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14-Janvier, un jour de deuil… ou presque !
Publié dans Business News le 13 - 01 - 2013

Voilà maintenant deux ans que la révolution a eu lieu. Avant, au début, on l'appelait la révolution du jasmin. Puis la révolution qui a ouvert la voie au printemps arabe. Et puis, par on ne sait quelle magie, on n'utilise plus les termes jasmin et printemps. Les mots ont un sens et il va falloir faire attention aux moindres détails, quand on parle de cet anniversaire de la révolution tunisienne. Faut-il écrire on « fête » le 14-Janvier ou on « commémore » le 14-Janvier ?
A regarder de près la scène politique et sociale tunisienne, et à quelques exceptions près (et on sait lesquelles), on ne voit vraiment pas d'esprits prêts à faire la fête. Qu'ils soient du côté du pouvoir ou de l'opposition, des révoltés ou des simples citoyens, les Tunisiens sont en train de compter plutôt les échecs que les succès de cet anniversaire.
Les Islamistes au pouvoir
Certains d'entre eux ont payé le lourd tribut de leurs actes terroristes du passé. D'autres ont pu s'enfuir à l'étranger et passer entre les mailles du filet. Ils ont tous bénéficié de l'amnistie pour se trouver, du jour au lendemain, au pouvoir. Ils n'ont jamais milité pour la démocratie et les Droits de l'Homme, encore moins pour le développement du pays. Ils avaient un idéal et ont tout fait pour l'atteindre.
Maintenant qu'ils sont aux commandes de l'Etat, ils se rendent compte que l'islamisation du pays et le califat sont impossibles à obtenir. Du moins dans l'immédiat.
Ils ont été lâchés par leurs « amis » saoudiens et qataris, ils doivent faire face à l'opposition farouche de l'intelligentsia (qui a entre les mains l'économie et les médias) et sont obligés de se soumettre aux règles que leur imposent les partenaires occidentaux (sans qui rien ne peut se faire).
Aujourd'hui, les islamistes au pouvoir sont dans l'obligation de faire le constat suivant : ils ont beau avoir réussi aux élections, ils ont échoué dans tout le reste. Cet anniversaire aura mis à nu, devant la planète entière et leurs concitoyens, leur inexpérience, leur amateurisme et leur cupidité. L'échec est cuisant.
Les sympathisants islamistes
Pendant des décennies, ils croyaient que des gouvernants pieux pouvaient garantir une bonne marche du pays et du développement. Ils ont longtemps cru qu'avec des gouvernants islamistes, on allait en finir avec la débauche, les malversations et la corruption.
Après un an, les sympathisants islamistes sont désabusés. Les scandales se suivent et se ressemblent. Des gouvernants qui font des affaires, qui lancent des télés, qui se paient des nuits d'hôtel sur le dos du contribuable, qui font dans l'adultère, qui font preuve d'injustices, qui s'accordent des royalties et s'augmentent les salaires, qui ne savent pas gouverner. En somme, les Islamistes au pouvoir sont comme les autres, la compétence en moins. « Au moins, sous Ben Ali, on ne s'insultait pas entre Tunisiens et on avait de quoi subvenir bon an mal an, à nos besoins et même nos conforts tels la voiture populaire et l'accès à la propriété », témoigne un ancien sympathisant d'Ennahdha. Pour eux, et jusqu'à preuve du contraire, la révolution est un échec.
Les Salafistes
Ils rêvent d'anéantir l'Etat, de supprimer la Tunisie et son drapeau et d'unir la nation islamique. Pour eux, le 14-Janvier était le jour où l'islam politique allait trouver sa splendeur du Moyen-âge. Que la Chariâa allait devenir « la » loi. Qu'on n'allait plus parler de démocratie. Qu'on allait en finir avec le diktat occidental. Qu'on allait en finir avec tous ces mécréants, ces athées, ces laïcs. Qu'on allait égorger et pendre sur les places publiques.
Le rêve s'est poursuivi avec le succès électoral du partenaire islamiste.
