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23 octobre 2011 23 octobre 2012 : retour sur la plus longue année de la Tunisie
Publié dans Business News le 22 - 10 - 2012

Le premier anniversaire de la tenue d'élections libres ne se fête pas dans la joie en Tunisie. La tension politique est à son paroxysme après l'assassinat, le 18 octobre, d'un dirigeant du parti Nidaa Tounes, le refus de tout dialogue par le parti au pouvoir, Ennahdha, avec son principal futur adversaire et les démarches entamées par son « toutou » le CPR pour sa dissolution.
Avant d'atteindre cette tension, la troïka au pouvoir a multiplié les erreurs et les gaffes, ne sachant pas sur quel pied danser. Entre son inexpérience, ses différends internes, ses luttes intestines, les provocations répétées des siens à toute voix opposée, l'hostilité d'une partie de l'opinion publique et les critiques de plus en plus sévères des médias, la troïka n'a ménagé personne et n'a pas été ménagée en retour. Sur le plan international, son image s'est détériorée sérieusement.
Pourtant, il y a un an, tout le monde applaudissait et félicitait le succès des Islamistes et leurs partenaires laïcs. Comment en est-on arrivé là ?
Ce soir, à 23h59, la troïka au pouvoir perd officiellement et légalement sa légitimité. Elue pour un an au maximum, l'Assemblée nationale constituante (ANC), qui a nommé le gouvernement, devait rendre aujourd'hui sa copie. Elle ne le fera pas et ne rendra pas, pour autant, le tablier. « Si on part, la Tunisie rentre dans le mur », a déclaré la semaine dernière Mustapha Ben Jaâfar, président de l'ANC.
Or, et malgré le non-respect du timing, les partis de l'opposition n'ont pas demandé le départ du gouvernement et, encore moins, l'instauration du vide comme le prétendent les défenseurs de la Troïka Ils réclament, juste, la constitution d'un gouvernement de consensus ou, le cas échéant, l'engagement pour privilégier le consensus tout en remplaçant les deux ministres de souveraineté de l'Intérieur et de la Justice. Le temps d'achever la Constitution et de préparer les élections. Mais la troïka ne lâche cependant rien. « J'y suis, j'y reste ! ».
Il faut dire que deux faits saillants ont été à l'origine d'un vrai putsch commis dès le lendemain du scrutin du 23 octobre et qui sont à l'origine de la situation d'échec dans laquelle se trouve la Tunisie. On citera d'abord, la formation d'un gouvernement partisan obéissant au principe du partage d'un gâteau selon le poids de chaque parti de la Troïka et selon le degré du passé militant et des années passées en prison, alors que l'opinion publique s'attendait à l'émergence d'un gouvernement composé de compétences indépendantes en vue de gérer cette seconde étape transitoire.
Ensuite il y a eu ce qu'on appelle la mini-constitution qui a ignoré le décret et l'engagement d'avant les élections et a décidé de na pas limiter le mandat de l'Assemblée nationale constituante, ce qui est contraire à toutes les règles d'un processus démocratique digne de ce nom.
Et depuis, la Constituante n'a servi que de caisse de résonnance d'un gouvernement qui fait tout pour asseoir son hégémonie. Et à part quelques fois, très rares du reste, où les représentants de l'opposition parvenaient à faire équilibrer les choses, la Troïka imposait sa dictature par …le vote qu'elle savait, d'avance, en sa faveur.
Evoluant, donc, au rythme tortueux du gouvernement, la Constituante est tombée dans les travers des tergiversations, des longs débats stériles puisque le vote finissait toujours par trancher dans le sens que tout le monde sait.
Ne voyant rien venir de concret l'opposition, la société civile et les médias n'ont pas tardé à faire entendre leurs voix face aux pratiques plus que douteuses du trio au pouvoir, outrageusement dominé par le parti islamiste d'Ennahdha, ce qui a fini par générer un climat de méfiance et de doute chez de grandes franges de la population.
Alternant les petites doses et les grandes fournées, Ennahdha a placé, au cours de ces dix mois de pouvoir, ses pions partout. Toujours selon le fameux principe, faussé d'avance, qu'en tant que gouvernant et majorité, il a le droit de nommer qui il veut parmi ses hommes de confiance.
Ainsi, tout y est passé : gouverneurs, délégués, chefs des délégations spéciales pour les municipalités, les PDG des sociétés nationales, les directeurs généraux dans l'administration publique, les responsables des médias publics, les instances stratégiques, etc.
