses partenaires et avance davantage dans la réalisation des objectifs de la révolution, en symbiose avec les masses populaires', avait dit Marzouki dans sa lettre. Les mêmes propos ont été repris dans les pétitions du congrès.
Le 2ème congrès du CPR a également fait un geste à l'attention du président Moncef Marzouki, en lui accordant le titre de président d'honneur de ce parti dont il est le fondateur le 25 juillet 2001. Il l'a dirigé durant les dernières élections du 23 octobre 2011 et obtenu avec lui 29 sièges à l'Assemblée nationale constituante, soit le 2ème parti derrière Ennahdha.
Toutefois, le CPR pourra-t-il encore résister dans ce paysage politique dominé par une bipolarisation certaine ?


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