Deux ans après, le constat est là. La Tunisie de « la débauche » continuait à résister. Les « kouffars » sont encore là, les Occidentaux continuent à dicter leurs lois. Les bars et les bordels continuent d'exercer. La Tunisie n'est pas encore islamisée, les gouvernants continuent à les harceler et les torturer et, pire, leurs pairs salafistes meurent en prison, exactement comme c'était le cas sous Ben Ali.
Pour eux, rien n'a changé, tout reste encore à faire. La révolution est un échec.
Les révoltés du CPR, LPR et Wafa
Ils voulaient installer des potences à l'avenue Habib Bourguiba. Ils voulaient du sang. Ils voulaient mettre en prison tous ceux qui ont collaboré avec Ben Ali. Ils voulaient mettre en dehors du circuit tous ceux qui ont aidé d'une manière directe ou indirecte Ben Ali à instaurer son despotisme.
Pour eux, les juges, la police, les médias, les hommes d'affaires sont à exclure de la vie politique, économique et sociale de la Tunisie révolutionnaire. Sans autre forme de procès. On exécute d'abord, on discute après.
Pour tous ces révoltés, la révolution n'a pas atteint « ses » objectifs. Dans leur tête, ce sont eux qui fixent les objectifs de la révolution, ce sont eux les Tunisiens patriotes, ce sont eux qui doivent être aux commandes. La révolution est un échec pour eux, elle n'est pas encore achevée, tant que ces hommes d'affaires, ces juges, ces tortionnaires et ces médias sont actifs. L'idéal est de dresser les potences.
Les Républicains, les démocrates, la gauche, les laïcs
Dans ce camp, vous n'en trouverez pas un qui vous dira que le 14-Janvier n'est pas un jour de deuil. Après avoir superbement raté les élections, ils font face à tous les autres camps qui précèdent. Ils se croient plus intelligents et plus cultivés que tous les autres. Ils se croient plus aptes à gouverner. Dans les faits, ils sont incapables de s'opposer d'une manière efficace et productive.
Si l'opposition de gauche était capable de bien diriger le pays, elle aurait su trouver le moyen d'éjecter du pouvoir les « incompétents » qui le gouvernent. Pire, dans ce camp, on continue à s'entretuer et à mener la guerre interne d'égos, plutôt que d'affronter, unis, l'adversaire commun.
Dans ce camp, le 14-Janvier est pire qu'un échec global, c'est une somme d'échecs individuels.
Le commun des citoyens, le « petit » peuple…
La moitié des Tunisiens ne s'est pas déplacée aux urnes. On ne fait pas encore confiance aux hommes politiques, quels qu'ils soient. Pour le commun des citoyens, un bon gouvernant est un gouvernant qui ramène l'investissement et le développement, qui tue le chômage. Qu'il ne soit pas injuste et ne met pas en prison des innocents. Un bon gouvernant est celui qui pense à l'avenir du pays avant son avenir personnel. Qui pense à améliorer le niveau de vie des citoyens, avant d'augmenter son propre salaire, qui soit honnête et réalise ses promesses. On n'en est pas là.
Qu'ils soient au pouvoir ou dans l'opposition, les hommes politiques ne pensent qu'à leurs propres carrières et non à la Tunisie et ses citoyens. Qu'ils soient RCDistes ou Islamistes, c'est kif-kif. Tous pareils ! Tous pourris. Pour les citoyens ordinaires, ceux qui travaillent en silence tôt le matin jusqu'à tard le soir, la révolution est un échec, c'était mieux avant !
Malgré tout cela, nos gouvernants vont avoir demain le culot de nous souhaiter une joyeuse fête, de nous dire que la Tunisie a le meilleur gouvernement de l'Histoire, de nier les évidences. Ils auront le culot de nous dire qu'ils sont optimistes pour l'avenir du pays et que l'on doit leur faire confiance et patienter. Patience alors ! De toute façon, ça ne peut plus durer…
N.B : Pensée à Sami Fehri, Nabil Chettaoui, les salafistes et beaucoup d'autres, sous les verrous depuis des mois, en attente de leurs procès.


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