Un véritable verrouillage du pays en prévision des prochaines échéances électorales. Mais quel bilan pour le reste des secteurs ? Rien ou presque : tout d'abord, le climat sécuritaire reste le point faible majeur car tous les autres facteurs en dépendent. La stabilité sociale est presqu'inexistante, les régions se plaignent d'une absence flagrante de vrais projets de développement, le coût de la vie a grimpé d'une façon vertigineuse, les hommes d'affaires et investisseurs locaux sont dans l'expectative, la justice transitionnelle n'a même pas démarré, les familles des martyrs et des blessés de la révolution attendent encore la réalisation des promesses.
Ce manque de confiance entre gouvernants et gouvernés a engendré la multiplication des revendications tous azimuts avec les grèves tournantes, les sit-in, les manifestations, ce qui est de nature à compliquer encore la tâche du gouvernement qui nous gave, pourtant, de chiffres très positifs attestant que tout évolue dans le bon sens : croissance de 3,3% alors qu'elle était de 2,3%, recul du chômage à 17% au lieu de 18%, un an auparavant, soit une création de 94 mille emplois en l'espace dix mois !
Ceci fait dire à certains experts économiques que la main du nouveau directeur général de l'Institut national des statistiques, nommé par Ennahdha, y est pour quelque chose. Les doutes sont, effectivement, permis si l'on sait les notations négatives par les agences internationales, la baisse du nombre de jours de couverture de nos importations par les devises, au-dessous des 100 jours, la montée de l'inflation…
Certains diront, à juste titre, qu'on ne peut pas juger l'équipe gouvernementale sur les seuls aspects sociaux et économiques dans la mesure où il est pratiquement impossible d'exiger de quelque gouvernement que ce soit d'avoir des résultats concrets en un laps de temps aussi court.
Par contre, au niveau de la gestion de la transition démocratique et institutionnelle, il y a quoi dire et redire.
Tout d'abord, l'absence d'un texte de Constitution, pourtant mission essentielle de l'ANC, à la date du 23 octobre 2012, l'absence d'une loi électorale, d'un système politique et d'un mode de scrutin, l'échec de la mise place, jusqu'à présent, des trois différentes Instances, à savoir celle supérieure indépendante des élections, celle des médias et celle de la magistrature, sans oublier le retard dans la mise en place des mécanismes d'une justice transitionnelle, tant réclamée.
On ne peut évoquer tout bilan, sans parler des multiples épisodes de terreur provoqués par les salafistes qui, tour à tour on fait des leurs un peu partout à travers le pays, de Bizerte à Zarzis et Gabès en passant par Sejnane, Sijoumi, Siliana, Bir Ali Ben Khelifa, Kairouan, Jendouba et, bien entendu, l'attaque contre l'ambassade américaine aux Berges du Lac.
Les incidents ayant marqué les relations entre les membres de la Troïka et le pouvoir, d'un côté, et l'opposition, de l'autre au sein de l'ANC ont été nombreux, ce qui a ajouté à cette méfiance populaire vis-à-vis du pouvoir. On mentionnera les terribles clivages entre la présidence de la République et le gouvernement à propos des affaires de l'extradition de Baghdadi Mahmoudi et du limogeage du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Mustapha Kamel Nabli, et son remplacement par Chedly Ayari.
Les révélations sur la réalité des salaires des constituants, les étonnantes découvertes quant aux véritables richesses, projets et autres business et séjours dorés dans les pays européens de plusieurs membres du gouvernement et de l'ANC ont contribué à ternir l'image du pouvoir en place et à ébranler le peu de confiance qu'avait encore le peuple en ses nouveaux gouvernants.
Par ailleurs, le bras de fer engagé par la Troïka au pouvoir avec les médias n'a fait que renforcer négativement l'image d'un gouvernement tenant, coûte que coûte, à asseoir sa mainmise sur le secteur de l'information.
Les luttes fratricides, apparues dernièrement au sein même d'Ennahdha, entre l'aile dure conduite par Rached Ghannouchi et celle plus conciliante dirigée par Hamadi Jebali, ont reflété une autre image fragile d'un parti dont la crédibilité a été fortement entamée. Des clivages qui sont loin de rassurer les Tunisiens sur la période à venir.
Une période aux contours encore flous malgré le coup de semonce de l'opposition qui a secoué le trio d'Ennahdha, du CPR et d'Ettakatol qui ont fini par présenter un projet pour l'étape future, un projet confectionné à la hâte. Une sorte de poudre aux yeux afin de tenter de saborder l'initiative de dialogue présentée par l'UGTT.
Ainsi, en ces moments où le peuple se sent frustré devant tans d'échecs, les trois présidences et leurs partisans de la Troïka ont l'esprit et le goût de festoyer et de célébrer ce 1er anniversaire du scrutin du 23 octobre.


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