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Bienvenue en l'an II de l'illégitimité !
Publié dans Business News le 23 - 10 - 2013

On est le 23 octobre 2013, cela fait 2 ans maintenant que les premières élections libres et démocratiques de Tunisie ont eu lieu. Cette date est un motif de fête, de joie et de célébration pour les uns, pour d'autres, elle rappelle le douloureux souvenir de l'accession des islamistes au pouvoir. Mais que s'est-il passé pendant deux ans pour qu'on en arrive à ce point ?
Le 23 octobre 2013 sera une date à marquer au fer rouge dans l'histoire de la Tunisie. Peut être que les livres d'Histoire de nos enfants diront : « C'est ainsi que, dans l'indifférence générale, et malgré quelques manifestations, le pouvoir islamiste instauré en octobre 2011 a pu continuer à gagner du temps et à placer ses auxiliaires dans les rouages de l'administration, précipitant ainsi l'effondrement de l'Etat tunisien, une première depuis Carthage ». Il est vrai qu'on en aura vu de toutes les couleurs durant ces deux ans de gouvernance. Au moment où Rached Ghannouchi glorifie l'expérience du pouvoir à trois, la Tunisie n'a jamais été aussi dangereuse pour ses habitants et pour ses voisins. Au moment où Mustapha Ben Jaâfar – dont l'histoire va, à coup sur, se souvenir- dit qu'il a confiance en ses partenaires au pouvoir, la situation économique est dramatique. Au moment où Moncef Marzouki fête l'Aïd le 23 octobre au palais, ou plutôt sur sa planète, la crise sociale et politique bat son plein.
Deux ans pendant lesquels un monument comme Chokri Belaïd est tombé baignant dans son sang devant chez lui, à une centaine de mètres du poste de police d'El Menzah 6. Mohamed Brahmi a aussi été lâchement assassiné devant chez lui. Je ne parlerais pas de la situation sociale et économique que vit le pays, non pas par inconscience de leur gravité, mais parce que ces problèmes là sont l'œuvre du méchant Béji Caïd Essebsi, qu'on rencontre en douce à Paris, et l'œuvre du grand méchant Ben Ali, dont on enrôle les plus fidèles serviteurs. Durant ces deux ans, nous avons été abreuvés de mensonges, d'incompétence et de malhonnêteté.
Les ministres composant les gouvernements de la Troïka ont eu le mérite d'exaspérer une grande partie de la population. Ces gens là, pas tous heureusement, ont eu le génie nécessaire pour récolter en seulement deux des casseroles et des affaires plus nombreuses encore que celles des cadors de l'ancien régime. Pas un domaine n'a été épargné, de l'enfance à l'éducation en passant par la politique étrangère ou la gestion économique du pays. Tout a été amoché, détruit, noirci.
Mais attention, ce n'est jamais la faute au gouvernement ! Un coup c'est l'opposition, rappelons dans ce contexte l'intervention mémorable de l'ancien ministre de l'Intérieur Ali Laârayedh qui avait déclaré que feu Chokri Belaïd payait les manifestants 70 dinars par personne. Un coup ce sont les médias qui empêchent les ministres de libérer leur génie créateur. Parfois, ce sont d'obscures forces étrangères et maintenant, la nouvelle rengaine c'est « l'Etat profond ». Tout ce qu'il y a de profond dans cet Etat est sa bêtise…. Tout ça est devenu tellement habituel que le jour où Hamadi Jebali a bien voulu avouer qu'il avait fait des erreurs, il a tout de suite retrouvé une virginité politique et est même passé pour un héros dans certains milieux. On ne va pas non plus chipoter pour quelques yeux crevés à Siliana ou pour un réfugié libyen renvoyé comme un mal propre.
Ajoutons à ce petit survol des performances de ces gouvernants le fait qu'ils exercent dans l'illégalité et l'illégitimité la plus complète depuis un an aujourd'hui. La transparence, l'honnêteté et l'engagement étaient pour la campagne électorale. Maintenant l'heure est à l'arnaque et à l'usurpation. Les chantres de la légitimité et les défenseurs de la « souveraineté de l'Assemblée » exercent aujourd'hui en contravention avec un texte de loi. Inutile ici de revenir sur le papier signé avant les élections qui parlait d'un délai maximum d'un an pour l'Assemblée. Puisqu'on parle de bout de papier signé, il faut se souvenir que le 23 octobre 2013 est aussi la date du début du dialogue national.
Le fameux dialogue national qui débute après des jours entiers de tractations et des dizaines de rencontres, le but étant de trouver le moyen pour que chaque intervenant puisse « prendre sa part du gâteau » comme le disait le prophétique Moncef Marzouki. L'opposition et le pouvoir vont s'asseoir à la même table pour essayer de désamorcer la crise politique. C'est vrai qu'au bout du deuxième assassinat politique, il était temps de commencer à discuter…
Et il en a fallu des concessions pour que ce dialogue puisse se tenir ! Vous vous souvenez de la nécessité de dissoudre les Ligues de protection de la Révolution qui avaient attaqué l'UGTT ? On n'en parle plus ! D'ailleurs qui avait attaqué l'UGTT ? Où en est l'enquête ? On ne sait pas. L'opposition avait aussi demandé la dissolution de l'Assemblée nationale constituante. Pourtant, il a fallu céder sur ce point aussi parce que sinon Ennahdha n'aurait même pas signé le bout de papier.
Le résultat de toutes ces péripéties est une crise de confiance aigue entre la population et ses politiciens. On aura beau justifier cet état de fait par la difficulté de la période, par l'apprentissage de la démocratie, par l'alignement des planètes…. Pourtant, on n'avait pas demandé grand-chose : Juste, ne nous mentez pas ! Mais comme dit l'adage : Les promesses des politiciens n'engagent que ceux qui les croient. En Tunisie, on fait une expérience unique : On apprend la politique avant d'apprendre la démocratie.
« Le 23 octobre 2013 a été la date de début d'une grande partie de poker menteur appelée dialogue national. N'ayant rien apporté comme prévu, ce dialogue est venu cristalliser un nouvel équilibre entre les forces politiques du pays. En parallèle, la Tunisie sombra dans la misère et la somalisation au prix de l'avidité de pouvoir des hommes politiques de l'époque ». Dans la période qui vient, il s'agira de faire en sorte que les livres d'Histoire de nos enfants ne disent pas ça de nous.


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