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Le pèlerinage américain d'Ali Laârayedh
Publié dans Business News le 15 - 06 - 2014

Ennahdha a reçu à Washington cette semaine, nous dit-on, le prix du parti politique islamiste modèle en matière de démocratie, ce qui expliquerait entre autres explications le récent voyage aux Etats Unis d'Ali Laârayedh, ancien chef du gouvernement de la troïka et Sahbi Atig chef du bloc islamiste à l'ANC, flanqués par le leader du parti Joumhouri Néjib Chebbi. Cherchez l'intrus.
Ce prix présenté comme un prix international a été accordé au parti islamiste tunisien par le CISD, un centre dirigé par Radhwan Masmoudi, un lobbyiste d'origine tunisienne qui ne cache pas ses penchants islamistes. Autant dire donc qu'Ennahdha s'est auto décerné un prix qui n'a aucune valeur en soi, mais offrait aux dirigeants islamistes l'occasion d'être présents dans la capitale américaine et avoir des rencontres avec les responsables de l'administration US. Là encore, l'empreinte du lobbyiste sympathisant est visible et par les temps qui courent, pour les islamistes tunisiens, tout contact avec un responsable américain est plus que bienvenu.
C'est surtout vrai pour Ali Laârayedh dont le contentieux avec les américains est lourd. Les américains ne sont pas prêts d'oublier qu'il était ministre de l'Intérieur au moment de l'attaque contre leur ambassade, qu'il a bloqué l'arrestation d'Abou Iyadh, qu'il a eu une attitude permissive à l'égard des terroristes. En tant que chef de gouvernement, il était au courant des menaces qui pesaient sur le feu député Mohamed Brahmi sans qu'il ait daigné réagir, ce qui a valu au pays un deuxième assassinat politique après celui de feu Chokri Belaid.
Ali Larayedh avait donc tout intérêt d'être du voyage de Washington, un voyage qui ne le concernait pas à priori puisqu'il était décerné au bloc parlementaire islamiste. Son intérêt est d'autant plus grand que les élections approchent et que s'il voulait se positionner dans la course pour les présidentielles, l'aval de l'oncle Sam lui est souhaitable sinon primordial. Avant lui, son concurrent direct, l'autre ancien chef de gouvernement nahdhaoui Hammadi Jebali avait accompli le même pèlerinage, réalisme politique oblige. Mais contrairement à Jebali, Laârayedh est allé aux Etats Unis traînant des boulots plus lourds que son prédécesseur et devant apporter à ses interlocuteurs américains des réponses qui atténueraient sa responsabilité directe dans les dossiers qui l'impliquent. Cette tâche est tellement délicate que toute aide supplémentaire est bonne à prendre, et c'est là qu'intervient le rôle du leader du Joumhouri Ahmed Néjib Chebbi dont la participation à ce périple américain donnait l'air d'un cheveu sur la soupe.
En effet, il est difficile de comprendre la participation de Chebbi à un voyage organisé en compagnie de Laârayedh, au cours duquel il a pour tâche d'user de ses amitiés américaines pour introduire une personne qui serait probablement son rival lors de la prochaine campagne présidentielle. L'explication de leur participation à une conférence politique sur la démocratie étant peu convaincante et le fruit d'une manœuvre adroite du responsable du CISD, il faudrait chercher les réponses dans un changement tactique et stratégique du Joumhouri qui ferait de ce parti, jusque là dans l'opposition, un parti potentiellement au pouvoir et une composante d'une nouvelle alliance avec les islamistes à la place d'Ettakatol de Mustapha Ben Jaâfar parti chercher de nouvelles alliances. Ce changement stratégique et tactique suppose toutefois que le chef du Joumhouri enterre définitivement ses ambitions présidentielles au profit de son parti, ou s'assure au moins du soutien islamiste s'il accédait au second tour et que le candidat islamiste n'y figure pas.
Le paysage politique tunisien des mois à venir est entrain de se dessiner maintenant. Ce n'est qu'une ébauche pour le moment même si les premiers coups de crayon sont donnés ailleurs, à Washington, Paris, Berlin, Doha ou Abou Dhabi. Mais ce n'est qu'une ébauche car au final, c'est la volonté des Tunisiennes et des Tunisiens qui tracera les contours définitifs de leur pays. Puisant dans leur histoire millénaire, les citoyens le savent. Les hommes politiques, pas sûr.


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